Corse, Evangélique, et Bénévole en Israël ! Pourquoi ?


Il y a maintenant cinq ans et demi que je suis bénévole en Israël.


Anne-Marie Antonietti, voilà  mon nom. Et la question fuse immédiatement : « mais, tu n’es pas Juive ?!! » « Non, je ne suis pas Juive ».

  Cela frappe, et intrigue toujours. Surtout après plusieurs années ici ! Les interrogations sont, alors, immédiatement, très nombreuses : « Tu viens d’un si beau pays  ! La Corse ne te manque pas? » « Tu n’as ni pension, ni ressources  ; comment fais-tu pour vivre  ? Tu ne t’inquiètes pas pour ton avenir ? » « Quel travail vous demande-t-on de faire, comme bénévoles ? » « Comment vois-tu Israël et les Israéliens, après tout ce temps ici ? » « Combien de temps resteras-tu  ? » … etc…etc…   Mais ce qui suscite le plus de questions, de la part de tous, ce sont les motivations de mon engagement aux côtés d’Israël, et de ma venue ici  !   Toute cette aventure a commencé en 2001. J’avais été invitée à  un séminaire d’une semaine, à  Agen. Je m’y étais rendue, parce que j’avais la conviction que c’était ma place. Pourquoi ? Je n’en avais aucune idée. J’avais juste… cette conviction !   Je me souviens de cette semaine comme l’une des plus terribles et épouvantables de toute ma vie! Le thème en était : « la France et Israël ». L’orateur était Luc HENRIST, représentant en Belgique de l’association internationale « Chrétiens Amis d’Israël ». Il connaît bien Israël, où il a vécu avec sa famille pendant 10 ans. Mais il a aussi étudié très en profondeur toute l’histoire, concernant ce sujet, comme je crois que peu de personnes ne l’ont fait.   Pourquoi ai-je dit que cette semaine avait été terrible ? C’est que nous -les participants à  ce séminaire- étions presque tous Français et chrétiens. Or, l’exposé des relations de la France et des chrétiens, avec le peuple juif et avec Israël, s’est avéré, malheureusement, épouvantable à  entendre !   Luc Henrist avait étudié de très nombreux textes et archives. Ainsi, au long de cette semaine, il a pu nous décrire, en détail, des siècles et des siècles -presque deux millénaires !- de relations, hélas, dramatiques, effroyables et consternantes !   Nous étions tous écrasés, ressentant seulement honte et douleur de tant d’atrocités commises par nos pères, souvent, malheureusement, au nom de Dieu (pourtant, le Dieu d’Israël !) ou de Jésus (pourtant, Yeshoua, Juif !). Nous restions sans voix devant l’horreur de ce que nous entendions, pouvant seulement pleurer, suppliant Dieu de pardonner à  notre pays et à  l’Eglise! Et qu’Il ouvre les yeux sur tant d’INJUSTICE !!   Déjà , Il était en train d’ouvrir… nos propres yeux !  D’autant plus que Luc ne nous parla pas seulement des exactions, des persécutions et des massacres passés  : par de très nombreux exemples concrets, il nous montra également comment, aujourd’hui encore, nos pays prennent le plus souvent position contre Israël, l’accusant même de façon totalement infondée!   Jusque là , je ne m’étais jamais intéressée à  la question d’Israël. Je n’y avais tout simplement jamais pensé ! Et, soudain, j’entendais quelqu’un nous démontrer les positions injustes de nos dirigeants, et les mensonges de nos médias, qui accusent systématiquement un pays et le rendent (forcément !) responsable de presque tout !   Je me suis rendu compte à  quel point j’avais toujours été naïve  : on me disait quelque chose, et je le croyais ; je ne me posais même aucune question. A plus forte raison, si je voyais les informations télévisées, si je lisais les journaux, ou si j’entendais ceux qui nous gouvernent ! Comment imaginer que ce que l’on disait, ou ce que je voyais sous mes yeux à  la télévision, puisse ne pas être la pure et stricte vérité !