« Nos Églises sont devenues des églises-spectacle » – Dominique Verheye

brebis-blanches-loup2NOTE. Les vidéos dont Domique parle sont en bas d’article.

Je pourrais vous exhiber bien plus de vidéos montrant les folies de certaines de nos églises. Je pourrais aussi vous exposer les faux enseignements tels que l’hypergrace, l’évangile de prospérité, mais je crois que chacun doit rechercher le Véritable Evangile en commençant par la lecture de la Parole de Dieu, de manière continue et surtout en lisant complètement la Bible.

Ma question est comment on est arrivé à de telles hérésies ?
Le chrétien aurait-il perdu toute capcité de  raisonnement ?

 

 

Je vous donne mon analyse, avec quelques unes de mes réponses à ma question  :

– Je pense que la première raison est justement le manque d’exercice du discernement du Chrétien face à ce qu’il voit, et à ce qu’il entend, face à la Parole de Dieu. Trop prennent tout pour argent comptant, faute de lire la Bible dans son entièreté,  On la lit par thèmes et on y sélectionne les versets qui nous plaisent.

– Depuis l’arrivée du pentecôtisme au début du 20ème siècle, on a vu les chrétiens courir après les miracles, les guérisons, les onctions, etc … et on a vite oublié que notre premier souci devrait être notre sanctification. La recherche du bien-être sur cette terre a pris le dessus sur notre recherche du royaume des cieux.

– Comme nos églises sont très hiérarchisées, on remet toute notre confiance en ceux qui les dirigent,  même aveuglément. Cet état des choses convient parfaitement aux uns et aux autres, les premiers n’ont plus beaucoup d’efforts à fournir, ils n’ont qu’à suivre leurs maîtres terrestres et ceux qui sont à la tête de l’église peuvent ainsi tout contrôler, tout enseigner, tout pratiquer, sans que quiconque puisse les remettre en question.

– Comme on est friand de belles prophéties, on en donne à gogo, pourtant si on les retient et si on les regarde de près, on remarquera que très peu se réalisent, mais on les aura oublié car on court vers d’autres prophéties qui nous feront  oublier les premières.

C’est triste à dire, mais nos églises sont devenues des églises spectacles. Regardez comment les cultes sont organisés, le matériel que l’on déploie. On n’y prie plus, mais on chante, la chorale est devenue incontournable, ainsi on se fait du bien et encore une fois, on ne fait pas beaucoup d’efforts, il suffit de suivre le mouvement. On pratique l’imposition des mains dans l’exhibition : Remarquez bien qu’elles ne sont pratiquées, tout comme les prophéties, que dans les églises, dans les réunions chrétiennes. On dirait qu’une fois dehors du bâtiment, il n’y a plus d’Esprit Saint.

L’argent est devenu le leitmotiv de nos pasteurs, il faut le payer ainsi que le bâtiment et toute son infrastructure, utilisé seulement quelques heures par semaines. Tout est devenu prétexte à offrandes. En résumé : si tu ne paies pas, tu ne seras pas béni, voire maudit. On allie les promesses de Dieu aux dons financiers. En plus, nos églises sont devenues des entreprises. Sauver des âmes de l’enfer n’est plus sa première préoccupation.

– Les églises sont organisées en dénominations et on ne se mélange pas, chacune est certaine de détenir la vérité. Le contact avec d’autres chrétiens, d’autres églises sera déconseillé, voire proscrit.  Il faut protéger sa «  bergerie » .

Voilà, je pourrais continuer, mais je pense que vous pouvez aussi allonger cette liste.

L’église des premiers chrétiens n’était pas organisée comme dans notre temps et nous n’avons fait que nous en détourner de plus en plus.

Chacun avait droit à la parole, elle était surtout basée afin de vivre sa foi dans les difficultés de chaque jour et chacun s’aidait, se soutenait, s’encourageait, etc … Je vous conseille vivement de lire le livre de Franck Viola : le christianisme paganisé, qui est une étude approfondie concernant l’église primitive et tous les détournements que nous y avons apporté.

http://jesusseul.blog.free.fr/public/LE_CHRISTIANISME_PAGANISE.pdf

Je me suis posé la question pourquoi, en Afrique noire, l’apostasie est-elle si grande,

Car je pense qu’elle est bien plus évidente, apparemment,  qu’en Europe. Je soulève quelques différences entre les églises de souche africaines avec les églises européennes.

