Je suis assez édifié par le traitement plus que partisan qui est fait de la situation aux Etats-Unis. Trump n’est pas le président français pas plus que Biden, mais ce qu’il se passe aux Etats-Unis aura d’évidentes répercussions sur nos vies quotidiennes.

Pouvoir apprécier la situation, son évolution et les risques n’est pas une option. C’est une nécessité particulièrement politique lorsque l’on est un dirigeant d’une nation européenne, ou que l’on fait partie des « décideurs ». A titre personnel et en termes patrimoniaux, c’est important également de savoir où l’on risque de nous faire mettre les pieds !

Vous l’avez peut-être entendu, Trump vient de perdre son ministre de la justice qui a remis sa démission.

Vous connaissez un peu Trump maintenant, et vous savez que quand il a quelqu’un dans le nez, comment dire… cela se sent !!! Et même cela se voit, car Trump n’est pas des tièdes qui font dans la dentelle !

Voici ce que dit le Point et ce que vous pouvez lire en France.

Chez nos amis suisses du Temps, on n’est pas en reste non plus, il claque carrément la porte !

Alors avant de vous dire ce qu’en dit Trump, allons à la source, et lisons ensemble la lettre de démission de Bill Barr, le ministre de la justice américain qui sera parti pour le jour de Noël qu’il pourra passer en famille.

Ce n’est pas franchement une lettre d’insultes !

La lettre de démission

« Monsieur le Président,

J’apprécie l’opportunité de vous informer cet après-midi de l’examen par le ministère des allégations de fraude électorale lors des élections de 2020 et de la manière dont ces allégations continueront d’être poursuivies.

À un moment où le pays est si profondément divisé, il incombe à tous les niveaux du gouvernement, et à toutes les agences agissant dans leur domaine de compétence, de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer l’intégrité des élections et promouvoir la confiance du public dans leurs résultats.

Je suis très honoré que vous ayez fait appel à moi pour servir votre administration et les gens une fois de plus en tant que procureur général.

Je suis fier d’avoir joué un rôle dans les nombreux succès et les réalisations sans précédent que vous avez accomplies pour le peuple américain.

Votre bilan est d’autant plus historique que vous l’avez accompli face à une résistance acharnée et implacable.

Votre Discours de victoire de 2016 dans lequel vous avez tendu la main à vos adversaires et appelé à travailler ensemble pour le bénéfice du peuple américain a immédiatement été confronté à une attaque partisane contre vous dans laquelle aucune tactique, aussi abusive et trompeuse soit-elle, n’était hors limite.

Le nadir (le point le plus bas – NDLR) de ces tactiques était l’effort pour paralyser, sinon évincer, votre administration avec des accusations de collusion avec la Russie.

Peu de gens auraient pu résister à ces attaques, et encore moins aller de l’avant avec un programme positif pour le pays.

Vous avez bâti l’économie la plus forte et la plus résistante de l’histoire américaine, une économie qui a apporté un progrès sans précédent à ceux qui étaient auparavant laissés pour compte.

Vous avez rétabli la force militaire. En négociant des accords de paix historiques au Moyen-Orient, vous avez obtenu ce que la plupart des gens croyait impossible.

Vous avez freiné l’immigration clandestine et renforcé la sécurité de notre nation aux frontières. Vous avez fait progresser l’État de droit en nommant un nombre record de juges engagés aux principes constitutionnels.

Avec l’opération Warp Speed, vous avez fourni un vaccin contre le coronavirus sur un calendrier que personne n’avait imaginé – un exploit qui sauvera sans aucun doute des millions de vies.

Sous votre administration, le ministère de la justice a travaillé sans relâche pour protéger le public contre les crimes violents ; il a collaboré étroitement avec les dirigeants du Mexique pour combattre les cartels de la drogue ; il a réprimé l’exploitation de notre économie et de nos travailleurs par la Chine ; il a défendu la concurrence et a soutenu les hommes et les femmes des forces de l’ordre qui, de manière désintéressée et trop souvent ingrate, risquent leur vie pour assurer la sécurité de nos communautés.

