Note MAV – Des amis m’ayant envoyé par internet ce livre – que j’avais déjà  lu il y a bien des années – Je choisis de le mettre en ligne progressivement. Il peut être téléchargé entièrement ici: eti.martin.free.fr/la-mystique/…/les_deux_babylones_alexander_hislop.pdf – C’est un livre vraiment percutant, propre à  ouvrir les yeux de catholiques égarés dans cette Babylone romaine, et des partisans d’un œcuménisme papal qui fait partie intégrale de cette Babylone: « SORTEZ-D’ELLE, MON PEUPLE » (Apoc 18). Oui, ouvrons les yeux s’ils sont encore fermés

CHAPITRE 1

CARACTEÌ€RE DISTINCTIF DES DEUX SYSTEÌ€MES

Le premier point sur lequel j’appelle l’attention du lecteur pour démontrer l’origine Babylonienne de l’Église Romaine, c’est le caracteÌ€re de MysteÌ€re qui est particulier aux systeÌ€mes de la Rome moderne et de l’ancienne Babylone. Le prodigieux systeÌ€me de corruption morale et d’idolaÌ‚trie, dépeint sous l’embleÌ€me d’une femme qui tient aÌ€ la main une coupe d’or (Apocalypse XVII, 4) et qui enivre toutes les nations du vin de son impudicité (Apocalypse XVII, 2) est divinement appelé « MysteÌ€re, la Grande Babylone » (Apocalypse XVII, 5).

Tout homme sinceÌ€re qui examine soigneusement ce sujet, ne peut douter que le MysteÌ€re d’iniquité décrit par Paul, dans II Thessaloniciens II, 1-7, n’ait sa contrepartie dans l’Église de Rome. Telle était l’impression produite par ce tableau sur l’esprit du céleÌ€bre Sir Mathieu Haie, homme d’un discernement peu commun, qu’il tenait ce langage:  » »Si cette description de l’apoÌ‚tre était insérée dans le Cri d’alarme, le premier constable venu du royaume aurait le droit d’arreÌ‚ter n’importe ouÌ€ l’ÉveÌ‚que de Rome comme étant la personnification du mysteÌ€re d’iniquité« . Or, comme le systeÌ€me dont nous parlons est aussi caractérisé par le nom de « MysteÌ€re » », on peut présumer que les deux passages s’appliquent au meÌ‚me systeÌ€me. Mais le langage qui désigne la Babylone du Nouveau Testament, comme le lecteur ne peut manquer de le voir, nous rameÌ€ne aÌ€ la Babylone antique. De meÌ‚me que la femme dont parle l’Apocalypse, l’ancienne Babylone tient aÌ€ la main une coupe pour enivrer les nations.

Voici comment le Seigneur parlait de cette Babylone alors qu’elle était dans toute sa gloire, prophétisant ainsi son avenir par la bouche de Jérémie:  » »Babylone a été dans la main de l’Éternel une coupe d’or enivrant toute la terre; les nations ont bu de son vin, c’est pourquoi les nations ont été comme en délire. » » (Jérémie LI, 7). Pourquoi cette analogie de langage concernant les deux systeÌ€mes? Il faut évidemment conclure que l’un est la figure et l’autre la réalité. Or, comme la Babylone de l’Apocalypse est caractérisée par le nom de MysteÌ€re, de meÌ‚me ce qui distingue l’ancien systeÌ€me Babylonien, ce sont les mysteÌ€res chaldéens qui en formaient une partie essentielle. C’est aÌ€ ces MysteÌ€res que le langage symbolique du propheÌ€te hébreu fait distinctement allusion lorsqu’il parle de Babylone comme d’une « coupe d’or« . On ne pouvait, dit Salverté6, eÌ‚tre initié aÌ€ ces MysteÌ€res sans avoir bu préalablement des breuvages mystérieux. Ces breuvages étaient composés de vin, de miel et de farine7. Quelques substances étaient ouvertement employées; d’autres, tenues dans le secret, mais connues néanmoins8, nous font voir que ces boissons étaient enivrantes, et les aspirants n’étaient préparés aÌ€ voir et aÌ€ entendre ce qu’on leur réservait, que lorsqu’ils avaient ressenti leur influence, que leur intelligence s’était obscurcie et que leurs passions avaient été excitées par la boisson préparée.

