Face à un pervers narcissique, par Cilloux

Note MAV: ce témoignage est paru ici dans un commentaire, le 9/1/19. Il est très profond et peut être très utile aux victimes. Il rejoint de près le témoignage publié à la CLC en 2018: Epouse d’un pervers narcissique

Cilloux cite l’étude du Rav Touitou et écrit: « Voilà une analyse très juste du comportement du ou de la perverse narcissique. J’ai été marié à l’un d’entre eux pendant 15 ans.

 

Je tiens à dire aux victimes quelque chose d’important. Un jour, mon mari m’a dit que je ne saurais jamais vivre sans lui. Ça m’a fait rire. Je lui ai répondu que j’étais née sans lui et que j’allais mourir sans lui.

N’oubliez jamais cela : avant d’être avec lui, VOUS ÉTIEZ. Lui ne vous est ni indispensable, ni même nécessaire. En revanche, ce qu’il n’admettra jamais, c’est que VOUS lui êtes vitale ! Sans vous, c’est lui qui meure.

Je n’ai connue la pathologie de mon mari que bien après mon divorce. Mais j’avais compris qu’il essayait de me tuer mentalement et de tuer ma foi en Dieu. Je me suis accrochée à Dieu et j’ai prié longtemps pour qu’il change. J’ai ensuite changé ma prière afin d’aimer mon ennemi. J’avais compris que je n’avais pas un mari, mais un ennemi, et que cet ennemi cherchait à me nuire ainsi qu’à mes enfants. J’ai beaucoup utilisé l’humour pour désarmer mon mari, et pour éviter les discussions inutiles, je me bornais à faire comme lui, des phrases courtes : « oui », « non », « peut-être », « je ne sais pas », « tu n’as qu’à lui poser la question », « c’est ton opinion », « c’est bien »…

Dieu m’a bénie également car il m’a toujours donné de ne jamais briser le lien avec ma famille et mes amis. Je n’ai pas suivi les demandes de mon mari de refuser les invitations ou de ne pas inviter les gens chez nous. J’invitais ma famille, les chrétiens, mes collègues contre son avis. Il se mettait à part pour que je sois mal à l’aise face à ma famille.

Devant les amis ou les chrétiens, il faisait le beau. Je ne lui ai jamais trouvé d’excuse, je disais à ma famille de lui demander pourquoi il était à part si ça les intéressait vraiment.

 

Je ne portais pas le poids de son mépris, de ses accusations, de ses mensonges qu’il avait sur ma famille, sur mes amis et surtout sur les chrétiens. J’estimais que c’était son problème.

Il ne me parlait pas pendant des mois, me disant « tu sais très bien pourquoi ! ». J’ai cherché à savoir les premiers mois de notre mariage, puis après j’ai cessé : je ne suis pas devin. Je me suis dit que je n’allais pas gâcher ma joie, ni mon temps à le questionner, à deviner, le surveiller, le dorloter ou l’écouter se plaindre.

J’ai découvert qu’il mentait. J’utilisais un petit dictaphone caché dans ma poche et je réécoutais nos conversations. Je ne lui ai jamais dit, mais je savais qu’il racontait n’importe quoi. Je mettais des boules Quiès discrètement dans mon lit pour ne pas l’entendre me harceler de ces longs discours moralisateurs et accusateurs. Il utilisait des écritures affichées au mur de notre chambre pour m’humilier, pour me traiter de démon, pour me dire que je n’étais pas une enfant de Dieu, mais je suis rentrée chaque fois dans ma chambre en priant le Seigneur de me faire aimer chacune de Ses écritures et de les bénir pour leur sagesse.

J’ai énormément lu ma Bible, beaucoup parlé à Dieu et Dieu me bénissait car Il me permettait de partager ma foi à des personnes qui sont devenues chrétiennes. J’ai été très heureuse au milieu de ce tourment, et avec mes deux cadeaux précieux d’affection et de gentillesse : mes deux garçons.

Mon mari m’a dit des choses horribles. Quand je lui ai demandé au début de notre mariage s’il y avait quelque chose que je pouvais changer pour lui faire plaisir, il a répondu « Tout ». Je me suis dit que c’était sympa.

Tout ? Ça voulait dire toute ma personne ? Il disait très souvent qu’il aimerait changer de vie, tout recommencer. Quelques années plus tard, il m’a dit « je me cherche une autre femme ». Il ne me touchait pas, ne me tenait pas la main, ni par la taille ou les épaules, ne témoignait aucune tendresse ni verbale, ni physique. Il se disait traumatisé par son enfance. J’ai sû que c’était complètement faux. En revanche, il me traitait d’hystérique, de traumatisée par mon père.