Nous, Européens, notre civilisation est bien plus ancienne que celle des pays africains qui n’ont trouvé leurs indépendance que vers le milieu du 20ième siècle. Par conséquence, nos enseignements sont bien plus poussés, plus élaborés. Nous avons colonisé les pays africains et nous leur avons apporté notre religion. Les africains ont un regard sur nous. En fait, ils ont reçu nos apostasies et ils les ont multipliées dix fois. L’appât de l’argent a été un gros moteur pour les pasteurs africains.

En Europe, on trouve moins d’églises qu’en Afrique, mais nous avons plus de diversités. On sait lire et écrire, donc, on sait mieux contrôler ce que l’on vit. Nous avons accès à tous les enseignements et à leurs diffusions. On trouve facilement une Bible et elle ne coûte pas cher. Il nous est facile de quitter une église pour trouver ce qui nous convient.
Nous vivons dans l’aisance, mais on en veut toujours plus, ce qui favorise donc l’évangile de prospérité avec toutes ses dérives.
Nous vivons dans la liberté et nous pouvons généralement nous déplacer facilement.

Notre drame, c’est que nous n’avons pas prêté attention aux apostasies qui se déroulaient dans les églises qui s’implantaient dans et autour de nos villes. Nos pasteurs et nos responsables se sont tus et ont laissé faire. Chacun ne pensait qu’à protéger d’abord sa propre église, ainsi que sa dénomination. Alors, l’apostasie a pu se développer facilement, car elle n’a trouvé quasiment aucune opposition.

Les églises apostates se sont donnés tous les moyens pour prendre de l’ampleur et elles ont vu tout de suite ce que l’internet pouvait leur apporter.

En résumé si un chrétien européen est tombé dans l’apostasie, c’est que cela lui convient et que c’est en toute conscience  qu’il fait ce choix. Sauf exception.

En Afrique, l’analphabétisme est très élevé ainsi que la pauvreté. Les chrétiens doivent donc s’en remettre à ce que disent les pasteurs. On porte plus d’honneur pour les personnes élevées en Afrique qu’en Europe, ainsi on leur fait plus confiance. L’attrait d’une vie meilleure est bien plus exprimée dans leurs églises, on profite de la détresse de la population pour promouvoir l’évangile de prospérité, mais cette prospérité ne profite qu’aux pasteurs, car, c’est eux qui reçoivent les dons et jamais ils ne vous diront ce qu’ils en font. Ils se montrent en exemple et si vous n’arrivez pas à la prospérité comme eux, c’est que vous manquez de foi ou que vous avez péché.

Dans une ville africaine, vous trouvez une église tous les cents mètres, mais cette multiplicité n’est pas une variété:  on y reproduit les mêmes choses à des degrés divers.

Les pouvoirs sataniques sont bien plus présents en Afrique qu’en Europe.
Les marabouts, les féticheurs, les sorciers, … : ils ont pignon sur rue ! Ils sont entrés dans les églises déguisés en ange de lumière et maintenant souvent c’est eux qui les dirigent.

Les Chrétiens africains ne possèdent pas de Bibles, ou très peu, ils sont obligés de croire en ce qu’ils entendent, ils ne savent rien vérifier dans la Bible, car on ne leur dira pas de s’en procurer une. Le pasteur s’occupe de tout à leur place.
Si quelqu’un se prend concience de supercheries et les conteste, il sera très vite viré et même menacé.

Une autre méthode, c’est de donner quelques honneurs, quelques responsabilités dans l’église aux chrétiens qui seraient plus instruits que la majorité. Ainsi on le fait rentrer dans le rang et chacun y trouve son compte, surtout financier.

Je pourrais aussi continuer, mais il est important que d’autres puissent s’exprimer. J’espère que mon analyse est proche de la vérité et surtout que je n’ai offusqué personne par un propos malveillant, ce n’est pas mon but, mais parfois, il est difficile de dire certaines choses, sans choquer ou bien je peux être maladroit en écrits.

Nos églises se sont détournées de la PAROLE et nous voyons donc de plus en plus d’hérésies,

Mais que faire ?