Si l’on cherche quel était le but de ces MysteÌ€res, on verra qu’ils avaient une analogie extraordinaire avec le « MysteÌ€re d’iniquité » personnifié dans l’Église Romaine. Leur premier objet était de faire connaiÌ‚tre peu aÌ€ peu, sous le sceau du secret et la sanction d’un serment, ce qu’il n’aurait pas été prudent de dévoiler tout aÌ€ coup et ouvertement. L’époque ouÌ€ ils furent établis prouve que les choses se sont ainsi passées. Les MysteÌ€res Chaldéens peuvent eÌ‚tre assignés aÌ€ l’époque de Sémiramis, qui vivait seulement quelques sieÌ€cles apreÌ€s le déluge, et qui est céleÌ€bre pour leur avoir imprimé le caracteÌ€re de son esprit licencieux et corrompu9. Cette belle mais misérable reine de Babylone n’était pas seulement dans sa personne elle-meÌ‚me un modeÌ€le de convoitise effrénée et de déreÌ€glement, mais encore dans les mysteÌ€res qu’elle avait le plus contribué aÌ€ former10,

Elle était adorée comme Rhéaz, la grande MeÌ€re des dieux11, avec des rites tellement odieux qu’elle a été identifiée aÌ€ Vénus, la MeÌ€re de toutes les impuretés, et qu’elle a élevé la cité meÌ‚me ouÌ€ elle régnait aÌ€ une honteuse supériorité parmi les nations. C’est aÌ€ ce point qu’elle a été le grand sieÌ€ge de l’idolaÌ‚trie et de la prostitution sanctionnée12. C’est ainsi que cette reine de Chaldée était le prototype exact et remarquable de la femme de l’Apocalypse, ayant une coupe d’or aÌ€ la main, et sur le front le nom: « MysteÌ€re, la grande Babylone, meÌ€re des impudicités et des abominations de la terre » (fig. 1).

(Figure 1)

Fig. 1 – La forme de la coupe que tient cette femme est la meÌ‚me que celle de la coupe des rois Assyriens et elle est aussi tenue de la meÌ‚me manieÌ€re. Un correspondant nous cite un passage de Pline, relatif aÌ€ la coupe de Sémiramis qui tomba entre les mains de Cyrus victorieux. Ses proportions gigantesques doivent l’avoir rendue céleÌ€bre chez les Babyloniens et les nations avec lesquelles ils avaient des rapports. Elle pesait 15 talents ou 1200 livres.

L’embleÌ€me apocalyptique de la femme impudique avec la coupe d’or aÌ€ la main était meÌ‚me compris dans les symboles de l’idolaÌ‚trie dérivée de l’ancienne Babylone, tels qu’ils étaient représentés en GreÌ€ce, c’est ainsi, en effet, qu’on représentait Vénus aÌ€ l’origine13; et ce qui est curieux, c’est que meÌ‚me de nos jours, et pour la premieÌ€re fois, paraiÌ‚t-il, l’Église romaine vient de s’approprier ce symbole pour en faire l’embleÌ€me de son choix. En 1825, en effet, aÌ€ l’occasion du Jubilé, le pape Léon XII fit frapper une médaille portant d’un coÌ‚té sa propre image et de l’autre l’Église de Rome symbolisée par une femme qui tient aÌ€ la main gauche une croix et de l’autre une coupe avec cette légende: « Sedet super universum14 », elle a pour sieÌ€ge le monde entier (fig. 2).

(Figure 2)

Sémiramis vivant aÌ€ une époque ouÌ€ la foi patriarcale était encore assez puissante dans l’esprit des hommes, (puisque Sem était encore en vie15), pour rallier les aÌ‚mes fideÌ€les autour de la bannieÌ€re de la vérité et de la cause divine, il aurait été téméraire de proclamer tout aÌ€ coup et publiquement, un systeÌ€me comme celui qui fut inauguré par la reine de Babylone. Nous savons, d’apreÌ€s la déclaration de Job, que parmi les tribus patriarcales qui n’avaient rien aÌ€ faire avec les institutions mosaïques, mais qui adhéraient aÌ€ la foi pure des patriarches, l’idolaÌ‚trie, aÌ€ n’importe quel degré, était considérée comme un crime qui devait attirer sur la teÌ‚te du coupable un chaÌ‚timent terrible et sommaire:

« Si j’ai regardé le soleil quand il brillait et la lune quand elle s’avançait majestueuse, si mon coeur s’est laissé séduire en secret, si ma main s’est portée sur ma bouche, c’est un crime que doivent punir les juges, et j’aurais renié le Dieu d’en haut » (Job XXXI, 26-28).

S’il en était ainsi du temps de Job, aÌ€ plus forte raison en était-il de meÌ‚me aÌ€ l’époque plus reculée ouÌ€ les mysteÌ€res furent institués. Si donc l’idolaÌ‚trie s’introduisait, et en particulier une idolaÌ‚trie grossieÌ€re comme celle que le systeÌ€me Babylonien contenait en principe, il fallait nécessairement que ce fuÌ‚t en secret et aÌ€ la dérobée16. Quand meÌ‚me le souverain l’aurait introduite, elle aurait pu produire une réaction, et la partie de l’humanité demeurée fideÌ€le aurait fait de violents efforts pour la détruire; dans tous les cas, si elle s’était manifestée tout aÌ€ coup, dans toute son horreur, la conscience humaine se serait alarmée et l’on aurait manqué le but qu’on se proposait d’atteindre. Ce but était de soumettre tout le genre humain d’une manieÌ€re aveugle et absolue, aÌ€ une hiérarchie qui dépendait entieÌ€rement des souverains de Babylone.

AÌ€ cet effet, toute la science sacrée et profane fut monopolisée par le clergé17 qui la distribuait aÌ€ ceux qu’il initiait aux MysteÌ€res, selon que le demandaient les intéreÌ‚ts de son grand systeÌ€me de despotisme spirituel. C’est ainsi que partout ouÌ€ se propagea le systeÌ€me Babylonien, les hommes furent livrés aÌ€ la domination des preÌ‚tres. Ceux-ci étaient les seuls dépositaires des connaissances religieuses, seuls ils avaient la vraie tradition par laquelle on devait interpréter les rites et les symboles de la religion du peuple, et sans une soumission aveugle et entieÌ€re, les preÌ‚tres refusaient de faire connaiÌ‚tre ce qui était nécessaire au salut. Comparez cela avec les origines de la Papauté, avec son esprit et son « modus operandi » aÌ€ travers tout son développement, et vous verrez combien la ressemblance est exacte. Était-ce aÌ€ une époque de lumieÌ€re patriarcale que naquit le systeÌ€me corrompu des MysteÌ€res Babyloniens? Non. Or ce fut aÌ€ une époque de lumieÌ€res encore plus grandes que commença le systeÌ€me impie et antiscripturaire, qui a trouvé un développement si marqué dans l’Église romaine.

Il fut introduit du temps meÌ‚me des apoÌ‚tres, alors que l’Église primitive était encore dans sa fleur, que l’on pouvait voir partout les fruits glorieux de la PentecoÌ‚te, et que les martyrs scellaient, de leur sang, leur témoignage aÌ€ la vérité. MeÌ‚me aÌ€ cette époque ouÌ€ l’Évangile brillait d’une lumieÌ€re si vive, l’esprit de Dieu fit entendre, par la bouche de Paul, cette déclaration si distincte et si claire: « Le MysteÌ€re d’iniquité agit déjaÌ€. » (II Thessaloniciens II, 7). Le systeÌ€me d’iniquité qui commençait alors devait aboutir, selon les prophéties bibliques, aÌ€ une apostasie éclatante qui serait révélée en son temps d’une manieÌ€re terrible et continuerait jusqu’aÌ€ ce que « le Seigneur Jésus viendrait le détruire, par le souffle de sa bouche, et l’abolir par l’éclat de son aveÌ€nement« .

Mais il s’introduisit tout d’abord dans l’Église en secret et aÌ€ la dérobée « avec toutes les séductions de l’iniquité« . Il travailla « mystérieusement » sous de beaux mais faux prétextes, « éloignant les hommes de la simplicité et de la vérité telles qu’on les trouve en Jésus« .

Et il agit ainsi par les meÌ‚mes raisons qui introduisirent secreÌ€tement l’idolaÌ‚trie dans les anciens mysteÌ€res de Babylone; il n’était ni sage ni prudent d’agir autrement. Le zeÌ€le de la véritable Église, quoi qu’elle ne disposaÌ‚t pas du pouvoir civil, se serait soulevé pour mettre ce faux systeÌ€me et ses partisans au ban de la Chrétienté, s’il s’était tout aÌ€ coup montré ouvertement et dans toute son étendue, il n’aurait pu deÌ€s lors se développer.

