Emmanuel Macron était en déplacement ce mardi dans un établissement hospitalier de la Manche. Le chef de l’État est revenu sur la question de la réintégration des soignants non vaccinés contre le Covid-19 dans les services de soins du pays.

C’est une question qui fait mouche à l’heure où les établissements hospitaliers de France redoutent une pénurie de soignants cet été, notamment dans les services d’urgence : alors que la circulation virale du Covid-19 est au plus bas depuis des mois dans l’Hexagone, faut-il réintégrer les professionnels de santé qui ne sont pas vaccinés ?

Depuis le 15 septembre 2021 et l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale pour certaines professions, des milliers de soignants qui ont refusé de se faire vacciner contre le Covid-19 ont été suspendus. En déplacement dans un centre hospitalier de Cherbourg (Manche) ce mardi 31 mai, Emmanuel Macron s’est exprimé sur la question. « En toute honnêteté, la réintégration des soignants non vaccinés n’est absolument pas une réponse au problème que nous posons aujourd’hui. Elle n’a pas cette magnitude qui plus est », évoque le chef de l’État.

Vidéo :

https://twitter.com/BFMTV/status/1531711621600534537?s=20&t=toEecNThexiuLta-JKYLdw

La position du président avait été largement critiquée par Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France, le 17 mai dernier : « On ne peut pas se passer des 15 000 personnes suspendues, même si elles ont fait une erreur […] Il faut une amnistie », avait estimé le médecin dans les colonnes du Parisien.

Selon le chef de l’État, les soignants non vaccinés regroupent une « infinie minorité » des professionnels de santé du pays : « Vous avez quand même souvent, soyons honnêtes aussi, des soignants qui ont un rapport au soin et à la déontologie qui est très marginale par rapport au reste de leur collègue puisque l’on a aujourd’hui une situation où plus de 95% des soignants et des administratifs se sont vaccinés parce qu’ils considèrent que c’était leur devoir, que c’était leur responsabilité et leur rapport à la déontologie médicale ».

Attendre une « situation endémique »

En déplacement le 29 avril dernier dans les Hautes-Pyrénées, à Barbazan-Debat, Emmanuel Macron avait été interpellé sur le sujet. « Si ça continue de baisser dans les prochaines semaines, on ira dans cette direction », avait alors évoqué le chef de l’État. Ce mardi, le président s’est montré plus prudent : « J’attendrai que le Conseil scientifique dise que l’on est rentré dans une phase qui permet sans difficulté ce retour, a affirmé Emmanuel Macron. Mais plus largement, moi je veux que dans notre pays, on aille au bout de cette logique par la pédagogie et la conviction du rapport à la vaccination chez les soignants ».

A lire aussi : VRAI OU FAUX. Médecins, infirmières… Y a-t-il des « mercenaires » de la santé, comme l’affirme Martin Hirsch ?

La France enregistre aujourd’hui plus de 18 270 nouveaux cas de Covid-19 chaque jour, un chiffre au plus bas depuis neuf mois. Par ailleurs, 952 patients contaminés par le virus sont actuellement en services intensifs : un chiffre au plus bas depuis juillet 2021.