Souffle de vie – 11 au 18 mai 2009 – LE SECRET DE LA PUISSANCE Par E.M. Bounds

Transmis par Lorraine – Mis en page et en image par Liliane

 » Il y a un manque visible d’influence spirituelle dans le ministère contemporain, je le sens dans mon propre cas, et je le vois dans celui des autres. J’ai peur qu’il y ait beaucoup trop d’esprits publicitaires, organisateurs et d’inventions humaines parmi nous. Nous nous appuyons, bien plus qu’il est normal, sur les différents états d’esprits de nos semblables. Le service de Dieu est une œuvre grande et sainte, elle devrait trouver en nous un esprit simple et naturel, une sainte mais humble indifférence à toutes les conséquences que peut avoir la nécessité d’annoncer  » tout le conseil de Dieu.  » Notre  » défaut dans la cuirasse  » n’est autre que le manque d’habitudes saintes devant notre Dieu (Actes 20:20 à 32).  » Richard CECIL

Il n’y a jamais eu, au cours de l’histoire, un plus grand besoin d’hommes et de femmes saints dans le Seigneur; plus impératif encore est peut-être l’envoi, par Jésus, le Chef de Son Eglise, d’ouvriers consacrés et sanctifiés! Le monde est en pleine effervescence. Satan le domine et le gouverne d’une poigne de fer; il travaille à ce que tous ses mouvements concourent à ses fins.

Christ doit accomplir ses plus belles œuvres, présenter ses modèles les plus parfaits et attrayants, pour en sauver au moins quelques uns. Il faut que, de toutes manières, les saints actuels soient inspirés par les idéaux les plus élevés, et par les plus vastes possibilités de l’Esprit-Saint. Paul vivait sur les genoux; il suppliait l’Intercesseur céleste pour que l’église d’Ephèse soit capable de mesurer la longueur, la largeur, la profondeur et la hauteur de Son Amour, jusqu’à pouvoir être  » remplis de toute la plénitude de Dieu « .

Epaphras s’offrait lui-même dans l’œuvre épuisante et la tension continuelle d’une prière fervente afin que les Colossiens  » puissent se tenir parfaits et pleinement assurés dans toute la volonté de Dieu « . En tout et partout, les apôtres étaient sur la brèche afin que le peuple de Dieu puisse, dans chacune de ses parties, en arriver à  » l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme adulte, à la mesure de la stature de plénitude de Christ ».

On ne donnait pas la première place à des choses secondaires, aucun encouragement à de « vieilles habitudes de nourrissons.

Les bébés devaient grandir; les vieillards, jusque dans la faiblesse et les infirmités, devaient porter du fruit, être en bonne santé spirituelle et florissants. La chose la plus divine dans le christianisme, ce sont des hommes et des femmes saints.

Aucune somme d’argent, de génie, ou de culture ne peut amener les choses à bouger pour Dieu. La sainteté fortifie l’âme, enflamme le chrétien de l’Amour même de Dieu, le remplit du désir de connaître plus de foi, de prière, de zèle, de consécration: c’est là le secret de la puissance. C’est cela qu’il nous faut et que nous devons avoir: des hommes, incarnation d’une ardente consécration pour leur Maître. Les progrès de l’Evangile ont été arrêtés, sa cause paralysée, le nom du Seigneur Jésus déshonoré par manque de ces vertus. Le génie (le plus élevé et le plus doué soit-il), l’éducation (la plus instruite et la plus raffinée), la position, la dignité, la place, les noms de nos ancêtres spirituels dont le souvenir nous est en bénédiction, ne peuvent absolument pas faire avancer le char de notre Dieu.

Ce n’est que le feu, et un zèle enflammé, qui peuvent le faire.

Le génie d’un Milton n’y a pas réussi. La puissance impériale d’un Napoléon a échoué. L’esprit d’un Brainerd y a réussi. C’était un fanatique de Dieu, un fanatique des âmes. Rien de terrestre, de mondain, d’égoïste, ne pouvait rabaisser dans la plus petite mesure l’intensité de cette exigeante flamme.

La prière est la source aussi bien que le canal de la dévo- tion.


L’esprit de consécration, c’est l’esprit de prière. Prière et consécration sont unies, comme l’âme et le corps, la vie et le cœur, sont unis. Il n’y a pas de réelles prières sans don total, et ce don n’existe pas sans prières. Le messager, plus particulièrement, doit être tout entier pour Christ, comme les holocaustes complètement consumés de l’ancienne Alliance. Ce n’est pas un homme de profession; son ministère n’est pas un métier, mais une institution divine, une possession divine. Il est donné à Dieu. Son but, ses aspirations, son ambition, sont pour Dieu, par Jésus-Christ; connaître une telle prière lui est aussi indispensable que la nourriture l’est pour la vie.

C’est par-dessus tout que le serviteur doit être consacré à son Maître. Ses relations avec Dieu sont le signe et le crédit de son ministère. Elles doivent le marquer d’une manière claire, concluante, incontestable. Sa piété ne peut pas être du type commun et superficiel. S’il n’excelle pas en grâce, il n’excelle en rien du tout. S’il ne prêche pas par sa vie, par son caractère, par sa conduite, il ne prêche pas du tout. Si sa piété est faible, ses discours pourraient être aussi doux et tendres que la musique, plus beaux que ceux d’Apollon, leur poids sera néanmoins celui d’une plume, comme une ombre qui passe, fugitifs comme les nuages ou la rosée matinale. Consécration à Dieu: il n’y a point de substitut à cela pour lui. Etre dévoué à une église, à des opinions, à une organisation, à la saine doctrine, sont des choses pauvres, vaines, qui induisent en erreur quand elles deviennent la source de l’inspiration, l’aiguillon d’un appel.


L’Esprit de Dieu doit être la principale Source, la Fontaine et la Couronne de tous ses efforts. Le nom et l’honneur de Jésus-Christ, les progrès de sa cause, doivent être tout en tout. Le messager ne doit avoir d’autre inspiration que le nom de Jésus-Christ, d’autre ambition que de Le voir glorifié, aucun autre labeur que pour Lui. Alors la prière sera la source de son illumination, le moyen d’un avancement continuel, le gage de son succès. Son but perpétuel, la seule ambition qu’il chérit est d’avoir Dieu avec lui, Dieu, le Dieu de la Parole vivante.

Jamais la cause de Dieu n’a eu plus besoin de frappantes illustrations, particulièrement en ce qui concerne les possibilités de la prière, que dans notre temps. Aucune génération, aucune personnalité, ne servira d’exemple de la puissance de l’Evangile, sinon les générations et personnalités ardentes dans l’intercession. Le relâchement dans la prière pour l’Eglise de Jésus-Christ ne donnera qu’une image squelettique de ce que peut la puissance divine. Des cœurs dénués de piété ne s’élèveront jamais sur ces hauteurs spirituelles.

Une génération peut être meilleure que la précédente; mais il y a une distance infinie entre l’évolution d’un âge, due à l’avance de la technique, et son amélioration par l’accroissement de la sainteté et de la ressemblance à Christ dus à l’énergie du Saint-Esprit. Les juifs étaient certainement bien meilleurs lorsque Christ parut sur la terre, que dans les âges qui L’avaient précédé. C’était l’âge d’or de leur religion pharisaïque. Leur âge d’or religieux a crucifié Christ.

Ne pas rechercher plus de prières en donne toujours moins; jamais davantage de sacrifices en produit toujours moins; ne pas chercher à avoir toujours moins d’idolâtrie, lui permet de fleurir davantage; toujours plus de respect pour le culte d’église, et Dieu sera toujours moins adoré en esprit et en vérité; toujours plus de liturgie des lèvres, toujours moins de communion du cœur (Dieu était adoré par des lèvres dont les cœurs et les mains crucifièrent son Fils !); toujours plus de gens qui  » vont à l’église « , toujours moins de véritables saints.

