Si l’on se fie à l’essentiel des médias français (les exceptions sont Europe 1 et CNews, et heureusement que cette chaîne et cette station de radio existent) et européens et aux médias de gauche américains, les États-Unis et Israël sont en train de s’enliser et d’échouer.
Ils ont « sous-estimé » la puissance et la détermination du régime des mollahs. Ils sont en train de provoquer une catastrophe économique mondiale car les prix du pétrole vont augmenter de manière vertigineuse et des pénuries vont s’installer. Et bien sûr, la décision de Trump est rejetée par le peuple américain qui veut l’arrêt de la guerre et par les électeurs de Trump, qui pensent qu’il les a trahis.
Tout cela est essentiellement faux, vicieux et malveillant, et ceux qui disent tout cela, sauf s’ils se contentent de lire le New York Times, le savent. Ils aiment les États-Unis quand il y a un mauvais président à la Maison Blanche (Jimmy Carter, Barack Obama, Joe Biden) et détestent les États-Unis quand il y a un bon président (Reagan, George W. Bush, Donald Trump) parce qu’ils préfèrent des États-Unis affaiblis et ravagés à des États-Unis dynamiques et forts. Ils détestent Israël et sont, en fait, de vils propagandistes.
Il faut une fois de plus réfuter les affirmations fausses.
Il n’y a strictement aucun enlisement, dois-je le redire ?
Il n’y a aucun échec : au contraire, les opérations menées par Israël et les États-Unis ont avancé bien plus vite que prévu.
Rien n’a été sous-estimé. Les Israéliens et les Américains disposent des meilleurs services de renseignement au monde, et savaient très exactement de quoi disposait militairement le régime des mollahs et comment il est organisé. Ils ne doutaient pas de la détermination à survivre d’un régime totalitaire et fanatique.
Il n’y a et il n’y aura pas de catastrophe économique mondiale et les prix du pétrole montent, mais sont, pour l’heure, loin de s’envoler. Le prix du baril est monté à 95-100 dollars. En mars 2022, il avait atteint 130 dollars (le baril de Brent avait, lui, atteint 139 $), mais il est vrai qu’à l’époque les États-Unis avaient un président démocrate, sénile et corrompu, donc tout était parfait. Il n’y a aucune pénurie de pétrole : les États-Unis n’ont besoin d’aucun pétrole importé car ils sont le premier producteur mondial. Les pays européens ont des réserves stratégiques. Seulement vingt pour cent du pétrole et du gaz liquéfié utilisés mondialement passent par le détroit d’Ormuz. Ce qui veut dire que 80 % viennent d’ailleurs : si le flux s’interrompt dix ou quinze jours, ce ne sera pas l’apocalypse.
Le détroit d’Ormuz n’est pas bloqué. L’emprunter était périlleux, c’est devenu dangereux et, depuis trois jours, temporairement impossible, car le régime des mollahs joue son va-tout. Des cargos et des supertankers ont été attaqués à proximité du détroit d’Ormuz, mais aussi ailleurs dans le golfe arabo-persique, jusqu’à proximité des côtes de l’Irak et dans le port de Basra. Les installations gazières du Qatar ont-elles aussi été attaquées, tout comme les installations pétrolières de l’émirat d’Oman : le Qatar et l’émirat d’Oman étaient proches du régime des mollahs, cela n’a rien changé pour eux. Le régime des mollahs a sorti de hangars où ils étaient cachés vingt-huit bateaux de dépôt de mines qui n’avaient pas encore été détruits parce qu’ils étaient cachés, et a voulu déposer des mines. Les vingt-huit bateaux sont détruits maintenant. Il reste des vedettes rapides (speedboats), elles seront détruites aussi. Le détroit d’Ormuz n’est pas couvert de mines : s’il l’était, la situation serait plus dramatique, ce n’est pas du tout le cas. Le pays le plus dépendant du pétrole venant du golfe arabo-persique est la Chine, qui est censée être un allié du régime des mollahs, et couvrir de mines le détroit d’Ormuz le rendrait inutilisable pour tous les supertankers, y compris ceux destinés à la Chine, le régime des mollahs va donc continuer à utiliser des drones. L’assurance américaine destinée à abaisser les prix des assurances va vite se mettre en place. L’armée américaine va graduellement mettre fin à la possibilité pour le régime des mollahs de recourir aux drones, et cela ne prendra pas des mois : les lieux de fabrication de drones en Iran sont détruits. En jouant son va-tout, le régime des mollahs entend provoquer une panique mondiale, agiter le spectre d’une pénurie de pétrole, pousser l’opinion publique américaine à demander l’arrêt de la guerre et les dirigeants des pays exportateurs de pétrole utilisant le Golfe arabo-persique à se dissocier des États-Unis. Il n’obtient pas les résultats escomptés sur ces deux plans. En Europe occidentale, la panique est déjà là, mais les dirigeants européens n’ont aucun moyen d’obtenir que les États-Unis et Israël renoncent à leurs opérations.