…   Or, Luc nous décrivait la guerre des images : comment l’aide financière, envoyée par nos pays à  une population, était détournée ; comment des gens avaient été maintenus dans des camps, pour exhiber leur misère au monde entier, afin de susciter la pitié à  leur égard et, ainsi, la réprobation de tous à  l’encontre d’Israël ; comment on montre à  profusion le deuil, les pleurs, les cris, le sang, toujours d’un seul côté, exacerbant toujours plus l’hostilité vis-à -vis de celui qui, pourtant, a été attaqué, a aussi des blessés et des morts, et ne fait que défendre sa population civile, ses femmes et ses enfants, refusant désormais la position de victime passive.   Luc nous expliqua l’emploi, dans le même sens, du « choc des mots » : comment, même un enfant innocent devient, pour les médias du monde entier, une arme redoutable, suivant qu’il sera simplement « un mort israélien » ou « une fillette palestinienne de 3 ans, tuée par les tirs des soldats israéliens ». Même si la petite fille a été tuée, en réalité, par son propre père, terroriste palestinien en train de nettoyer son arme !…   J’étais atterrée par tout ce que j’entendais et découvrais ! Bien sûr, par la suite, j’ai pu voir, par moi-même, sur CNN, les « morts » du « massacre de Jénine » tomber des civières, se relever et courir pour se rallonger sous leur linceul et, finalement, être multipliés par 30 ! 1.500, nous disait-on sans cesse, au lieu des 54 réellement tués (dont 45 terroristes armés) ! Et j’ai découvert, consternée, comment, en tronquant une photo, l’agression d’un jeune Juif américain par des Arabes dans une station service peut devenir, pour les journaux et les médias du monde entier, le « matraquage d’un jeune Palestinien par des Israéliens, sur le Mont du Temple » (appelé, bien sûr, « Esplanade des Mosquées ») ! Et tellement d’autres désinformation ou manipulations (que j’ai voulu dénoncer dans un long article de mon site internet, « Stratégie !!! »). Je n’ai jamais pu supporter l’injustice !!   Tout ce qui nous était exposé était terrible à  entendre ! Pourtant, pour moi, en tant que croyante, le pire fut lorsque Luc nous montra avec quel antisémitisme nous, chrétiens, sommes enseignés et induits en erreur, sans le savoir. Par exemple, il nous est toujours dit que le repos et la célébration du dimanche commémorent la résurrection de Jésus ce jour-là . Or, nous ignorions totalement que cela, ainsi que les fêtes dites « chrétiennes », avaient en réalité pour origine le Concile de Nicée de 325, avec des motivations uniquement antisémites ! Nous entendions tous pour la première fois la formulation, tellement odieuse et pleine de haine, de cette décision !   D’ailleurs, dans les « 10 commandements » de la Bible, que les chrétiens aussi veulent respecter, le Créateur a donné à  l’homme comme jour de repos… le 7ème jour, le Shabbat ! C’est le texte du livre de l’Exode, chapitre 20 verset 10 : « Le 7ème jour est le jour du repos de l’Eternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils… ni l’étranger qui est dans tes portes » : du vendredi soir au samedi soir. Il n’est nulle part question d’un autre jour ! De même, on ne trouve dans les textes que Pessah, Souccot, Shavouot… Même Jésus (Yeshoua, Juif) « montait à  la synagogue le jour du Shabbat » et « célébrait la Pâque (juive !) avec ses disciples ».   Luc nous montra aussi comment il nous a été enseigné que nous, chrétiens, sommes le « nouvel Israël », bénéficiaire de toutes les grâces, promesses et bénédictions, et que Dieu a rejeté Israël. Je n’avais jamais pris conscience de cette usurpation ! Il est vrai que nous sommes habitués à  lire dans la Bible les noms « Israël », « Ephraïm », « Juda »… et à  interpréter qu’il s’agit de nous, et seulement de nous. Nous lisons « Je te bénirai » et, sans nous en rendre compte, nous traduisons que Dieu nous bénit, nous, les chrétiens, et non Israël ! Mais je n’avais jamais pensé à  tout cela, auparavant.   