J’ai vu un grand fleuve, dont les eaux avançaient avec force. Sur ce fleuve, une longue embarcation, poussée par les eaux. Au fond de ce canot, des silhouettes de personnes. Il était difficile de voir s’il s’agissait d’hommes, de femmes, de vieillards, d’enfants… Il n’y avait personne pour prendre les rames (il y en avait ) afin de diriger le bateau. Personne au gouvernail. Les gens à l’intérieur avaient le dos courbé et on ressentait la peur… Tout était sombre: le bateau comme les gens à l’intérieur.

Ce bateau, je le savais dans mon cœur, c’était la France.

 

Il a poursuivi sa route, toujours poussé par les flots. Je savais qu’il descendait vers des cascades et des rochers. C’était inexorable puisque personne ne contrôlait ce bateau. Et je l’ai vu arriver sur ce qui était devenu un torrent tumultueux, roulé dans tous les sens, explosé par les coups. J’ai vu un homme qui tentait tant bien que mal de lever un drapeau de France.  Mais les couleurs -bleu, blanc, rouge- de ce drapeau étaient comme déteintes, on les distinguait à peine. Il était en sus couvert de boue.

Il était devenu un signe de honte, vraiment pas de grandeur nationale !

 

Toute la scène se déroulait dans un brouillard épais, de nuit.

Puis j’ai vu surgir de ce brouillard un cavalier. Il était couvert d’une armure venant du fond des âges, un peu comme mon illustration :

Je le voyais à peine, à cause du brouillard. Mais il donnait un sentiment de détermination, et d’une formidable puissance. Soldat ancien ? Peut-être parce qu’il était héritier spirituel des premiers Francs et qu’il avait dans le cœur l’amour de ce pays qui se levait. En tout cas, j’ai ressenti que Jésus préparait une armée dans le secret, une armée qui serait revêtue de sa force, une armée que l’ennemi n’attendait pas, et qui relèverait le pays même quand tout serait dans un état de destruction apparemment irrémédiable..