L’ETRANGER DANS LA BIBLE, par Victor Escroignard

De nombreuses confusions sont commises quant à l’usage du mot « étranger » dans la Bible, du fait que ce seul mot recouvre plusieurs termes quelques fois même, pratiquement opposés. Pour obtenir une compréhension claire de ces différents sens, il faut revenir au texte original. Dans nos versions de la Bible, le mot -étranger- recouvre en fait trois appellations distinctes dans les textes vétéro-testamentaires, qui sont : nékhar, zar, guèr.

Nous citerons plusieurs passages afin d’illustrer les divers sens du mot –étranger– :

De nombreuses confusions sont commises quant à l’usage du mot « étranger » dans la Bible, du fait que ce seul mot recouvre plusieurs termes quelques fois même, pratiquement opposés. Pour obtenir une compréhension claire de ces différents sens, il faut revenir au texte original.

Dans nos versions de la Bible, le mot -étranger- recouvre en fait trois appellations distinctes dans les textes vétéro-testamentaires, qui sont : nékhar, zar, guèr.

Nous citerons plusieurs passages afin d’illustrer les divers sens du mot –étranger-.


I DIFFERENT

Tout d’abord le terme –nékhar– auquel sont associés les notions d’étrangeté, d’aspect insolite, hétéroclite, hétérogène, singulier, qui marque la différence soit par l’habillement, la couleur de peau, les coutumes, etc… Ce mot ne contient aucun sens péjoratif, il est dénué de toute subjectivité et ne recouvre donc aucune valeur morale.

Voici deux passages bibliques dans lesquels ce mot figure :

Néhémie 13 :30 :

« Je purifierai le Sacerdoce et l’Alliance de tout élément étranger (nékhar) ».

Abdias 1 :12 :

« Au jour où il sera méconnaissable (nakharo) par le malheur ».


II PROFANE

Le terme –zar– qui lui aussi est traduit par étranger, se rattache à la racine -zour- qui signifie répugnant, odieux, horreur, dégoût.

Nous trouvons ce terme dans :

Job 19 :17 :

« Mon souffle (ou mon haleine) est odieux zara ».

Nombres 3 :4 :

« Nadab et Abihou moururent devant l’Eternel lorsqu’ils apportèrent un feu étranger (èsh zara) impur ».

Nombres 3 :10 :

« Tu établiras Aaron et ses fils pour qu’ils observent les fonctions de leur sacerdoce ; et l’impur (l’infâme) ha-zar qui s’approchera sera puni de mort »

Lévitique 22 :12 :

La fille d’un Cohen (sacrificateur) mariée à un zar (infidèle) ne mangera pas des choses offertes par élévation ».

Deutéronome 23 :2 :

« Le mamzèr n’entrera point dans l’assemblée de l’Eternel ».

Les rabbins du Talmud traduisent -mamzèr- par « bâtard ».

Si on décompose ce mot : mé- ‘am- zar , cela signifie – provenant d’un peuple impur-.

Les peuples décrits dans le chapitre 7 du Deutéronome sont des peuples « zarim », car ils étaient complètement voués aux abominations. Pour cette raison Israël devait les exterminer, et n’avoir aucun contact avec eux (Deutéronome 20 :16-18).


III RESIDENT

Le troisième terme est –guèr-, il est cité à maintes reprises, en voici quelques exemples :

Lévitique 19 :34 :

« Vous traiterez l’étranger ha-guèr en séjour ha-gar parmi vous, comme un indigène du milieu de vous ; vous l’aimerez comme vous-même, car vous avez été étrangers guérim (résidents) dans le pays d’Egypte. Je suis l’Eternel, votre Dieu »

Il est à noter que le nom d’Agar, la servante de Sarah, est construit sur les mêmes racines que le mot -séjour-, qu’elle est Egyptienne, et que privée de séjour auprès de sa maîtress, elle errera igguéréth au désert. Plus tard, les enfants d’Israël résideront guèrim en Egypte sur invitation personnelle de Pharaon (Genèse 47 :6) et seront réduits par la suite en esclavage.

Tous ces termes sont construits sur une racine dont le verbe est -lagour- et signifie résider, demeurer :

« Si un étranger guèr en séjour ki-yagour chez toi, veut faire la Pâque de l’Eternel, tout homme de sa maison devra être circoncis » (Exode 12 :48).

Nous pouvons au moyen de ces exemples, saisir facilement toutes les nuances extrêmement importantes que recouvre ce terme dans nos Bibles.

Nous devons retenir qu’il y a l’étranger/nékhar qui se distingue par son habillement, la pigmentation de sa peau ou sa morphologie, mais auquel ne s’ajoute aucune valeur éthique, morale ou sociologique. Ces différences superficielles de races, de cultures, n’empêchent pas les Chrétiens dans l’Eglise, Corps de Christ, d’être frères et sœurs, soudés dans une foi et une espérance communes.

Par contre, il est important de distinguer les deux catégories d’étrangers suivants, par ce qu’elles sont antagonistes :

Il y a l’étranger/zar hostile, voire ennemi des valeurs morales et spirituelles du Peuple de Dieu, cet étranger symbolise le blasphémateur, l’homme inique, malfaisant, débauché, odieux, idolâtre, en rébellion contre Dieu. Le terme approprié pour définir ce type d’étranger est –profane-, c’est celui dont l’Ecriture nous dit :

« Ne vous mettez pas avec les INFIDELES sous un joug ETRANGER. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? Ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle ? » (2Cornthiens 6 :14-15).

Enfin il y a l’étranger sollicité par la grâce de Dieu qui devient un disciple que le Seigneur accueille parmi son peuple et dans lequel il se fond complètement, en adoptant toutes les exigences spirituelles qui lui incombent (Matthieu 11 :29-30).

L’Ecriture nous donne de saisissantes images d’intégration dans le peuple de Dieu, de personnes à l’origine, totalement exclues de cette possibilité : Rahab la prostituée de Jéricho ,et Ruth la Moabite.

De par le fait qu’elle était prostituée, Rahab était exclue : (Deutéronome 23 :17), mais à cause de sa foi, elle fut rendue juste (Hébreux 11 :31).

Une émouvante image nous est donnée au travers de Ruth la Moabite qui dit à Naomi :

« J’IRAI où tu iras, où tu demeureras, JE DEMEURERAI ; ton peuple sera MON PEUPLE, et ton Dieu sera MON DIEU, et là où tu mourras JE MOURRAI… » (Ruth 1 :16-17).

Ruth appartenait à un peuple « zar » que les Israélites étaient tenus de considérer comme odieux parce que d’origine incestueuse, mais par son choix de servir le Dieu d’Israël, Ruth devint une « guéra », une résidente de plein droit et à demeure dans le Peuple Elu, une « naturalisée » du Peuple de l’Alliance. Quelle merveilleuse image de la Grâce !

« C’est pourquoi, vous autrefois païens ( en grec : èthné/nakhim en hébreu) peuples disparates dans la chair, appelés incirconcis par ceux qu’on appelle circoncis, et qui le sont dans la chair par la main de l’homme, souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité (apellotrauménoï en grec/ag-grim en hébreu, privés d’affranchissement en Israël, autrement dit : privés de résidence dans le peuple de Dieu), étrangers (zénoï en grec/zarim en hébreu) aux alliances de la promesses, sans espérance et sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ » (Ephésiens 2 :11-13).

Chers frères et sœurs, quoique étrangers par nature (Romains 11 : 13), nous sommes invités à entrer dans la Jérusalem Céleste. Mais deux alternatives seules s’offrent à nous : l’intégration totale (Romains 8 :17) par une « naturalisation spirituelle», ou un rejet total :

« Le Roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçu là un homme qui n’avait pas revêtu un habit de noce. Il lui dit : mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noce ? Cet homme eut la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs : Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matthieu 22 :11-13).

« Jésus lui dit : Je suis la Porte des brebis » (Jean10 :7).

« En vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand » (Jean10 :1).

Avons-nous notre habit de noces ? Avons-nous notre robe lavée dans le sang de l’Agneau de Dieu ?

Victor Escroignard



ETRANGER

Références dans l’Ancien Testament


GUER Résident

Genèse 17 :8, 19 :9, 23 :4, 28 :4 Exode 2 :22, 12 :1948-49, 18 :3,20 :10, 22 :20, 23 :9-12, Lévitique 16 :29, 17 :12, 18 :26, 19 :10-33-34 ,23 :22, 24 :16, 25 :6-25-47, Nombres 9 :14, 15 :14-16, 26-29-30, 19 :10, Deutéronome 1 :16, 5 :14, 10 :18-19, 14 :21-29, 16 :11-14, 23 :7, 24 :17, 24 :19-21, 26 :11-13, 27 :19, 28 :43, 29 :11, Josué 20 :9, 2Samuel 1 :13, 19 :15, 31 :32, Psaume 39 :13, 94 :6, 119 :19-54, Jérémie 7 :6, 14 :8, 22 :3 Ezéchiel 22 :7-29, 47 :23, Zacharie 7 :10, Malachie 3 :5


ZAR Profane

Exode 29 :33, 30 :9-33, Lévitique 10 :1, 22 :10-13, Nombres 1 :51, 3 :4-10-13, Nombres 1 :51, 3 :4-10-38, 18 :4-7, 26 :61, 35 :15, Deutéronome 25 :5, 1Rois 3 :18, Job 15 :19, Psaumes 44 :21, 69 :9, 81 :10, Proverbes 14 :10, 27 :2, Esaïe 43 :12, Osée 8 :12, Zacharie 9 :6


NAKHAR Hétérogène

Genèse 17 :12, Exode 12 :43, Lévitique 22 :25, Deutéronome 14 :21b, 15 :3, 17 :15, 23 :20, 29 :22, 32 :12, 2Samuel 15 :19, 22 :45-46, 1Rois 8 :41,-43, 2Chroniques 6 :32-33, 14 :2, Psaumes 18 :45-46, 144 :7-11, Ecclésiaste 6 :2, Esaîe 56 :3, 60 :10, 61 :5, 62 :8 Ezéchiel 44 :9, Daniel 11 :39, Malachie 2 :11

  3Comments

  1. deborah   •  

    Pk ne faites vous PAS un article sur la puce RFID qui va dès le mois de mars 2013 être IMPOSE à tous les américains? Cette puce qui n’est rien d’autre que LA MARQUE DE LA BETE? Du moins son aspect physique car la marque de la bête est avnt tout SPIRITUELLE.

    Michèle H : il y a déjà des articles à ce sujet : il faut les rechercher à l’aide du petit moteur à droite au-dessus du menu.
    La portée de l’article est capitale et est de bien plus grande importance que la puce. Tout un chacun est déjà averti de la marque mais nous avons à approfondir la Parole avant tout.

  2. bea   •  

    Bonjour! Il y a sans doute des articles sur le sujet, mais il n’en demeure pas moins que tout le monde ne le sait pas (une multitude), et que ça reste d’actualité tout comme le mariage homo… Moi par exemple, je savais bien que la puce devait être obligatoire pour 2013, mais je ne savais pas du tout que ça le serait au mois de Mars (je viens de l’apprendre)!
    Le peuple périt "réellement" faute de savoir, de connaissance, alors on ne se lassera de répéter les mêmes choses.

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