En particulier, nous prenons toujours pour nous ce verset : « celui qui vous touche touche la prunelle de Son oeil » (Zacharie 2/8). Nous sommes la prunelle de l’oeil de Dieu ! Pourtant, le contexte de ce verset est clair : « Fuyez du pays du septentrion ! Car je vous ai dispersés aux 4 vents. Sauve-toi, Sion… car celui qui vous touche… ». Où aurions-nous été dispersés ? Et de quel pays du nord devrions-nous fuir ? De qui peut-il s’agir, ici, sinon d’Israël, du vrai, prunelle de l’oeil de Dieu !   J’ajouterai même que, avant de nous attribuer ce qui a été promis à  un autre, et surtout avant de rejeter Israël, nous ferions bien de relire extrêmement attentivement ce passage, surtout si nous croyons que c’est Dieu qui l’a inspiré. Il nous y avertit clairement, nous, les nations  !….   « Ainsi parle l’Eternel des armées  : après cela, viendra la gloire  ! Il m’a envoyé vers les nations qui vous ont dépouillés  ; Car celui qui vous touche la prunelle de Son œil. Voici, je lève ma main contre elles… » (Zacharie 2)   Grâce aux enseignements de Luc Henrist, mes yeux se sont ouverts. En lisant les textes, je découvrais  soudain une toute autre dimension : c’était vraiment un autre monde, infini, avec un dessein éternel et magnifique de Dieu, pour un peuple et pour un pays ; avec des projets, et tout un avenir, selon ce qui est écrit : « Je connais les projets que j’ai formés pour toi, projets de paix, et non de malheur, afin de te donner un avenir et de l’espérance » (Jérémie 29/11). Au fil des textes, je voyais désormais tout l’amour que Dieu a eu, de toute éternité, pour ce petit peuple qu’Il a choisi pour « Mon peuple » ; et Son amour pour ce pays qu’Il appelle « Mon pays », qu’Il a promis de donner à  Israël, « tout le pays de Canaan, en possession perpétuelle » (Genèse 17/8), « à  toi et à  ta postérité, pour toujours » (Genèse 13/15) « et ils le possèderont pour toujours » (Exode 32/13).   J’étais émerveillée et bouleversée de découvrir tout cet amour de Dieu pour Israël ! J’étais touchée et émue par la fidélité de Dieu pour  ce peuple, et par Ses promesses sans cesse rappelées, paroles sûres et certaines qu’Il accomplira toutes ! Et Luc nous en montrait déjà  tant d’accomplissements, dans la réalité actuelle d’Israël ! 1948 et la recréation de l’Etat d’Israël. « Un état peut-il naître en un jour ?.. » Oui, par la volonté de Dieu, en un instant, par le résultat d’un vote international ! Exactement comme cela avait été écrit : « Une nation est-elle enfantée d’un seul coup? A peine en travail, Sion a enfanté ses fils! » (Esaïe 66/8).   Et ce retour des Juifs sur leur terre, qui avait été promis dans tellement de textes ! « Je vous retirerai d’entre les nations, Je vous rassemblerai de tous les pays où vous avez été dispersés, et Je vous ramènerai dans votre pays… Vous habiterez le pays que J’ai donné  à  vos pères… » (Ezéchiel 34/13, etc…) « On dira: L’Éternel est vivant, Lui qui a ramené la postérité de la maison d`Israël du pays du septentrion… » Combien sont venus du pays du nord, de la Russie? 1 million ? 1 million et demi ? « Vos fils et vos filles reviennent… Le désert refleurira… Les fruits du pays se répandront sur toute la terre ». N’est-ce pas ce que l’on voit ? Qui, dans tous nos pays, n’a jamais mangé les oranges de Jaffa ? Et toutes sortes d’autres agrumes et fruits d’Israël ?   