Je voudrais d’abord vous dire que le temps des grandes évangélisations est révolu, Dieu n’y est plus.   Je voudrais citer en exemple les grandes évangélisations de Reinhard Bonnké au Nigéria.  Elles ont réuni des centaines de milliers de personnes et que constatons-nous maintenant : aucun changement dans ce pays et même pire, nous y voyons les plus grandes apostasies.   Je crois que Dieu va responsabiliser chacun d’entre nous individuellement.   Il s’est toujours réservé un reste et ce ne sera plus des grands noms de notre monde chrétien,  Je crois qu’Il va nous faire travailler dans de petites structures, dans une échelle à la portée de tout un chacun selon les capacités de chacun.   Ce sera par le changement de notre comportement, par notre propre sanctification, par l’exemple que nous donnons aux autres que notre efficacité sera démontrée pour notre Seigneur.  

En grande partie le peuple de Dieu se perd en raison des fausses doctrines prêchées par les loups ravisseurs et le principal travail que Dieu va nous donner, c’est de faire revenir son peuple à Lui dans les Vérités de l’Evangile de Christ, du moins pour ceux qui veulent encore bien les entendre.   Ce sera un travail à la base et non des attaques contre la tête des églises.   

Je voudrais donner un exemple, surtout pour nos soeurs et frères Africains et pour tous ceux qui auraient une mission pour l’Afrique.   Lors de vos voyages en avion, vous avez droit à 2 X 23 kg de bagages, alors, s’ils vous restent de la place, remplissez-les de Bibles et s’il vous reste encore de la place, remplissez de vêtements et tout ceci sera à distribuer bien sûr gratuitement.  Vous aurez donc déjà un bon contact et vous parlerez de votre foi en toute simplicité et en le démontrant par votre propre vie et c’est ainsi que vous aurez un impact.   Il faut donner de soi-même avant de donner aux autres.   C’est par l’amour de votre coeur pour vos frères et soeurs que Dieu agira avec vous et cela doit se voir.   Il en sera fini des grands discours.   Travaillez au sein de votre famille, de vos amis…, sans rien forcer, attendez que le Saint Esprit vous pousse à parler et en attendant, veillez sur votre sanctification.   Voyez comme c’est simple et Dieu fera le reste.   Il ne faudra plus compter sur qui que ce soit, mais bien sur soi-même avec l’aide du Saint Esprit.   Il n’y aura plus d’intermédiaires, le travail sera à accomplir personnellement du début à la fin.

Mes premiers conseils et recommandations seront toujours de lire les Ecritures et de vivre votre foi avec simplicité, l’église bâtiment n’est pas tout et surtout pas obligatoire.  Là où deux ou trois sont réunis, Christ est au milieu.  Donc, une simple réunion dans une maison, c’est déjà bon.  Si vous désirez toujours aller dans une église, je vous conseille d’aller là où vous pouvez vous exprimer, témoigner, etc…   Là, où vous ne serez pas assomé par des demandes d’offrandes ou de dîmes, là, où les dépenses ne sont pas exagérées.  Ne mettez plus personne au-dessus de vous et ne permettez pas que qu’un frère ou une soeur soit supérieur à vous.  Allez là où l’on veille à l’amour fraternel, à la sanctification et à l’humilité.   Je crains vraiment que cela soit difficile à trouver, alors, le mieux, c’est que vous organisez vos propres réunions dans votre propre maison.

Beaucoup se disent oints de Dieu, hommes de Dieu, malheureusement, le plus souvent, ce sont des charlatans.   Ils commencent par nous dire, par exemple : « J’ai vu en songe l’enfer et le paradis ». Mais dites-moi comment on peut prouver leurs dires ?   Ils font des miracles, des guérisons, disent des prophéties, quand ils imposent les mains, les onctions seront présentes. Malheureusement satan sait faire aussi ces choses, donc, ce n’est certainement pas une preuve pour dire qu’untel est un «  homme de Dieu » .  Par contre, allez vérifier, si cet homme possède les fruits de l’Esprit, s’il vit dans la simplicité. Vérifiez que l’argent ne soit pas sa première préoccupation, s’il est humble,s’il vit dans la sanctification, s’il est rempli d’amour et de compassion pour son prochain, tout ceci peut se remarquer dans leurs prédications, car on ne saura jamais rien de leurs vies privées, sauf quand le scandale arrive.
Je vais le répéter encore une fois, la vie chrétienne c’est simple :
1 c’est aimer Dieu et on commence par lire sa Parole avec assiduité et dans son entièreté, on mène une vie de prières et on recherche la volonté de Dieu ;
2 c’est aimer son prochain, c’est ce que Jésus nous commande, et notre prochain, c’est d’abord notre famille, nos voisins, nos collègues de travail, jésus nous demande même d’aimer nos ennemis :
3 c’est devenir meilleur, là, on parle de notre sanctification, c’est d’apporter les preuves à Dieu que nous l’aimons, nous devons faire la différence dans notre comportement avec les non croyants ;
4 c’est de faire le bien, car là aussi on montre notre différence et il est bien écrit que si nous avons l’occasion de faire le bien et que nous ne le faisons pas, nous péchons.

