S’il est élu, Netanyahou annexera la Judée-Samarie, par Jean-Patrick Grumberg

Samedi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a brisé un tabou : il a finalement proposé l’annexion de la Judée-Samarie. La gauche capitulatrice va s’évanouir.

Nous sommes dans la dernière ligne droite avant les élections, qui se tiennent ce 9 avril. Pour ramener à lui le vote des petits partis de droite, Netanyahou a finalement proposé un programme pro-annexation.

Invité la semaine dernière par la radio juive française RCN 89.3FM à m’exprimer sur les élections israéliennes, j’ai avancé l’argument que la reconnaissance par Donald Trump de la souveraineté d’Israël sur le Golan ne s’arrêterait pas là. En fait, disais-je, c’est un verrou diplomatique qui saute, et qui ouvre la porte à la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur la Judée Samarie, ces territoires disputés sur lesquels Israël possède des arguments juridiques bien plus solides que les Arabes pour leur annexion.

Mon analyse ne devait pas être trop mauvaise, puisque ma prévision s’est concrétisée deux jours plus tard.

J’ai d’ailleurs toujours pensé que je suis meilleur pour analyser les éléments politiques et géopolitiques complexes qui se présentent devant moi que pour faire des prédictions, et je ne vous dirais pas qui gagnera cette élection : je n’en sais rien.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a donc brisé un tabou diplomatique, ce samedi soir, en promettant d’annexer des parties du territoire de Judée Samarie dans la zone C, où se trouvent toutes les implantations israéliennes.

« J’appliquerai la souveraineté », a dit Nétanyahou.

Netanyahou l’a donc fait lors d’une interview avec Rina Matzliach sur Channel 12, trois jours seulement avant les élections du 9 avril.

Matzliach l’a poussé sur la question, lui demandant pourquoi, en tant que chef d’un gouvernement de droite, il n’avait pas annexé la Judée Samarie pendant ses quatre dernières années au pouvoir.

« Qu’avez-vous accompli ? Pourquoi n’avez-vous pas annexé Gush Etzion ? Pourquoi n’avez-vous pas appliqué la souveraineté sur Ma’aleh Adumim ? a-t-elle demandé.

Netanyahou a répondu :

« Qui a dit que nous n’allions pas le faire. En fait, nous sommes en train de le faire. Nous sommes en discussion. Nous discutons de cela et d’autres choses. »

C’est la première fois, depuis son entrée en fonction en 2009, qu’il utilise le mot « souveraineté » pour parler de la Judée et de la Samarie. Et c’est le mot qu’a utilisé le président Trump au sujet du Golan. Et heureusement ! Qui oserait de bonne fois soutenir que la présence de l’Iran dans cette région stratégique serait une bonne chose pour la paix et la sécurité des citoyens israéliens ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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