Comme nous l’avons déjà dit, la semaine prochaine, nous passerons en revue quelques questions importantes pour l’administration que je quitterai le 23 décembre.

Je vous souhaite, à Melania, ainsi qu’à votre famille, un joyeux Noël et de bonnes fêtes de fin d’année.

Que Dieu vous bénisse.

Sincèrement »,

Source CNN.com ici

Voilà… c’est une démission avec un mot plutôt sympa de celui qui part.

Il n’y a là pas l’ombre d’une critique à l’égard de Donald Trump, et rien de ce que vient d’écrire Barr n’était indispensable, c’est un choix délibéré.

Barr, ne claque pas la porte, il n’isole pas un peu plus Trump.

C’est même l’une des lettres de démission les plus étranges qu’il m’ait été donné de lire.

Du côté de Trump, qui a twitté comme à son habitude, le ton est également charmant !

 

Cela peut se traduire de la manière suivante :

« Je viens d’avoir une très belle réunion avec le procureur général Bill Barr à la Maison Blanche. Notre relation a été très bonne, il a fait un travail remarquable ! Selon la lettre, Bill partira juste avant Noël pour passer les vacances avec sa famille » …

 

Ce qui peut se traduire de la manière suivante :

« Le sous-procureur général Jeff Rosen, une personne exceptionnelle, deviendra procureur général par intérim. Le très respecté Richard Donoghue assumera les fonctions de sous-procureur général. Merci à tous » !

Alors la question qui me vient à l’esprit est la suivante. Qui est Jeff Rosen ?

Oui, Jeff Rosen est celui qui pilotait la mise en place des poursuites pour démanteler les GAFA à commencer par Google. Quant à son nouvel adjoint Richard Donoghue, il a un profil qui est fort intéressant. Richard Donoghue est un ancien militaire du corps des avocats de l’armée, vous savez les JAG pour ceux qui suivaient la série télé. C’est ce que l’on appelle le Corps du juge-avocat général de l’armée américaine. Il a également servi dans la 82ème division aéroportée… la même unité que celle du Général Flynn.

Quant au Général Flynn, vous le connaissez, c’est celui que Donald Trump vient de gracier. C’était le premier conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump accusé dans les histoires de compromission avec la Russie dont il est sorti totalement blanchi au bout de presque 4 années infernales.

Pourquoi Bill Barr a-t-il démissionné ?

Je ne sais pas. J’ai bien ma petite idée, mais je ne vous le dirais pas ! Allez, je vous donne un indice, dans toute opération militaire de grande envergure, il y a d’abord un travail de préparation du terrain, il y a aussi une phase de renseignements, mais également de désinformation de l’ennemi. Barr n’a pas été traité comme un traite par Trump, or, Trump déteste les traites, déteste le manque de loyauté. Comprendre Trump n’est pas chose facile, et mes abonnés à la lettre Stratégies disposent d’un dossier consacré à Trump, et à la psychologie du président américain. Cette interview date du 6 novembre 1992 sur CNN elle est conduite par Charlie Rose.

 

On peut ne pas aimer Trump, mais il n’est pas un homme ordinaire.

Il sera peut-être un homme hors du commun, dans un moment extraordinaire.

La préparation du terrain continue. La pression monte encore. Appuiera-t-il sur le bouton ? Le DNI Ratcliff rendra-t-il un rapport convaincant sur des fraudes systémiques ? Trump va-t-il déclencher son Executive Order de 2018 ? Sera-t-il suivi ? Ira-t-il jusqu’au bout ?

Pour le moment, il ne concède rien, dénonce les fraudes, les preuves s’accumulent. Je vous en parlerai demain, car il commence à y avoir un paquet d’éléments factuels.

Demain, je vous parlerai également de Lin Wood.

Vous connaissez Lin Wood ?

Non ?

C’est l’avocat de Donald Trump.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT