Newt Gingrich et le peuple palestinien « inventé », par Daniel Pipes

 »Transmis par Françoise Grard – 10 décembre 2011- Source http://fr.danielpipes.org/blog/2011/12/newt-gingrich-peuple-palestinien-invente

L’ancien président de la Chambre des représentants députés et actuel candidat républicain à la présidentielle (Gingrich ) a déclaré hier que «la Palestine ne pouvait être considérée comme un Etat. Elle faisait partie de l’Empire ottoman. Nous avons inventé le peuple palestinien, lequel est en fait composé d’ Arabes, fait historiquement partie du peuple arabe et a eu la possibilité d’aller s’installer dans plusieurs endroits. »

Tout le monde, de l’OLP jusqu’à un porte-parole de Mitt Romney ancien gouverneur des Massachusetts, est tombé sur Gingrich à bras raccourcis pour cette affirmation, mais il se trouve que c’est tout à fait exact: les musulmans arabophones ne se sont pas identifiés eux-mêmes comme «Palestiniens» jusqu’en 1920, quand, de façon rapide cette appellation et cette identité ont été adoptées par les Arabes musulmans vivant sous le mandat britannique s’exerçant sur la Palestine.

Article du 13 septembre 2000:

L’Année où les Arabes ont découvert la Palestine

par Daniel Pipes, Jerusalem Post

http://fr.danielpipes.org/8571/arabes-ont-decouvert-palestine

Aujourd’hui est le jour où la naissance d’ un Etat palestinien était presque déclarée – pour la troisième fois.

Le 1er Octobre 1948, le mufti de Jérusalem, Haj Amin Husseini, mit sur pied le Conseil national palestinien à Gaza et proclama l’existence d’un gouvernement général de Palestine.

En théorie, cet état déjà gouvernait la bande de Gaza et bientôt contrôlerait toute la Palestine. En conséquence, il était né avec une gamme complète de ministres pour la pleine proclamation d’une Palestine libre, démocratique, de nature souveraine. Mais tout cela était un leurre. Gaza était régi par le gouvernement égyptien, les ministres n’avaient rien à surveiller, et le gouvernement de toute la Palestine-jamais été instauré nulle part. Au lieu de cela, cette façade rapidement s’effrita.

Presque exactement quarante ans plus tard, le 15 Novembre 1988, un Etat palestinien était proclamé à nouveau, encore une fois lors d’une réunion du Conseil national palestinien.

Cette fois, Yasser Arafat l’avait fait naître. D’une certaine manière, cet état était encore plus vain que le premier, ayant été proclamé à Alger, à près de 3.000 kilomètres de distance de la Palestine et quatre frontières loin de la Palestine, et sans avoir un centimètre de contrôle du territoire qu’elle revendiquait. Bien que la Déclaration d’Alger ait reçu une attention considérable à l’époque (en première page du Washington Post on pouvait lire « l’OLP proclame l’Etat palestinien »), une dizaine d’années plus tard, elle est presque aussi oubliée que la déclaration de Gaza qui l’a précédée.

En d’autres termes, la déclaration d’aujourd’hui d’un Etat palestinien aurait rechapé un terrain rebattu.

Nous ne savons pas ce que la déclaration d’aujourd’hui aurait dit, mais comme le document de 1988, elle aurait probablement fait valoir que « le peuple arabe palestinien a forgé son identité nationale» dans l’antiquité lointaine.

En fait, l’identité palestinienne remonte, non pas à l’antiquité, mais précisément à 1920. Aucun « peuple palestinien arabe » n’existait au début de 1920, mais en décembre il a pris tournure sous une forme manifestement semblable à celle d’aujourd’hui.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les résidents vivant dans la région comprise entre le Jourdain et la Méditerranée se sont identifiés principalement en termes de religion: les musulmans se sentaient avoir des liens bien plus forts avec leurs lointains coreligionnaires qu’avec les chrétiens et les juifs qui se trouvaient à proximité. Vivre dans cette région n’impliquait aucun sentiment d’objectif politique commun.

Puis vint d’Europe l’idéologie du nationalisme ; son idéal d’un gouvernement qui incarne l’esprit de son peuple était étranger aux gens du Moyen-Orient, mais cela les séduisait.. Comment et de quelle manière appliquer cet idéal? Qui constitue une nation et où doivent être les frontières? Ces questions suscitèrent des débats énormes.

Certains ont dit que les résidents du Levant étaient une nation; d’autres ont dit ceux qui parlent l’arabe oriental, ou tous les arabophones, ou tous les musulmans.

Mais personne n’a suggéré « les Palestiniens », et pour de bonnes raisons. La Palestine, alors une manière laïque de dire Eretz Yisra’el ou Terra Sancta, incarne un concept purement juif et chrétien, tout à fait étranger aux musulmans, et même il leur répugne.

Ce dégoût a été confirmée en avril 1920, lorsque les forces britanniques d’occupation ont taillé une Palestine « . » Les musulmans ont réagi de façon très méfiante, à juste titre considérant cette désignation comme une victoire pour le sionisme. Avec moins de précision disons qu’ ils s’inquiètaient de ce qui pouvait signaler une reprise de l’impulsion des Croisés. Aucune voix éminente musulmane n’a approuvé la délimitation de la Palestine en 1920; tous ont protesté.

Au lieu de cela, les musulmans résidant à l’ouest de la Jordanie firent allégeance à Damas, où régnait l’arrière-arrière grand-oncle du roi de Jordanie Abdallah II; ils se sont identifiés eux-mêmes comme des Syriens du Sud.

Fait intéressant, aucun ne préconisa cette affiliation avec plus d’insistance qu’un jeune homme nommé Amin Husseini. En Juillet 1920, cependant, les Français ont renversé ce roi hachémite, entraînant en même temps un processus de mise à mort de la notion de Syrie du Sud.

Isolée à cause des événements d’avril et Juillet, les musulmans de Palestine ont fait contre mauvaise fortune bon coeur. Un éminent Hiérosolymitain (de Jérusalem) a commenté, quelques jours seulement après la chute du royaume hachémite: « après les récents événements à Damas, nous devons effectuer un changement complet dans nos plans ici. La Syrie du sud n’existe plus. Nous devons défendre la Palestine. »

À la suite de cet avis, le leadership en Décembre 1920 a adopté l’objectif d’établir un Etat palestinien indépendant. En quelques années, cet effort a été mené par Husseini.

D’autres identités – syrienne, arabe et musulmane – ont continué à rivaliser, des décennies après, avec l’identité palestinienne, mais celle-ci a maintenant balayé les autres, les mettant de côté et elle règne en maître.

Cela dit, le fait que cette identité soit d’origine si récente et rapide suggère que la primauté palestinienne est superficiellement enracinée et qu’elle pourrait éventuellement prendre fin, peut-être aussi vite qu’elle a commencé.

Pour plus de détails, voir un long article de moi de 1989 sur le sujet (en anglais: http://www.danielpipes.org/8025/the-year-the-arabs-discovered-palestine).

Version originale anglaise: Newt Gingrich and the « Invented » Palestinian People

Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

  8Comments

  1. Daniel Jackson   •  

    Super article !

    Oui le "peuple palestinien" est une pure invention. Déjà le mot "palestine" a été donné à la Terre d’Israël par un empereur romain pour effacer toute trace de "judaité" à la Terre.
    Donc même un croyant de ne devrait pas utiliser ce terme là mais utiliser Israël, nom que D. Lui-même (!!!) à donner !

  2. pascal lubrano   •  

    Bonjour,
    J’ai à la maison plusieurs Bibles de differentes versions. Et ce qui m’a tjrs choqué, c’est de voir écrit"la palestine du temps de Jésus" "La palestine au temps de David" C’est écrit tjrs a côté de l’échelle, j’en ai même une ou c’est écrit, " la terre sainte au temps de Jésus" On dit pas la Gaule au temps de Mitterand ou Chirac, on dit pas "la Seine polluée" du temps de Sarkozy, on dit bien la France. Alors Messieurs les éditeurs de Bible et livres, svp, on dit "ISRAEL DU TEMPS DE…" Merci
    Pas bien édifiant ce commentaire, mais ça m’énerve et ce matin je suis mal tourné
    Shalom

  3. Daniel Jackson   •  

    @ pascal : si, très édifiant ! Perso je met du blanco sur ces cartes ^^ Même dans les commentaires de la Thompson on voit des "la palestine de l’époque" etc. Du coup je barre tout. Et y’a pas que ça que je barre.

    Les Bibles sont sensées être faites par des théologiens donc connaisseurs, mais quelque soit la version, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai barré des mots/phrases car mal traduites par rapport à l’hébreu, des commentaires à n’en plus finir, etc. J’ai même collé des feuilles blanches sur des pages du style : "Jésus-Christ a aboli la loi, maintenant c’est la grâce". Ca pique les yeux ces horreurs.

    Pensées chrétienne déjudaïsées, quand tu nous tiens :s

  4. nabzed   •  

    Dans le même ordre d’idées, il faudra éviter de montrer la mosquée d’Omar comme symbole de Jérusalem

  5. Roland   •  

    Madame AV, vérifiez plutôt vos sources avant de publier un sujet de réflexion. Vous me semblez pécher en eaux profondes sans prêter attention à la qualité du fretin que vous ramenez.

    ETATS-UNIS : LES INFIDELITES CONJUGALES (ET FATALES ?) DE NEWT GINGRICH
    Thomas Snegaroff

    La question n’a jamais été de savoir si on allait ou pas en parler, mais quand on allait le faire. Quand le tumultueux passé conjugal de Newt Gingrich allait remonter à la surface.

    A moins de deux semaines du caucus de l’Iowa, un Etat très conservateur qui ouvre la primaire républicaine, le moment semble venu pour les stratèges de l’équipe de campagne de Mitt Romney qui s’inquiète visiblement, et à juste titre, de la montée en puissance de l’ancien speaker de la Chambre des représentants.

