Transmis par Françoise Grard :  https://lphinfo.com/printemps-francais-par-avraham-azoulay-2/

Etonnant comme soudain, en observant de loin la France, chacun se sent meilleur, plus sage, plus gentil, mieux loti. Voilà  qu’Erdogan fait la morale aux CRS, les trouvant bien trop violents  : comment peut-on ainsi se comporter avec des jeunes si bien éduqués, qui jettent des pavés, brûlent des voitures, cassent des vitrines, sèment la terreur dans les rues?

Le président turc s’imagine d’un coup être un saint, à  côté du méchant Macron qui se barricade depuis dix jours dans une chambre forte de l’Elysée.

 

En Egypte aussi,  les manifestants doivent suivre de près, pavé après pavé, les évènements de Paris. Ils se souviennent avoir lancé cette même rébellion pour changer l’ordre du monde. Les Champs Elysées ressemblent en ce moment, surtout le samedi, à  la place Tahir du Caire, à  l’époque.

Voilà  que le printemps arabe oublié, épuisé, laisse place à  l’hiver hexagonal. Les transports blindés sont entrés dans Paris, non pas pour la libérer mais pour la protéger de ses habitants devenus enragés. La fin du monde, ils s’en moquent un peu… Ce qui les intéresse pour le moment, ce sont les fins de mois.

Finalement, même si nous ne sommes pas d’accord avec l’aspect violent, parfois antisémite, de ce soulèvement populaire, on peut comprendre le premier cri de douleur qui l’a porté. Qui ne se démène pas pour nourrir sa famille, gâter ses enfants et partir quelques jours en vacances?

La majorité du peuple trime pour garder la tête haute. Pourtant, l’injustice règne. Les riches deviennent plus riches, les pauvres plus nombreux et les classes moyennes vivent dans cet état de sandwich permanent. La colère monte, les Champs Elysées se transforment en champ de bataille.

 

En Egypte rappelez-vous, le peuple hurlait d’une rage enfouie et longtemps  retenue. Il ne voulait qu’une chose, voir tomber le gouvernement et Moubarak en tête. A Paris aussi, ils veulent voir chuter Macron et tout ce qu’il représente. Celui qui, il y a deux ans, a promis le changement et l’espoir, est aujourd’hui conspué. Il ne s’agit pas de simples revendications pour améliorer la qualité de vie, de quelques heures en moins de travail, 1 % de plus ou de moins, ne changeront rien. La colère est bien plus profonde. Adieu les fêtes de fin d’année, les touristes et les  lumières. Les rues désertes ont remplacé les joyeux bains de foules.

Sans un vrai changement d’attitude et d’habitudes, la France de Macron est en danger.

Si la marée jaune l’emportait sur les cols blancs, c’est l’Europe entière qui flamberait  sous le regard d’un monde arabe ébahi mais rassasié de quelques bonnes années de printemps sanglants et stériles.

Alors, main dans la main, les provinciaux et les jeunes des banlieues se retrouvent dans les rues de Paris pour braver un pouvoir qu’ils détestent.

Espérons que dans ce brouhaha violent, les Juifs sauront tirer les leçons d’une histoire qui se répète.

Yossef demandait à  ses frères si Yaakov était vivant, Israël a appris que  »Od Yossef Haï ». Pour ceux qui vivent  isolés au fin fond de leur Egypte, rassurez-vous :  »Am Israël od Haï ».

Avraham Azoulay