La paracha de Beha’alotékha (Nombres 11) foisonne de plaintes, de disputes et de récriminations du peuple. Ils réclament une autre nourriture, ils veulent retourner en Égypte. Ils ne remercient pas pour toute la bonté manifestée à leur égard. Ils ne voient que ce qui ne va pas.
Nos sages nous demandent d’y prêter attention : la plupart du temps, dans notre voyage à travers le désert, le problème n’est pas l’ennemi extérieur, mais bien l’ennemi qui est en nous: le manque de cohésion, de foi et de motivation. Lorsque celles-ci font défaut, il est impossible d’avancer.
Cette semaine une amie m’a envoyé la vidéo du ministre grec de la santé qui a beaucoup tourné. J’espère aussi que vous l’avez vue !
Elle mérite d’être retranscrite ici : « Existe-t-il un autre peuple semblable à Israël aujourd’hui? », demande le ministre dans une émission de télévision en Grèce. « Ce peuple a pris une bande de terre dans le désert, plus petite que notre péninsule du Péloponnèse, et ils ont un PIB de 550 milliards de dollar. Allez voir là-bas, ils produisent de l’abondance à partir de rien. Ils font face à plusieurs fronts de guerre contre le Liban, l’Iran, le Yémen, le Hamas et la Syrie. Et ils affichent avec ça une croissance de 3% du PIB ! Et quand on demande quels sont les gens les plus heureux au monde – ils sont dans le top 10. Tandis que chez nous, en Grèce, tout est plus calme, tout est magnifique, et tous ceux à qui l’on demande comment ça va répondent : « Misère, tristesse! ». Ils se reçoivent des missiles et des drones de partout et ils déclarent : « Quel bonheur j’ai de vivre en Israël ». Et nous ?: Ici, tout est noir. » Vous avez une explication ? », déclare le ministre aux présentateurs, avant de conclure : « Il n’y a pas d’explication logique. Cela relève de la psychologie ! ».
Magnifique n’est ce pas? Le problème, c’est que mon amie m’a envoyé cette vidéo accompagnée des mots suivants : «Il n’y a donc pas que la Micronésie à nos côtés ! ».
En d’autres termes, nous n’avions que la minuscule Micronésie à nos côtés, et voilà maintenant qu’un ministre grec se joint aussi à nous alors que le monde entier est contre nous.
Qui l’a poussée à penser ainsi? Qui nous pousse à nous focaliser uniquement sur les critiques à notre encontre, et non sur la profonde appréciation qui existe pour nous dans le monde?
C’est exactement comme dans la paracha! Il faut se demander : qui donc nous raconte l’histoire? Qui fournit l’interprétation des événements ? Quelle est l’approche et la volonté de ceux qui le font?
Je lui ai simplement renvoyé quelques extraits de déclarations qui ont circulé : ces derniers jours:
• Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, devait venir ici pour la conférence sur l’innovation du ministère des Transports. Finalement, il s’est rendu en Chine avec Trump. Il a rout de même pris la peine d’intervenir depuis là-bas lors d’un appel vidéo d’une demi-heure, et voici ce qu’il a dit : « Je suis un grand admirateur d’Israël, je pense qu’objectivement, vous êtes les numéros 1 mondiaux ». Des applaudissements ont retenti dans la salle, et il a poursuivi : « Vous obtenez des résultats incroyables par rapport à la taille de votre population. Je tire mon chapeau à Israël pour son innovation et pour tout ce qu’elle accomplit! ».
Mon amie n’avait absolument pas entendu parler de cet événement.
Vérifiez si vous, vous en aviez entendu parler. Je lui ai donc envoyé un autre extrait.
• Mathias Döpfner est un important éditeur allemand, PDG du groupe de médias qui possède, entre autres, les journaux Bild et Politico. Il y a deux semaines à peine, il déclarait dans un discours : « Le sionisme est-il du racisme ? Non, c’est l’antisionisme qui est du racisme ! Le sionisme est une réponse naturelle à des milliers d’années de persécutions, d’expulsions et de génocide. Ce qui n’a pas de sens à mes yeux, c’est que le sionisme soit une idée que seuls les Juifs embrassent. Je suis non-juif, et je suis sioniste. De tout mon cœur. Par conviction et par passion. Israël – ce sont nos valeurs! ».
Cette vidéo percutante, elle ne l’avait pas vue non plus. Nous avons continué.
• La chef de l’opposition britannique, Kemi Badenoch, dirigeante du Parti conservateur, s’est exprimé il y a quelques jours sur l’antisémitisme dans une vidéo devenue virale au Royaume-Uni : « Je me rends dans des écoles juives et je vois des agents de sécurité à l’extérieur, et je ne vois pas cela dans les autres écoles du pays. Je me rends dans des commerces juifs dont les vitrines ont été brisées. Nous devons cesser de faire semblant que cela n’arrive pas. Nous ne voulons pas que les années trente reviennent ». C’est alors que quelqu’un tente de l’interrompre : « Qu’en est-il des attaques contre les musulmans ? Ce n’est pas important ? ». Badenoch ne se laisse pas démonter : « Ceux qui sont morts sont des juifs assassinés dans une synagogue ! Ne faisons pas semblant. Tout cela tourne autour des juifs. Vous pouvez dire ce que vous voulez, mais je ne suis pas aveugle. Vous ne m’intimiderez pas. Je continuerai à soutenir les juifs face à l’ignorance que des gens comme vous propagent. Je ne laisserai pas la haine se propager au Royaume-Uni ».
Cet extrait n’était pas non plus familier à mon amie. J’ai tenté une dernière chose.
• Une nouvelle vidéo de la « Fondation Koum ». Jan Koum est l’un des fondateurs de WhatsApp, et il a récemment annoncé un geste philanthropique sans précédent : un don de 200 millions de dollars au centre médical Shaare Zedek à Jérusalem. Ce Juif a expliqué que ce lien avec Jérusalem, la médecine, la tradition et l’avenir le touchait profondément. Cette somme servira à ériger une nouvelle tour d’hospitalisation moderne de 24 étages, et il faudra d’ailleurs s’habituer à un nouveau nom : Koum Shaare Zedek. « C’est une déclaration d’espoir », a-t-il affirmé.
Cette fois, mon amie m’a surprise. Elle en avait effectivement entendu parler. Comment ? À travers la protestation d’une membre du conseil municipal de Tel-Aviv, Hadas Ragolsky, qui a publié une vidéo s’adressant à Jan Koum : pourquoi donnes-tu à une institution religieuse-orthodoxe ? En espérant que lui-même ne l’ait pas entendue.
J’aurais pu lui transmettre bien d’autres exemples encore de supporters d’Israël, mais je me suis arrêtée là.
Le message est passé:
Il n’y a donc pas que la Micronésie à être de notre côté.
Autant dans la paracha que dans la vie, l’histoire, c’est d’abord nous.
Quelle est l’information? Quelle est sa source? Quelle est l’interprétation et quel est le contexte?
Dans la paracha, après toutes ces plaintes, D.ieu demande à Moshé de nommer 70 hommes sages parmi le peuple, des éducateurs, pour l’aider à guider le peuple, pour élever leur esprit.
Il serait aussi bon de vérifier qui nous éduque aujourd’hui.
Chabbat chalom
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