Il se plaignait tout le temps de ce que j’étais, de ce que je faisais, m’humiliait, m’insultait. Je n’ai plus supporté ses jérémiades. Je lui ai dit que c’était lui qui m’avait demandé en mariage et que s’il en avait le temps, de le passer devant son miroir à se faire des reproches.

Dieu m’a fortifiée et j’avais sans cesse l’écriture  » A Moi la vengeance, c’est Moi qui rétribuerait ». Il jetait la nourriture que j’avais préparée par terre et marchait dedans. Quand j’étais enceinte de 7-8 mois, il jetait les vêtements que je venais de repasser par terre et les piétinait. Il colportait des mensonges sur mon dos à sa famille, aux voisins, disait que je couchais avec plusieurs hommes.

J’ai continué à le servir comme si de rien était, parce que Dieu avait mis mon esprit en paix avec ses attaques. Pour autant je ne me laissais pas faire et je n’ai pas permis qu’il me frappe ou qu’il frappe mes enfants. Quant à sa bouche, avais-je un moyen de le faire taire ? Je quittais la maison pour me ressourcer dans le silence, j’emmenais mes enfants en sortie, j’allais dans ma famille.

Un jour, il est parti dans une de ses attaques, plus injurieux et obscène que jamais. Je l’ai regardé gesticuler et j’ai éclaté de rire. Je l’ai trouvé si ridicule ! Il était décontenancé. Je l’ai lu dans ses yeux. Ce jour-là, j’ai décidé de partir. Je ne voulais pas que mes fils pensent que c’est ainsi qu’on traite une épouse. Mon fils se cachait chez la voisine, il ne supportait plus les injures et les cris.

Aujourd’hui, ma conclusion de cette expérience, car c’est comme ça que je le prends, et non pas comme un mariage, c’est que je ne sais pas qui il est. Je n’en ai vraiment aucune idée. Je ne sais pas quand il a menti ou non et cela ne m’intéresse même pas.

Lorsque je suis partie, j’ai eu le sentiment de courir à toute vitesse, de toutes mes forces, le plus loin possible, sur une route en regardant loin devant avec l’idée de ne jamais revenir, de ne jamais me retourner. J’avais l’impression de fuir la mort !

Je remercie Dieu qui m’a soutenue dans l’épreuve et après. Je n’ai pas eu de séquelles (enfin je ne crois pas), mais j’ai un regard très aiguisé sur ces personnes. J’évite mon mari, qui cherche toujours à me contacter alors qu’il s’est remarié sitôt le divorce prononcé.

Je voudrais préciser pour ceux et celles qui se demandent comment les reconnaître AVANT d’avoir une relation avec eux ou de se marier :

1. Si c’est l’homme ou la femme idéale
2. Si vous avez le sentiment qu’il comprend tout de vous
3. S’il a les mêmes goûts, les mêmes pensées,
4. Si vous êtes toujours sur la même longueur d’onde
5. S’il vous voit plus « beau » que vous ne l’êtes et vous rassure tout le temps sur vos défauts, vous valorise
6. S’il est comme un oiseau blessé, sensible, qui vous touche
7. S’il fait un portrait de lui-même plutôt flatteur et bien sous tout rapport, vante ses capacités
8. Si vous vous sentez à l’aise pour tout lui dire, spontanément, même ce que vous n’auriez pas dit à votre meilleur(e) ami(e)
9. Si vous êtes un peu fragile (blessures d’enfance, rupture, perte de votre travail…)
10. S’il se prend pour votre sauveur, vous dit qu’il comblera vos manques, témoigne de faits, d’aide qu’il a réalisés et qui vous rassurent, sans que vous ne puissiez le vérifier
11. S’il n’a pas de vrais amis ou très peu (je ne parle pas des connaissances de l’église)
12. S’il prend de plus en plus de votre temps dans votre semaine, en rendez-vous, tous les jours ou presque au téléphone, au point que vous oubliez vos autres amis, votre famille, qu’il remplit votre espace, votre agenda, votre temps personnel
13. Enfin, si parfois vous êtes légèrement mal à l’aise avec lui, si ce malaise est désagréable et s’il vous fait une très brève, mais insidieuse souffrance à cause de son attitude, d’une phrase, d’une décision qu’il prend pour vous, sans que vous puissiez mettre le doigt dessus souvent,

Alors, vous êtes sans doute en face du pervers narcissique.

La Bible nous demande d’être « prudents comme des serpents, et doux comme des colombes ». Ne soyons pas naïfs parce que nous sommes chrétiens, et s’il vous plaît, avertissez les gens qui doivent se marier, parlez de cette pathologie autour de vous. Peut-être que vous n’éviterez pas un mariage, mais vous sauverez peut-être une vie de la destruction.

Soyez bénis et fortifiés dans le Seigneur. »

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