J’aimais contempler tout cet amour de Dieu, et l’accomplissement de Ses promesses ! En voyant tout cela, comment peut-on prétendre qu’ils sont rejetés par Dieu ? D’autant que nos propres textes affirment le contraire : l’apôtre Paul lui-même n’a-t-il pas écrit : « Dieu a-t-Il rejeté Son peuple ? Loin de là  !… Ils sont bien-aimés à  cause de leurs pères, car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables. » (Paul aux Romains 11/1;28)   Luc nous parla aussi de ce que Dieu nous dit, à  nous, les non-Juifs : « Consolez Mon peuple, parlez au coeur de Jérusalem et criez-lui que sa servitude est finie… » (Esaïe 40/1…) N’a-t-on pas envie de pleurer, lorsque l’on voit que nos pays, et nos frères dans la foi, ont fait tout le contraire, durant tant de siècles, et que beaucoup continuent à  faire de même aujourd’hui ?   Pourtant, si Dieu annonce tellement clairement « Je maudirai ceux qui te maudiront » (Genèse 12/13), ne devons-nous pas prendre garde à  nos paroles, à  nos actes, à  nos positions ? Bien sûr, les médias peuvent nous présenter ce qu’ils veulent, et la raison humaine pourrait nous dicter des solutions pour une paix, mais nous sommes avertis : « J’entrerai en jugement avec toutes les nations, au sujet de Mon peuple, d’Israël… et au sujet de Mon pays qu’elles se sont  partagé. » (livre de Joël, chapitre 3/1,2)   Si j’aime Dieu, et si je respecte ce qu’Il dit, ne dois-je pas aimer et bénir Israël ; lui faire tout le bien que je peux ? Pour ma part, j’ai choisi. A la fin de la semaine, Luc a proposé de prier pour ceux d’entre nous qui voulaient recevoir dans le coeur l’amour de Dieu pour Israël. Je sais qu’à  ce moment précis, Dieu a mis en moi et dans ma vie quelque chose de spécial pour les amis juifs et pour Israël. J’avais conscience que ma vie était changée pour toujours. Mais… je ne pensais pas qu’elle en serait… autant bouleversée !!!…  

  Corse, Evangélique, et Bénévole en Israël ! Un appel…   Avoir reçu l’amour de Dieu dans le coeur, pour Israël, était seulement le commencement. Mais, comment cela allait-il se concrétiser dans mon existence ?   Au début, durant peut-être un an, je me sentais poussée à  prier pour ce pays, comme il nous est dit : « Priez pour la paix de Jérusalem. » (Psaume 122  verset 6)   Puis, j’ai eu le désir de connaître Israël, et j’y suis venue 2 fois deux semaines, avec d’autres chrétiens, à  l’occasion de Souccot, puis de Pessah, à  la fois pour visiter le pays, et pour vivre mes premières fêtes avec lui.   Grâce à  ces deux voyages, et fêtes, j’ai découvert plus profondément à  quel point  Israël et ses coutumes, ses fêtes, ses traditions, sont la racine de tout, et donnent une profondeur, une signification et une richesse à  ma foi, à  ma relation avec Dieu et à  ma relation avec les autres croyants.   J’ai, alors, eu dans le coeur une telle soif de connaître ces coutumes ! J’ai commencé à  écouter les enseignements de Josy Eisenberg, à  la télévision, le dimanche matin (« Source de Vie »). J’écoutais et… tout ce que j’entendais était véritablement pour moi une source de vie, car cela m’ouvrait des horizons magnifiques, et comme illimités ! Je découvrais chaque fois de nouvelles richesses, précieuses, cachées jusqu’alors pour moi, dans ces textes que j’entendais commenter avec toute une connaissance dont je n’avais jamais eu aucune idée, auparavant.   