 

Franchement, tout le reste, c’est du blabla, 

Avons-nous encore un coeur pour nos soeurs et frères qui se perdent, quand nous prions pour eux, est-ce que des larmes sortent de vos yeux, avons-nous une souffrance intérieure pour eux ???  Si ce n’est pas le cas, alors, je vous aurez fait perdre votre temps et j’en suis désolé.   Par contre, si c’est le cas, certainement, Dieu va vous utiliser.   N’ayez pas peur, Il sera avec vous et nous avons un grand Dieu qui est au-dessus de tout.

De mon côté, j’ai une profonde tristesse de voir tout un peuple qui a une réelle crainte de Dieu, sachant prier, chanter, danser pour Lui et sans compter les heures, malheureusement conduit par des loups ravisseurs dans de fausses doctrines, dans le mensonge, et qui se fait bien souvent dépouiller par ces derniers.   Je ne peux pas rester les bras croisés en ayant vu tout cela.

Que notre Seigneur vous bénisse et vous éclaire particulièrement, qu’Il vous conduise dans les sentiers de la Vérité, de la Justice, de la Sanctification.
Que par cet écrit, le royaume des cieux s’approche de vous.

Avec toute mon amitié fraternelle, Dominique.

Dans mon facebook, j’ai commencé par publier quelques vidéos démontrant les plus grandes abominations que l’on voit dans certaines de nos églises :
Voici les liens. Ce sont de courtes vidéos:

https://www.facebook.com/spotboxlive/videos/872299292817218/?pnref=story





https://www.youtube.com/watch?v=wbQjyPwohB0


Note MAV: Dominique revient d’Afrique et n’a pas eu, à l'heure où j’écris ces lignes, l’occasion de lire ce que le Seigneur  m’a fait écrire depuis des mois, notamment sur les HÉRÉSIES ÉVANGÉLIQUES

c’est dire à quel point le Seigneur actuellement parle par de multiples bouches à son Église, avant que ses jugements tombent. SORTEZ DE BABYLONE ! Et c’est aux pasteurs, je crois, que Dieu veut parler en premier ! Notre système ecclésial, non biblique, est sacralisé car c’est une IDOLE !


Alors écoutez ET PRENEZ POUR VOUS  si vous êtes piégé dans cette nasse:

2Co 6: 14 Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l'iniquité ? ou qu'y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? 15 Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? ou quelle part a le fidèle avec l'infidèle ? 16 Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l'a dit : J'habiterai et je marcherai au milieu d'eux; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. 17 C'est pourquoi, Sortez du milieu d'eux, Et séparez-vous, dit le Seigneur; Ne touchez pas à ce qui est impur, Et je vous accueillerai. 18 Je serai pour vous un père, Et vous serez pour moi des fils et des filles, Dit le Seigneur tout-puissant.

 

  3Comments

  1. Dominique57   •  

    Voici encore une preuve que ce sont les païens qui dénoncent les faux pasteurs, les apostasies dans nos églises. Nous, chrétiens, nous laissons faire, mais on oublie une chose, c’est que nous laissons salir le Nom de Dieu et qu’avec ce genre de reportage, notre réputation est ruinée, car les non chrétiens ne seront plus faire de différence entre les vrais des faux. C’est à pleurer et je pleure. Réveillez-vous peuple de Dieu, n’acceptez plus ces pratiques, les fausses doctrines, … Lisez votre Bible, comptez sur l’Esprit Saint pour vous conduire et non sur l’homme, même si il est appelé pasteur. C’est votre vie éternelle qui est en jeu.

  2. dany   •  

    je l’ai vu dimanche sur 7 à 8 et j’ai télephoné à une soeur de Paris pour qu’elle regarde la télé (elle en a pleuré), elle dit comme Dominique comptez sur Dieu et non sur l’homme! Si les chrétiens étaient des disciples faits ils seraient sur leurs genoux et recevraient eux-mêmes une réponse de Dieu sans avoir besoin de courir après de tels pasteurs….on est déjà considérés comme membres de sectes car on n’est pas catho alors avec de telles émissions le diable se frotte les mains (il y en avait déjà eu une il y a 2 ou 3 ans sur certaines églises d’Afrique)!

  3. Nathan   •  

    L’EGLISE CATHOLIQUE ET SES BORDELS:

    A Paris, l’Eglise catholique exploitait 3000 bordels et 40 000 prostituées : mères célibataires, vierges violées, veuves ou répudiées
    « On ne peut traverser le pont d’Avignon sans rencontrer deux moines, deux ânes et deux putains. » Ce célèbre adage médiéval témoigne de la vitalité du « plus vieux métier du monde » dans la cité des papes. Mais bien d’autres villes de France peuvent se targuer d’une telle réputation. S’il est certain que l’Église et l’État exploitaient les bordels et prostituées déclarées, rien n’atteste qu’ils géraient la totalité des 3000 bordels parisiens du 15e siècle, et des 40 000 prostituées parisiennes du 18e siècle, pour la plupart clandestines.

    L’Église contrôle la sexualité pour garantir des héritiers légitimes

    Le Moyen-âge s’étend sur près d’un millénaire, de 476 (chute de Rome) à 1453 (fin de la guerre de Cent-Ans). Compte tenu du rôle de l’Église dans la prostitution, il est utile de marquer son début en France avec la conversion chrétienne (496) de Clovis, roi des Francs. Ce baptême marque en effet le début du lien entre le clergé et la monarchie française, dorénavant le souverain règne au nom de Dieu et seuls ses descendants légitimes (fils conçus dans le mariage) peuvent accéder au trône. La légitimité passe par la foi catholique et par les liens sacrés du mariage (seul garant de la reconnaissance de paternité). On remarquera qu’au Vatican, l’âge du mariage est aujourd’hui encore de 14 ans pour les filles, il était de 12 ans jusqu’au début du XXe siècle. Fort de l’autorité divine, le clergé catholique se donne comme mission sociale de réglementer la sexualité (virginité & chasteté). Cette réglementation se colore à la fois du rôle sexuel pervers attribué à la femme dans la chute biblique de l’homme (la pomme d’Ève) et d’une application confrontée aux débauches et contingences de l’époque (la paternité n’est plus garantie). Inutile de dire que la prostitution n’a officiellement pas droit de cité.

    En croisade contre le sexe

    Durant ce millénaire, pas moins de 25 conciles, dont quatre des conciles du Latran, vont en effet exiger la chasteté avant le mariage, condamner le plaisir sexuel et interdire les positions qui ne servent pas uniquement à la procréation. Toutefois, malgré les nombreux interdits et exigences de l’Église, tous les actes sexuels illicites se pratiquent, et pas toujours en cachette, loin de là! Ainsi en est-il de la prostitution, une pratique hautement dénigrée par l’Église, et pourtant répandue à travers toute la France, y compris par les bons offices des religieux et religieuses, avec le soutien dévoué de la noblesse…

    Pour prévenir les viols collectifs

    Le terme « viol » n’apparaît qu’au XVIII° siècle. Avant on parle d’efforcement ou de défloration si le viol a lieu sur une femme vierge. Le viol est très courant à l’époque médiévale, cependant peu de plaintes sont à noter : peur des représailles, honte sur la famille… Ces viols sont le fait des jeunes hommes. En bande, ces jeunes citadins « chassent la garce ». On les appelle les « hommes joyeux ». L’affirmation de la virilité entraîne fréquemment un déchaînement de violence et se traduit par des viols collectifs commis sur des femmes isolées et faibles, réputées communes. Soucieuses d’éviter ces dérapages, les autorités encouragent l’essor d’une prostitution officielle. La prostitution est un phénomène de sécurité publique et donne satisfaction aux pulsions les plus enfouies. Comme certains le disent, la prostitution est un mal nécessaire. Les prostituées ont une responsabilité sociale : défendre l’honneur des femmes « d’estat » (femme de vertu) et lutter contre l’adultère. Le prostibulum peut être alors considéré comme une institution de paix où les jeunes tempèrent leur agressivité.

    Femmes sans maris, femmes sans honneur

    Les femmes victimes de ses viols sont rarement des fillettes car l’homme sera réprimé très sévèrement, ni des femmes de milieu aisée car cela peut être parfois considéré comme un crime. Le plus souvent, les victimes sont des femmes célibataires, des veuves ou des épouses délaissées, des femmes qualifiées de déshonnêtes car elles n’ont plus de maris. Seul le statut d’épouse ou de mère est valorisé et reconnu. Ces femmes sont souvent issues de milieux démunis, servante ou épouse d’ouvrier car la sanction sera faible voire inexistante. Par conséquence, La femme est diffamée par le viol, elle y perd son honneur (la Fame Publica). Ainsi, une femme célibataire aura des difficultés à trouver un époux et une femme sera vraisemblablement abandonnée par son mari.
    Une nécessité sociale de la chrétienté

    Un mal nauséabond pour prévenir la fornication et l’adultère

    Saint Augustin à propos de la prostitution au 5ème siècle : « Supprimez les prostituées, vous troublerez la société par le libertinage ».

    À partir de la fin du XIIIe siècle, et ce, jusqu’au XVe, le métier est vu plutôt comme une pratique immuable. La tradition chrétienne considère la prostitution comme un moindre mal nécessaire. Les Pères de l’Église en témoignent, d’Augustin d’Hippone au IVe siècle qui estime qu’elle est naturelle et permet de protéger les femmes honorables et les jeunes filles du désir des hommes, jusqu’à Thomas d’Aquin au XIIIe siècle, qui juge qu’elle est nécessaire à la société comme les toilettes à une maison :

    « Cela sent mauvais, mais sans elle(s), c’est partout dans la maison que cela sentirait mauvais. »

    La prostitution est d’ailleurs tellement naturelle que, pour plusieurs théologiens, il est préférable qu’une femme y pousse son mari plutôt que de consentir à certains rapports sexuels considérés, eux, comme de graves péchés. Dans une perspective du moindre mal, ces femmes sont sacrifiées pour un bien supérieur, l’ordre public. Souvent, en effet, c’est la permanence des viols par bandes organisées qui amène les municipalités à se poser la question d’organiser la prostitution afin de canaliser l’agressivité sexuelle des hommes.

    Les bordels de l’Église, un mal naturel pour éviter le péché

    Au Moyen Âge, les responsables de l’ordre public, municipalités, seigneurs laïcs ou ecclésiastiques (évêques, abbés et pape), organisent progressivement la prostitution, déjà à partir du XIIe siècle, et surtout à partir du XIVe siècle, en tirant un profit financier. On trouve même des bordels possédés par des monastères ou des chapitres. La prostitution est toujours considérée comme naturelle, comme un moindre mal. Au cœur des cités méridionales, les maisons de fillettes, les châteaux gaillards et autres maisons lupanardes deviennent des institutions municipales, entretenues et inspectées par les consuls. On précisera que la majorité sexuelle est toujours de 12 ans au Vatican (elle était de 11 ans en France en 1832). En Italie du Nord, les autorités expliquent même que le recrutement de prostituées attirantes permettra de convaincre les jeunes gens de se détourner de l’homosexualité. Les villes et les bourgs ouvrent ainsi officiellement des maisons municipales de prostitution ou bien désignent les quartiers de la cité, généralement ses faubourgs, où la prostitution sera tolérée.

    Plus lucratif que les dons des fidèles

    D’ailleurs, Voltaire rapportait que l’évêque de Genève administrait tous les bordiaux de ces terres. Dominique Dallayrac va même jusqu’à avancer que la prostitution amena plus de richesse au clergé que tous leur fidèles réunis. St-Thomas d’Aquin raconte également que des moines perpignanais organisaient une collecte de fond pour ouvrir un nouveau bordel, dont ils vantaient le mérite; « oeuvre sainte, pie et méritoire ». D’ailleurs, La chose ira encore plus loin, car en 1510, le pape Jules II fit construire un bordel strictement réservé aux chrétiens.

    La Chapelle Sixtine financée grâce à la taxe sur la prostitution

    Pour renflouer les finances du Vatican et payer les corporations travaillant sur la chapelle qui portera son nom, le pape Sixte IV (1414 – 1484) eut l’idée géniale de taxer toutes les prostituées et les prêtres concubinaires dans les Etats Pontificaux, y compris Rome. Cette taxe rapporta au Vatican 30.000 ducats par an. Une véritable fortune. Selon les données statistiques de 1477, il y avait 6.300 prostituées reconnues officiellement et des nombreux célibataires. Le projet avait été lancé en 1046 par le Pape Clément II, Suidger de Morsleben et Hornburg (1005-1048) d’origine allemande, qui avait obligé toutes les prostituées romaines à verser un impôt au saint-siège sur chaque rencontre avec un nouveau client.