Trump vient de faire détruire toutes les installations militaires sur l’île de Kharg, qui est le point de départ des exportations de pétrole iranien, et n’a épargné que les installations pétrolières. Il exige de l’Iran que le détroit d’Ormuz permette le passage sans danger de tous les navires qui entendent le traverser, et la fin de tirs sur des bateaux dans le golfe arabo-persique, sans quoi les États-Unis prendront le contrôle des installations pétrolières de l’île de Kharg ou les détruiront, toutes les rentrées financières du régime viennent de la vente de pétrole, et la quasi-totalité du pétrole iranien est exportée depuis l’île de Kharg. Le passage sans danger de tous les navires par le détroit d’Ormuz ne va pas tarder du tout.
Plus de 90 pour cent des électeurs de Trump soutiennent les opérations en Iran. Le courant isolationniste a, chez les républicains, un poids très faible : six à huit pour cent de l’électorat républicain. Seuls les isolationnistes peuvent se sentir trahis : ils n’ont pas compris que Trump n’a jamais été isolationniste, a toujours voulu la grandeur et la sécurité de l’Amérique et n’ont jamais été dépourvus d’éthique et de lucidité face aux dangers : en Iran, il y a eu un massacre, il y a un régime monstrueux et fanatique aux buts génocidaires qui allait disposer de l’arme atomique et qui finançait le terrorisme islamique mondial. Il fallait abattre le monstre. Les électeurs démocrates sont hostiles aux opérations en Iran, comme les dirigeants du parti démocrate, ce qui n’est pas surprenant, mais les électeurs démocrates ne votent pas pour Trump, et leur avis, dès lors, n’a aucune importance. Les électeurs indépendants sont partagés. Cela donne des sondages défavorables aux opérations, mais les sondages fluctuent au fil du temps, et il suffit en général d’une victoire pour qu’ils s’inversent.
Trump ne reculera pas, mais quoi qu’il fasse, on vous dira en France qu’il recule. Dire du bien de Trump en France conduit en général à être sur une liste noire et à ne jamais être invité à la radio et à la télévision.
Il est impossible de savoir huit mois à l’avance ce que seront les résultats des élections de mi-mandat : d’ici là, la guerre en Iran sera finie, le régime communiste cubain sera tombé, les milliers de milliards d’investissements arrivés aux États-Unis feront leur effet, et le parti démocrate aura continué à tenir des discours gauchistes délirants, donc je ne suis pas inquiet.
Concernant la guerre, je dirai qu’il y aura quatre phases.
- la première phase est celle de la destruction des moyens militaires du régime. Elle n’est pas achevée, on le voit avec les drones utilisés contre les navires dans le golfe arabo-persique, contre les Émirats du Golfe et contre l’Arabie Saoudite. On le voit aussi avec les tirs contre Israël, bien qu’ils aient fortement diminué. Il reste dix pour cent de tirs de missiles, ce qui veut dire que les tirs de missiles ont cessé à hauteur de 90 % Les tirs de drones ont diminué de 83 %, ce qui veut dire qu’il en reste 17 %. Il est plus difficile d’en finir avec les drones car ils sont plus aisément utilisables et n’impliquent pas le recours à une rampe de lancement. Et je le répète, le régime n’a plus de marine de guerre, plus d’aviation de guerre, très peu de lanceurs encore opérationnels, plus de radars, plus de moyens de communication entre unités (il reste les téléphones satellite). Avoir obtenu ce résultat en moins de deux semaines est absolument remarquable. Ce qui reste à détruire le sera, en synergie avec Israël. La destruction est en bonne voie.
