Ce témoignage montre comment les loups procèdent : de manière subtile, patiente et cruelle. Un seul antidote : La Bible, la prière, la sanctification..

Note M.A.V. : Ainsi s’achève le témoignage suivant. Il est fort, bouleversant, et montre combien on peut manipuler la Parole de Dieu avec ruse pour mettre un joug de contrôle sur autrui. Des noms sont donnés ici, que certains reconnaîtront. La Parole nous dit de ne recevoir de témoignages contre un « Ancien » que sur la foi de deux ou trois témoins. J’ai reçu des témoignages qui corroboraient celui-ci, raison pour laquelle je le mets en ligne. Je suppose qu’il va susciter des réactions virulentes des personnes mises en cause. Mais la priorité est de protéger les brebis en dénonçant les œuvres des ténèbres… Tous les apôtres l’ont fait, et ont dénoncé nominativement les loups. D’autres victimes du même loup, ou de manipulations similaires, verront peut-être ce témoignage, et cela peut en aider quelques-uns. C’est pourquoi je le mets en ligne

TÉMOIGNAGE DE SARAH KANGA

Le recrutement

Lorsque j’ai été recrutée, j’avais 22 ans, j’étais baptisée d’eau et d’esprit et je cultivais l’intimité avec le Seigneur. Je n’avais rien d’une nouvelle convertie. Mes épreuves et souffrances m’avaient appris à  ne dépendre que du Seigneur et à  ne pas accorder ma confiance aux êtres humains. Jésus était donc le centre de mon existence. C’est à  une conférence chrétienne que j’ai rencontre MT pour la première fois. Il était difficile de ne pas la remarquer; elle interrompait sans cesse la prédication avec des  » Amen  » survoltés qui faisait grincer l’assistance, le genre de personne exubérante et sans gêne.

Elle m’a été présentée par une sœur en Christ, puis je l’ai revue à  l’occasion d’une sortie. Elle m’a demandé mon numéro de téléphone et a commencé à  m’appeler pour me tenir informée des événements chrétiens ou de réunions de prières qu’elle organisait à  son domicile. A mon contact, elle délaissait son tempérament survolté et prenait l’allure d une mère et pour cause, elle avait près de trois fois mon âge. J’adoptais une position d’humilité devant quelqu’un avec autant d’expérience qu’elle semblait en avoir. Je la voyais prêcher surtout aux prostituées et aider beaucoup de personnes en leur donnant de la nourriture et des vêtements bien que son niveau de vie soit assez bas. Elle avait vraiment le cœur sur la main. Alors de temps en temps, j’allais prier avec son groupe. La sœur en Christ qui vivait avec moi, Phoebe ne tarda pas à  nous rejoindre. Ce qui caractérisait Marie Thérèse, à  cette époque, c’était majoritairement ses engagements sociaux.

Puis vint le jour de sa  » consécration ». Je ne connaissais pas ce terme. Elle me le montra dans l’Ancien Testament et prit aussi l’exemple d’Elie et Elisée qui avait reçut la double onction d’Elie. Son père spirituel allait lui « transférer son onction » lors d’une cérémonie et la consacrer ainsi Servante de Dieu après des années de mise à  l’épreuve. Phoebe et moi étions vivement invitées et, à  notre plus grand étonnement, toute l’organisation de cette journée allait nous échoir. On se retrouvait, sans arrangement préalable, à  tous les postes: accueil, placement, surveillance et toutes les choses pratiques. Nous étions, cela dit, heureuses d’être utiles au Seigneur.

Lors de l’imposition des mains par son mentor, une très forte onction s’est manifestée et pensant que le Seigneur était dans ce lieu, je le remerciai de m’avoir emmenée dans cette endroit. A la fin de la convention, MT alla droit au but; elle nous voulait à  ses côtés pour son ministère naissant et se montra insistante. Pour moi, tout cela semblait trop précipité, je ne pouvais m’empêcher d’avoir une petite méfiance. Je la trouvais trop « rentre-dedans » et cela violait ma liberté. Je le lui fis comprendre, alors elle changea de tactique. Elle me dit que cela avait été plus précisément désiré par son mentor. Or, cet homme est un évangéliste très connu qui m’avait donné de vraies prophéties et que je respectais.