    S.S. Sixte IV, un pape pédéraste, incestueux et proxénète

    Afin de profiter de cette manne financière, le pape Sixte VI (1414 – 1484) acquis lui-même une maison close devenant un proxénète. Jusqu’à son élection, Sixte IV jouissait d’une bonne réputation. Sous son pontificat, il fit l’objet de jugements controversés dus à l’emprise que ses neveux prirent sur lui. De fait, il nomma cardinal de nombreux jeunes gens, célèbres par leur beauté, parmi lesquels son neveu Raphaël Riario – cardinal à 17 ans, accusé d’être son amant. On prétendit aussi que le goût du pape pour les garçons était notoire. Le théologien Balaeus (xvie siècle) assure de manière peu vraisemblable que Sixte IV aurait donné aux cardinaux « l’autorisation de pratiquer la sodomie pendant les périodes de grandes chaleurs ». C’est ce que l’on appelait alors le « vice italien ». Aujourd’hui encore, la majorité sexuelle au Vatican est de 12 ans.

    La vie sexuelle des papes: Meurtres, prostitution, pédérastie

    Le palais papal, un lieu maudit

    C’est un pape aux mœurs corrompues, Léon III (du 26 décembre 795 au 12 juin 816) qui couronna à Rome au mois de décembre de l’an 800, l’empereur Charlemagne (742-814). Étant réputé pour aimer la bonne chère, le vin et surtout les plaisirs charnels, Léon III échappa à une tentative d’assassinat complotée par deux prêtres désireux de débarrasser Rome et l’Église de ce pape dépravé. Étienne IV (du 22 juin 816 au 24 janvier 817) ne fut pape que quelque mois, mais son successeur, Pascal 1er (du 25 janvier 817 au 11 février 824) mena une vie de débauche qui, pendant les sept années de son pontificat, fit de la ville sainte et du palais papal des lieux maudits où libre cours sexuel était donné a toutes formes de perversions inimaginables.

    Le lupanar privé du pape

    Venu a Rome pour se faire sacrer empereur, Lothaire (795-855), petit-fils de Charlemagne, fut scandalise par tout ce désordre et fit des remontrances très sévères a Pascal. Le saint-père promit a Lothaire de reformer ses mœurs mais des que celui-ci eut le dos tourné, Pascal Ier emprisonna deux humbles prêtres pour avoir dénoncé ses comportements pervers. Comme sentence exemplaire on leur arracha la langue et les yeux avant de les décapiter. Plus tard, le pontificat de Léon IV (du 10 avril 847 au 12 juillet 855) sembla être au-dessus de tout soupçon jusqu’au jour où certains chroniqueurs de l’époque affirmèrent que le pontife avait installé dans sa propre maison un couvent de religieuses afin de s’adonner avec celles-ci a des plaisirs sexuels » très torrides « .

    La légende de la papesse Jeanne

    C’est a partir de la fin de la papauté de Léon IV que naquit plusieurs légendes a connotations sexuelles qui fortifièrent l’histoire de la papesse Jeanne. Il est très peu probable qu’une femme ait succédé a Léon IV sur le trône de la chrétienté, vers l’an 856, comme le veut la légende qui prit naissance au milieu du 13ème siècle, et racontée par l’entremise des chants des troubadours et des ménestrels.

    Un pape gay en prison, assassiné par ses « mignons »

    Celle-ci fut vraisemblablement inspirée par l’histoire malheureuse d’un pape dévergondé du nom de Jean VIII (du 14 décembre 872 au 16 décembre 882). Jean VIII fut reconnu comme étant un pape débauché qui fut jeté plusieurs fois en prison parce qu’il ne s’occupait pas de ses charges pontificales. Ce pape homosexuel, qui aimait les jeunes garçons, connut une fin tragique aux mains des membres de la famille de l’un de ses » mignons » qui, trouvant que le poison qu’ils lui avaient administre n’agissait pas assez vite, lui fracassèrent le crane a coup de marteau.

    FIN.

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