C’est la force de la prière qui façonne les saints. Le caractère de Christ n’est formé que par la puissance d’une réelle communion avec Lui. Plus il y a de vrais saints, plus il y a de prières; plus de prières, plus de vrais saints. Dieu possède maintenant et a toujours possédé, bien des ouvriers de cette sorte; des intercesseurs dévoués dans la vie desquels la prière était devenue la force dominante. Le monde a été remué par leur puissance, Dieu a entendu et honoré leur foi; Sa Sainte Cause a fait des pas de géant au moyen de leurs intercessions; la sainteté a brillé d’une splendeur divine dans leur caractère.

Dieu trouva l’un des hommes qu’il cherchait en la personne de David Brainerd, dont l’œuvre et le nom ont marqué l’histoire. Ce n’était pas un homme ordinaire; il pouvait briller dans n’importe quelle compagnie, parmi les plus sages et les plus doués, éminemment capable d’occuper les chaires les plus renommées, et de travailler parmi les gens les plus cultivés: n’étaient-ils pas tous ardemment désireux de l’avoir pour leur pasteur?

Le président Edwards rend le témoignage que c’était un jeune homme aux talents remarquables, qui avait une extraordinaire connaissance des hommes et des choses, d’une conversation enrichissante, remarquable dans sa connaissance de la théologie. Quoique très jeune, il était diplômé de la Faculté et spécialement capable dans toutes les matières relatives à l’expérience religieuse. Je n’ai jamais rencontré son égal pour posséder, si tôt, des notions si claires et si justes de la nature même et de l’essence de la vraie religion. Sa manière de prier était presque inimitable; ce n’est que très rarement que j’ai rencontré quelqu’un qui puisse l’égaler. Sa connaissance était considérable et il avait une éloquence extraordinaire .

Nulle histoire plus sublime n’a été racontée dans les annales humaines que celle de la vie de Brainerd ; nul miracle n’atteste davantage la puissance divine de la vérité du christianisme, que la vie et l’œuvre d’un tel homme.

Seul dans les forêts sauvages d’Amérique, combattant nuit et jour le mal mortel qui le minait, non entraîné dans la manière de s’adresser aux âmes, et touchant les Indiens, la plupart du temps, que par le moyen maladroit d’un interprète païen, la Parole de Dieu dans ses mains et dans son cœur, l’âme animée de l’ardent Amour divin, passant le plus clair de son temps à répandre son âme vers Dieu dans la prière, il établit pleinement le culte du Dieu Vivant parmi ces peuplades primitives, s’emparant ainsi de tous les résultats de grâce qui découlent du Calvaire.

Les Indiens furent marqués par un changement radical, de la plus basse et ignorante forme de paganisme, en un christianisme intelligent, pur et consacré. Tous les vices furent réformés, tous les devoirs chrétiens étant immédiatement embrassés et accomplis; le culte de famille établi, toutes les grâces d’un vraie vie chrétienne s’extériorisant avec de plus en plus de douceur et de puissance. La cause de ces résultats se trouve dans David Brainerd lui-même; non dans les conditions de son activité, ou dans les accidents de sa route, mais dans l’homme David Brainerd. Il était l’homme de Dieu, pour le Seigneur en premier, en dernier, tout le temps. Le Saint-Esprit pouvait se répandre librement à travers lui. La Toute-Puissance de la grâce divine n’était jamais arrêtée ni diminuée par les conditions de son cœur; le canal entier était large et pur, pour livrer plein passage à l’Esprit de puissance; Dieu put ainsi entrer en scène et montrer Sa puissance dans ce désert sauvage et sans espoir, et le transformer en un jardin florissant. Car Dieu peut faire l’impossible s’il peut trouver la bonne sorte d’homme pour l’accomplir.

Brainerd vivait la vie de sainteté et de prière. Son journal est plein du récit monotone de ses temps de jeûne, de méditation, et de solitude avec son Sauveur. Le temps qu’il y passait s’élève à plusieurs heures par jour.

 » Lorsque je revins dans ma chaumière et que je me donnai à la méditation, à la prière et au jeûne, mon âme se mit à désirer expérimenter la mort avec Christ, le renoncement, l’humilité, et l’éloignement de toutes les choses du monde. Je n’ai rien à faire avec la terre sinon y travailler honnêtement pour mon Dieu. Je n’ai pas le désir d’y vivre une seule minute pour quoi que ce soit qu’elle puisse donner. « 

C’était la communion avec Dieu qui donnait à sa vie et à son ministère cette étonnante puissance. C’est ainsi qu’il priait:

 » Sentant quelque peu de la douceur de Christ et de la force attractive de Son Amour, combien admirablement il captive l’âme et centralise tous les désirs et affections en Lui-même, j’ai mis ce jour à part pour le jeûne et la prière secrète. Je lui demande de me conduire et de me bénir à cause de la grande œuvre que j’ai en vue: prêcher l’Evangile; je prie le Seigneur de revenir à moi et de me montrer la gloire de Sa Présence. Je n’avais que peu de vie et de puissance dans la matinée. Vers le milieu de l’après-midi, Dieu me rendit capable de combattre ardemment dans l’intercession pour mes amis absents; mais sur le soir, il me visita de manière toute spéciale. Je pense que mon âme n’avait jamais été, précédemment, dans une telle agonie. Je ne sentais plus aucun empêchement car les Trésors de la grâce divine m’étaient ouverts. Je combattais pour les amis absents, pour la rentrée de la moisson des âmes, pour des multitudes de pauvres perdus et pour plusieurs de ceux que je pensais être des enfants de Dieu, personnellement, dans bien des pays éloignés. Je fus dans une telle lutte, depuis le soleil sur l’horizon, jusqu’à ce qu’il fasse pratiquement sombre, que j’étais complètement mouillé de sueur; mais il me semblait néanmoins n’avoir rien fait. Oh, combien mon cher Sauveur souffrit pour les pauvres âmes! Je languissais de connaître davantage Sa compassion pour elles. Je me sentais encore dans d’excellentes dispositions en présence de l’Amour et de la grâce divine; et j’allai au lit dans une telle disposition, le cœur littéralement ancré en Dieu. « 

Les hommes puissants dans la prière sont des hommes puissants dans l’esprit. L’intercession de foi ne meurt jamais. La vie de Brainerd était tout entière de prières. De jour comme de nuit, il se donnait à cet exercice; avant de prêcher comme après; à cheval, dans les interminables solitudes de la forêt; sur son lit de paille, il priait; se retirant dans les coins solitaires et denses des forêts, il priait. Heure après heure, jour après jour, tôt le matin et tard le soir, il intercédait et jeûnait, répandant son âme, suppliant et communiant avec son Sauveur, et son Sauveur était puissant avec lui. Par la prière, il parle et travaille encore quoique mort; il parlera et travaillera encore jusqu’à la fin. Au milieu des ressuscités, au Jour glorieux de la rencontre avec l’Epoux céleste, il sera parmi les premiers.

Jonathan Edwards écrit de lui:  » Sa vie montre le vrai chemin pour connaître le succès dans l’œuvre chrétienne. Il le rechercha comme le soldat cherche la victoire dans un siège ou dans une bataille; ou comme l’athlète qui court dans le stade pour remporter le premier prix. Animé de l’amour de Christ et des âmes, comment travaillait-il? Toujours avec ferveur, non seulement en paroles et en doctrine, en public et en privé, mais dans les prières, de jour comme de nuit, combattant avec Dieu dans le secret; il connaissait les douleurs de l’enfantement, l’agonie et les soupirs inexprimables, jusqu’à ce que Christ soit formé dans les cœurs du peuple vers lequel il avait été envoyé. Comme un vrai fils de Jacob, il persévéra dans le combat, traversant toutes les ténèbres de la nuit, jusqu’à ce que le jour se lève enfin. »

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