Mais cela me faisait mal, chaque fois qu’il était dit « les chrétiens interprètent cela ainsi… les chrétiens nous ont pris cela… nous ont fait cela… » Comme à  Agen, j’avais cette profonde douleur de savoir que c’était vrai : nos pères et nous-mêmes avions des torts, avions souvent fait du mal ; ou, même, faisons encore du mal ! En entendant Josy Eisenberg, c’était chaque fois ma prière à  Dieu : « il faut qu’un jour, quelqu’un lui écrive et demande pardon ! »   Puis, un jour, en regardant l’émission, tout d’un coup, j’ai eu cette conviction : « c’est toi qui lui écris et qui demande pardon ! » Mais je disais dans mon coeur à  Dieu : « je ne sais pas comment écrire à  un rabbin ; je n’ai jamais connu de rabbin. Je n’ai même jamais connu de Juifs et je n’ai aucune idée de comment leur parler ! » Mais j’avais seulement dans le coeur cette conviction : « assieds-toi devant l’ordinateur, ouvre la page et commence à  écrire : ton nom, le sien… »   Je me suis assise et j’ai commencé à  écrire : nos noms, puis une phrase, puis une autre… Je pleurais. Je demandais pardon, en  pleurant, pour tout ce que nos pères ont fait, et pour ce que les chrétiens font encore, aujourd’hui. Et, bien sûr, je disais mon amour pour Israël, notre frère aîné, dont nous avons (dont j’ai) tout reçu ! J’exprimais, aussi,  ma foi en Dieu, le D. d’Israël!! Le seul !   Je pleurais tout au long de cette lettre. Puis, je l’envoyais. Mais… je devais pleurer bien plus encore… en recevant la réponse, pour moi bouleversante ; et, surtout, quelques jours plus tard, un appel téléphonique : « je suis le secrétaire de Josy Eisenberg. Votre lettre nous a tous bouleversés. Josy Eisenberg vous demande l’autorisation de la publier dans la revue… » (« Actualités Juives », je crois)   Je dis « je crois » car… j’étais tellement bouleversée par ce qui m’était dit, que je n’arrivais même pas à  répondre. Dans ma lettre, j’avais exprimé tout mon coeur, mes tripes, ce qui n’est pas toujours facile. Mais, en entendant son impact, j’avais la gorge serrée, et des larmes d’émotion ont commencé à  couler sur mon visage. J’ai balbutié que je rappellerais. J’ai dû chercher, ensuite, leur numéro de téléphone et rappeler dans l’après-midi, pour m’excuser et donner, bien sûr, mon accord.   Ensuite, je pensais : il m’a dit « nous a tous bouleversés ». A qui Josy Eisenberg a-t-il fait lire ma lettre ? Et pourquoi est-elle à  ce point bouleversante pour eux ? Se sentent-ils donc tellement seuls, peut-être même tellement rejetés, pour que ma lettre ait pu les toucher à   un tel  point ? Si c’est le cas, alors, nous devons parler ! Nous devons leur dire notre soutien, et notre amour ! S’ils en ont tellement besoin ; si cela a un tel impact et leur procure une telle consolation !! J’avais entendu, à  la session de Luc, à  Agen,  et j’avais souvent lu ces versets de la Bible « Consolez, consolez mon peuple. Parlez au coeur de Jérusalem… » Mais, à  ce moment, j’ai compris que, moi, je devais parler ; que je pouvais être, pour eux, cette consolation !   Dans le même temps, par mes amis de Bastia, Colette et Marcel Luciani (eux aussi chrétiens évangéliques), j’ai connu TFJ, la Télévision Française Juive qui diffusait, à  l’époque, depuis Paris : films sur Jérusalem et sur l’histoire d’Israël ; débats passionnants ; les enseignements du grand rabbin Sitruk ; les nouvelles d’Israël… Avec Colette et Marcel, nous enregistrions beaucoup de ces émissions, pour les conserver précieusement, les réécouter, ou les montrer à  nos amis. Nous avions soif de tout cela  ; tout était important pour nous, et tout nous passionnait ! Nous sentions que cela nous construisait et nous nourrissait, intérieurement.   Personnellement, je ressentais comme si tout ce que je découvrais dévoilait, révélait à  l’intérieur de moi ma véritable identité et ma vraie vie ; sentiment étrange d’une appartenance et d’un amour tellement profonds, tellement forts et enracinés dans mon être, que c’en était bouleversant !   