    NEWT GINGRICH, INFIDELE REPENTI

    Gingrich parle beaucoup de Dieu ces temps-ci. Converti au catholicisme en 2009, il est pourtant soutenu par le ban et l’arrière ban des pasteurs les plus conservateurs, pour qui, aujourd’hui, un fervent catholique, proche à bien des égards des baptistes du Sud qu’il a quittés, vaut mieux qu’un mormon.

    L’un des plus radicaux, homophobe et islamophobe convaincu, Jerry Falwell, invoque l’histoire biblique dans laquelle une femme mariée cinq fois rencontra Jésus qui lui pardonna.

    Les mêmes avaient été moins miséricordieux avec Bill Clinton et Gingrich en tête, lui qui fut le principal artisan de l’« impeachment » qui frappa le Président. Ironie : on sut plus tard qu’au même moment, Gingrich trompait allègrement sa deuxième femme avec celle qui allait devenir sa troisième femme (l’actuelle).

    Quant à la première, Jackie Battley, une sale histoire empoisonne la biographie de Gingrich : en 1980, il lui aurait apporté les papiers du divorce à l’hôpital alors qu’elle luttait contre un cancer…
    Fidèle, fidèle, je suis devenu fidèle…

    LA DEFENSE DE GINGRICH EST SIMPLE. RECONNAITRE SON INFIDELITE PASSEE, EN AVOIR « HONTE », ET DEMANDER LE PARDON, NON DES HOMMES, MAIS DE DIEU. Puis, affirmer, la main sur le cœur, défendre aujourd’hui les valeurs du mariage (entre un homme et une femme, évidemment). Il a ainsi répondu à la demande d’engagement émanant de la très religieuse et conservatrice The Family Leader en écrivant

    « Je m’engage également à respecter l’institution du mariage dans la fidélité personnelle à mon épouse et le respect des liens conjugaux des autres. »

    Cela suffira-t-il ? Difficile à dire d’autant plus que Mitt Romney vient de sortir de son chapeau son épouse, Ann, qui longtemps afficha un refus poli de s’engager dans la campagne.

    Ann, l’arme fatale de Mitt ?

    Les temps changent. Ann Romney est en mission. Devant quelques femmes réunies chez l’une d’entre elles – et quelques journalistes, bien sûr – elle raconte la fidélité de son époux depuis 42 ans et son soutien sans faille quand elle fut victime de scléroses multiples qui l’épuisèrent pendant plusieurs mois. Et pour bien enfoncer le clou, Ann Romney précise enfin :

    « Il est là, il est fidèle, vous pouvez compter sur lui. Il ne vous abandonnera pas dans les moments durs. »

    Le samedi 10 décembre, dans un énième débat entre candidat républicain, le Texan Rick Perry a achevé la démonstration :

    « Si vous trompez votre femme, vous tromperez vos partenaires en affaires. »

    Au moment où Mitt Romney est de plus en plus attaqué sur ses nombreux changements d’avis politiques, les stratèges font coup double. Présenter un homme fidèle à son épouse, et donc (selon eux), à ses idées. Chez les républicains, le puritanisme a de belles années devant lui.

    blogs.rue89.com/amerique-…

    Michelle: comme le dit Véronique, cela ne change rien au fait que le peuple « palestinien » est une invention !!! Ce n’est pas monsieur Gingrich qui est en jugement ici: je ne le connais même pas ! Je ne sais rien de lui, donc le procès que vous lui faites n’a rien à voir avec le sujet de l’article !

    Est-ce que ce qu’il dit sur le « peuple palestinien  » est juste ou faux ? Ce n’est pas parce qu’un homme n’est pas moralement blanc bleu (vous l’êtes ? vous-même, vous qui jugez si bien l’abomination qu’est, selon vous, Monsieur Gingrich ?) qu’il n’est pas capable de dire des vérités qui en dérangent beaucoup, car elles sont basées sur des faits avérés ! En l’occurrence, il ne s’agit que de faits historiques…. Alors, cessez de déclarer que nos sources sont mauvaises et lisez l’article !

    D’ailleurs, je pense que l’auteur de l’article, que vous, vous nous balancez, avait pour intention évidente de discréditer Gingrich, justement à cause de ses déclarations sur le « peuple palestinien ». Et je pense que vos intentions sont sans doute les mêmes, car vous aussi vous ne supportez pas la vérité !

  6. Nicole N   •  

    Je suis très heureuse de lire cet article. Je croyais en la véracité des informations diffusées sur les chaînes de télévisions à propos de la Palestine. Je pensais que Israël exagérait un peu. Mais là, je découvre le pouvoir diabolique des médias!
    terrible!

  7. Annie P   •  

    "Dreuz.info lance une opération 1 député = 1 livre" :

    voir sur le site DREUZ l’initiative proposée: envoyer un livre de Guy Millière et David Horowitz « Comment le peuple palestinien fût inventé » à chaque député !
    Une souscription est ouverte à cet effet !

    J’ai personnellement participé : si quelques-uns de nos députés le lisent, ils ne pourront pas dire "on ne savait pas !"

    http://www.dreuz.info/2012/01/dr...

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