Aussi fut-il introduit secreÌ€tement et peu aÌ€ peu, une corruption succédant aÌ€ une autre; aÌ€ mesure que l’apostasie se développait et que l’Église infideÌ€le s’accoutumait aÌ€ la tolérer, jusqu’aÌ€ ce qu’elle ait atteint les proportions excessives que nous voyons aujourd’hui, ouÌ€, dans presque tous les détails, le systeÌ€me papal est l’antipode du systeÌ€me de la primitive Église. Les inscriptions copiées dans les catacombes romaines nous prouvent, d’une manieÌ€re frappante (et cette preuve nous a été conservée par Rome meÌ‚me) que tout ce qu’elle a de plus caractéristique s’est introduit graduellement dans son sein, graÌ‚ce aÌ€ « l’action du mysteÌ€re d’iniquité« .

Ces catacombes sont de vastes excavations sous-terraines aux environs de Rome, ouÌ€, pendant les persécutions des trois premiers sieÌ€cles, les chrétiens célébraient leur culte et ensevelissaient leurs morts. On trouve encore, sur quelques-unes de ces tombes, des inscriptions directement opposées aux principes et aux rites actuels de Rome. Prenons-en un seul exemple. Quel est aujourd’hui le trait distinctif de la papauté? N’est-ce pas le célibat obligatoire pour le clergé? Or, d’apreÌ€s ces inscriptions, nous avons la preuve la plus évidente, que meÌ‚me aÌ€ Rome, il y avait un temps ouÌ€ on ne connaissait pas ce systeÌ€me du célibat des preÌ‚tres.

=================================================================== NOTES –

6 Eusèbe SALVERTÉ, Des Sciences occultes, p. 259

7 GEBELIN, Monde primitif, vol. IV, p. 319.

8 Voir SALVERTÉ, p. 258-259.

9 AMMIANUS MARCELLINUS, liv. XIV, ch. 6 et liv. XXIII, ch. 6. p. 371, 374, comp. avec Justin, Histoires, liv. 1, ch. 1, p. 615. Et Chronique d’EuseÌ€be, tome I, p. 40, 70 etc. EuseÌ€be dit que Ninus et Sémiramis régnaient aÌ€ l’époque d’Abraham. Voir tome I, p. 41 et tome II, p. 65. Pour l’aÌ‚ge de Sémiramis, voir note page 15.

10 Chronique Paschale, vol. 1. p. 65.

11 HÉSIODE, Théogonie, v. 453, p. 36.

12 HÉRODOTE, Hist., liv. I, ch. 199, p. 92. – QUINTUS CUKTIUS, v. 1.

13 Pour confirmer ce point, voir Appendice, note A.

14 ELLIOTT, Horoe, vol. IV, p. 30

15 Pour l’aÌ‚ge de Sem, voir GeneÌ€se XI, 10, 11. D’apreÌ€s ce passage Sem vécut 502 années apreÌ€s le déluge, c’est-aÌ€-dire selon la chronologie théorique jusqu’aÌ€ l’an 1846 av. J.-C. L’aÌ‚ge de Ninus, époux de Sémiramis, comme nous avons déjaÌ€ établi dans une note précédente, correspondait, d’apreÌ€s EuseÌ€be, aÌ€ l’aÌ‚ge d’Abraham qui naquit en 1996 av. J.-C. Toutefois, c’est seulement neuf ans avant la fin du reÌ€gne de Ninus, dit-on, qu’Abraham naquit (SYNCELLUS, p. 170. Paris 1652). Donc le reÌ€gne de Ninus a duÌ‚ finir, selon la chronologie usuelle, vers 1787 av. J.-C. Clinton qui est fort compétent en chronologie, place le reÌ€gne de Ninus un peu plus haut. Dans ses Fastes Grecques, tome I, p. 253, il lui assigne l’an 2182 av. J.-C. Layard dans Ninive et ses ruines, tome II, p. 217, souscrit aÌ€ cette opinion. Sémiramis, dit- on, survécut quarante-deux ans aÌ€ son mari. (Syncellus, p. 96). Quel que soit le point de vue qu’on adopte pour l’aÌ‚ge de Ninus, il est évident que Sem a longtemps survécu aÌ€ Ninus. Cet argument repose, on le comprend, sur l’hypotheÌ€se de l’exactitude de la chronologie hébraïque. Pour plus de lumieÌ€re laÌ€-dessus, voir Appendice, note B.

16 On verra plus loin (ch. 2) quelle raison puissante il y avait en réalité pour agir dans le plus grand secret.

17 EuseÌ€be SALVERTÉ, Des Sciences occultes, dassim. 13. Dr. MAITLAND, L’Église dans les Catacombes, p. 191-192.