- la deuxième phase est celle de la destruction des moyens de fabriquer encore des armes et munitions, et celle des bases de l’appareil répressif et militaire (casernes, postes de police). Elle est elle aussi en bonne voie. C’est pour cela que Trump a dit que la guerre est quasiment terminée.
- la troisième phase est en train de s’enclencher. Elle est celle de la décomposition du régime. Il n’y a quasiment plus de dirigeants du régime. Le seul survivant qui a eu une position importante est Ali Larijani. Il a un téléphone satellite. Il a envoyé un message bref et menaçant il y a deux jours, puis a coupé son téléphone. Il ne peut donner des ordres. Il se cache. Un « guide suprême » est censé avoir été nommé, Mojtaba Khamenei. Il est blessé ou mort. Il se dit qu’il est dans le coma. Nul ne l’a vu et nul n’a même entendu sa voix depuis le 28 février. Une cérémonie très brève et très ridicule a été organisée par quelques Gardiens de la Révolution à Téhéran, et des photos montrent que Mojtaba Khamenei était présent sous la forme d’une photo fixée au-dessus d’une silhouette découpée dans du carton. Des Gardiens très dévots ont embrassé le carton. Il y a donc pour l’heure un « guide suprême » en carton d’emballage qui ne parle pas. Dire, comme l’ont fait trop de médias, qu’il a « pris la parole » est totalement faux : un communiqué écrit par on ne sait qui a été lu par une femme voilée à la télévision, qui a retrouvé des moyens d’émettre malgré la destruction complète de son bâtiment. Il n’y a même plus le son de la voix de Mojtaba Khamenei. Il est vrai s’il est mort, ce serait difficile. Il n’y a plus personne au sommet de la hiérarchie. Les conditions de la décomposition sont réunies. Un canard sans tête ne court pas longtemps. Pour que la décomposition s’opère, il faudrait de nombreuses défections au sein de l’armée, et aussi au sein des Gardiens de la Révolution. Ce serait la condition pour que les Iraniens sortent dans la rue et se soulèvent à nouveau. Il est difficile de savoir si les défections seront massives ou non, et si la reddition sans condition dont a parlé Trump aura lieu. La communication est difficile. Il faudra sans doute du temps pour être informé. Si des défections massives ont lieu, il ne restera rapidement plus rien du régime. La banque du régime qui verse les salaires aux Gardiens, la banque Sepah, a subi des attaques électroniques et ne fonctionne plus depuis deux jours : si les salaires n’arrivent plus, cela pourrait accentuer les défections. On peut douter que le Bassij, chargé de la répression, connaisse des défections : ses membres ont tué des Iraniens par milliers. Présentement, dès que des membres du Bassij sortent des trous où ils se cachent à Téhéran et vont dans la rue, des tirs israéliens par drones les éliminent un à un ou par groupe. Les habitants de Téhéran ont, à juste titre, peur de sortir dans la rue, et il en va de même dans les autres villes du pays. L’élimination du Bassij à Téhéran est un impératif. Elle est en cours.
- la quatrième phase suivra. Si les défections sont importantes, le soulèvement viendra. À ce moment, des forces spéciales américaines pourraient venir aider la population à finir le travail. Et en ce cas, un changement de régime pourra prendre place. Si les défections ne sont pas importantes, les Gardiens de la Révolution pourraient s’efforcer de mettre en place une dictature militaire, et l’Iran deviendrait provisoirement une dictature militaire ruinée et désarmée. Nul ne souhaite que ce soit l’issue. Ce serait un malheur pour le peuple iranien. Ce serait un désastre pour Trump et Netanyahou, et un désastre pour Israël. Je ne pense pas que ce sera l’issue. L’alternative à la reddition inconditionnelle est la destruction totale du régime, et je doute que Trump et Netanyahou entendent s’arrêter en chemin. Trump vient de redire qu’il ne veut pas avoir à renouveler les opérations contre un régime dangereux tous les six mois.




Laisser un commentaire
Vous devez être identifié pour poster un commentaire.