Après avoir entendu les nouvelles d’Israël à  la télévision française, j’entendais désormais les informations directement d’Israël. Quelle différence ! Le jour et la nuit, souvent ! En voyant ces injustices, je ressentais une douleur profonde, viscérale, comme si l’on avait parlé de moi, et que l’on m’avait traitée injustement. Ce petit pays faisait-il donc, maintenant, tellement partie de moi, de mes entrailles ?   Lorsque j’avais découvert la Corse, à  l’âge de 20 ans, j’avais ressenti que mon pays et mon « peuple » étaient inscrits dans chaque cellule de ma peau, de ma chair, de toute ma personne. Mais, comment ce petit pays et ce peuple, découverts si peu de temps auparavant, et qui m’étaient jusqu’alors totalement étrangers, pouvaient faire partie de moi, tellement viscéralement, au point que je me réjouisse de chacune de leurs joies et pleure de toutes leurs souffrances, et de toutes les injustices qui les frappent ?   Un jour, en entendant une déclaration du Ministre de l’Intérieur français, je me suis sentie comme saisie, tout d’un coup : j’ai eu la conviction que je devais lui écrire pour manifester ma réprobation, en tant que Française, non-Juive, quant à  sa position vis-à -vis d’Israël. Ce fut le début d’une série de courriers que j’ai adressés, tant à  nos politiques, qu’aux télévisions, et à  la Cour Internationale de Justice de La Haye (au sujet du « mur »), etc… Et je diffusais toujours ces courriers,  aussi largement que possible  : à  tous nos politiques dont je  pouvais trouver l’adresse e-mail, à  nos télévisions et journaux, et aux sites internet chrétiens (pour information), et de la communauté juive ou d’Israël (pour encouragement).   J’étais extrêmement touchée et émue, chaque fois, par les réponses et réactions que m’adressaient des Juifs, de France ou d’ailleurs, toujours bouleversés par ce que j’avais écrit, et par le soutien que je manifestais à  Israël ! Beaucoup de non-Juifs, aussi, m’écrivaient pour s’associer à  mes prises de position. Tout cela m’encourageait à  continuer ! Même si, évidemment, parallèlement, on reçoit aussi des insultes et des menaces ; et, bien sûr… on perd certaines relations ou amitiés…   Par ailleurs, j’étais très peinée par les difficultés de TFJ. Pour Marcel et Colette Luciani, et pour moi-même, ainsi que pour quelques autres amis d’Ajaccio et de Bastia, TFJ était vraiment devenue « notre » chaîne de télévision. Ghislain Allon disait : « nous avons besoin de votre soutien financier, mais aussi de vos encouragements. Téléphonez-nous pour nous manifester votre soutien. » Que n’avait-il pas dit ! Manifester mon soutien à  « notre » chaîne ? Comment non ?   J’ai téléphoné, de la part de notre petit groupe, et j’ai  parlé longuement avec G. Allon. Je lui ai raconté comment nous, chrétiens évangéliques d’Ajaccio et de Bastia, avions fait installer chez nous la parabole, uniquement pour recevoir TFJ ; et comment nous enregistrions les émissions pour les revoir, les faire connaître ; comment nous en discutions, pour nous en communiquer mutuellement toutes les informations (tant les nouvelles d’Israël que les enseignements du grand rabbin Sitruck…etc..). Je lui expliquai, aussi,  que nous voulons vivre comme Dieu l’a ordonné, c’est-à -dire selon ce qui est écrit dans les textes (repos du Shabbat ; fêtes de Pessah, Shavouot, Souccot…).   Je comprends mieux aujourd’hui, avec le recul des années, que Ghislain Allon ne devait pas en croire ses oreilles. A la fin de la conversation, il m’a dit : »vous ne voulez pas mettre tout cela par écrit ? Je le publierai dans le journal mensuel de nos programmes ». J’ai écrit, et envoyé une pleine page, qu’il a publiée intégralement, avec pour titre : « Pourquoi faut-il aimer Israël ? par AM Antonietti » (que vous trouverez, ci-après, dans ce livre). Un magnifique drapeau d’Israël était inséré en plein coeur de mon texte ! Pouvait-on trouver plus belle image de ce qu’il représente pour moi!   Car j’aime ce bleu et blanc du drapeau d’Israël ! N’est-il pas magnifique, avec sa fière étoile de David au centre ! Symbole de ce pays que j’aime, n’est-il pas devenu, pour moi aussi, le coeur de mon coeur ?   Quelques semaines plus tard, au téléphone, Ghislain m’a dit combien mon texte avait touché ses lecteurs ! Et il m’invitait à  venir parler à  sa télévision, à  Paris : 45 minutes d’entretien, pour expliquer notre position, et notre soutien vis-à -vis d’Israël. Quelle opportunité magnifique ! Par la suite, il m’invita d’autres fois, et me dit toujours à  quel point ce fut un  encouragement pour de très nombreux amis juifs, ainsi que pour les chrétiens et les personnes aimant Israël.   Puis, un soir (en mars 2004), toute ma vie a basculé. Il m’a semblé avoir reçu, sur moi,  toute une avalanche, et être restée, abasourdie, dessous…   Car, tout d’un coup, j’avais eu dans le coeur cette conviction : « quitte tout, pour servir Israël ».   Servir Israël, qu’est-ce que cela veut dire ? Où ? Avec qui ? Quand ? Et que ferai-je de l’appartement, de mes meubles et de ma voiture ? Durant trois semaines, à  la fois, je savais que je partirais et, en même temps, je devais abandonner à  Dieu toutes mes questions : si c’est Lui qui me donnait cette conviction de partir, Il avait déjà  toutes les réponses ; Il avait déjà  prévu toutes les solutions. Je devais juste attendre, dans la patience et la confiance, le « moment favorable » où Il me montrerait un pas à  faire, puis un autre… Et je Le verrais, alors, ouvrir pour moi une « porte », puis une autre…   C’est étrange car, trois mois auparavant, à  la fin du mois de décembre 2003, j’avais eu le désir d’apprendre l’hébreu ! Non pas l’hébreu biblique, pour mieux comprendre les Textes, mais l’hébreu moderne. Et le plus étrange, c’est que je ne m’étais posée aucune question : j’avais commandé un livre, avec des cassettes que j’avais commencé à  écouter toute la journée, quand j’étais chez moi, ou en allant au travail, dans la voiture, ou en marchant le long de la plage… Et, soudain, en mars, je comprenais pourquoi apprendre cette langue…   Au mois d’avril, Luc Henrist m’a téléphoné pour m’inviter à  une convention dont il était l’orateur principal, à  Grenoble. C’est là  que j’ai reçu les débuts de réponses dont j’avais besoin: il y avait des représentants de l’Ambassade Chrétienne Internationale, et de Chrétiens Amis d’Israël ; et aussi des responsables d’associations en Israël. Tous avaient besoin de bénévoles, à  Jérusalem, ou dans d’autres parties du pays.   J’ai parlé avec eux tous. Puis, peu à  peu, j’ai envisagé de venir aider avec Chrétiens Amis d’Israël, à  Jérusalem. De même que l’Ambassade Chrétienne, les C.A.I. font à  la fois un travail social (leurs représentants, dans le monde entier, recueillent des fonds, afin d’apporter, à  Jérusalem, une aide alimentaire à  des familles ou personnes dans le besoin ; ils visitent des malades, des personnes âgées et des survivants de la Shoah…). Ils luttent, aussi, contre la désinformation et les mensonges au sujet d’Israël (ils rédigent, dans diverses langues, des bulletins d’information, par lesquels ils diffusent dans le monde entier les nouvelles de ce qui se passe réellement en Israël). Cela m’intéressait.   Mais, avant de travailler avec eux à  Jérusalem, les C.A.I. m’ont proposé de faire une expérience de vie en Israël, avec Sar-El (bénévoles civils de Tsahal, Armée de Défense d’Israël). J’ai donc effectué un premier bénévolat, en octobre 2004….   Bien sûr, parallèlement, j’ai toujours continué à  écrire, pour soutenir Israël.