Me voyant toujours sceptique, elle me proposa d’aller vérifier tout cela auprès de lui. Ce que je ne fis pas. Au fond, je ne voulais pas adhérer à  cette église. Malgré la grande générosité de celle que l’on surnommait Dorcas, je dédaignais sa violence et ses brusqueries, je la trouvais manipulatrice. Elle insistait sans cesse et je lui disais que le St Esprit devait me le confirmer. Alors elle disait: » Comment, alors qu’un Serviteur de Dieu, oint de Dieu, parle de sa part, peut-on encore remettre en question ses dires ?  »

Je lui répondais :

« Doit-on obéir au doigt et à  l’oeil aux serviteurs?! »

Elle se taisait pour revenir à  la charge peu de temps après. Mais des semaines de pressions et de manipulation de la parole ont fini par venir à  bout de nos réticences.

Les premiers signes étouffés

Phoebe et moi avons commencé le ministère avec elle. Ses prédications étaient poignantes et ne laissaient personne indifférent. Elle nous mettait face à  nos limites dans notre marche chrétienne. Dorcas s’appuyait systématiquement sur la Bible et nous culpabilisait beaucoup. Nous étions à  ses yeux si charnels ! Ah la chair!

Elle en fit vite son fond de commerce.

Elle disait sans cesse:  » Nous ne sommes pas comme les autres églises, je refuse d’entrer dans des traditions d’hommes. Nous, nous nous laisserons toujours guider par le St Esprit ».

De quoi plaire à  des gens qui suivent Jésus avec une foi véritable. Les cultes n’étaient pas cadrés. On pouvait louer tout le long, ou juste se repentir, etc… Tout le monde trouvait ça super. Lorsqu’elle nous reprenait sévèrement, tout ce qui pouvait riposter en nous était appelé :  » la chair ».

Les exemples bibliques ne manquaient pas, le peuple d’ Israël et Moise et comment seules deux personnes ont eu accès a la terre promise car ils n’avaient ni murmuré, ni suivi leur chair, ou encore Ananias et Saphira, Guehazi…

Ce qui nous gênait, c’était la façon dont elle s’adressait à  nous, très rude, presque irrespectueuse. C’était le discipolat et si nous étions assez spirituels pour crucifier notre chair, nous serions utiles au royaume de Dieu et entrerions dans nos promesses comme Aaron et Caleb.

Jésus avait dû mourir à  lui-même pour monter sur la croix, Abraham pour donner Isaac et nous pour accepter d’être repris sévèrement pour grandir.

Mais Dieu tenta de me mettre la puce à  l’oreille très vite afin que je sorte de cette église. En effet, alors que j’étais un jour au téléphone avec ma sœur aînée confrontée, près de Paris, à  un gros problème, Dorcas prit le téléphone et proposa à  ma sœur de l’héberger et de lui payer le billet d’avion. Ce qu’elle fit immédiatement.

Ma sœur était là .

J’étais épatée par l’investissement de Dorcas et bénissais Dieu.

Je priais pour le salut de ma sœur, alors, quoi de mieux que de vivre chez un pasteur ! Mais quelle ne fut pas ma surprise de recevoir, quelques jours plus tard, un appel de celle que j’appellerai Tina. Elle voulait me voir sans que Dorcas ne le sache.

On se rencontra donc en privé, ce qui était difficile pour elle car Dorcas la suivait partout. Je la trouvais très troublée. Dorcas lui avait demandé de contracter un emprunt de 10 000 euros qu’elles se partageraient ensemble, bien que seul le nom de ma sœur, en tant que Française, apparaîtrait. Dorcas lui rembourserait en main propre. Tina m’avoua qu’elle doutait beaucoup de mon pasteur. Elle la trouvait trop envahissante: Dorcas filtrait ses appels, ses sorties et lui avait dit de ne rien me souffler quant à  l’emprunt.

Bien qu’elle ait refusé cette dette, Dorcas l’avait persuadée de s’abonner pour elle à  Internet, au téléphone et au câble. Je confrontais Dorcas le jour même, et elle entra alors dans une colère effarante. Elle nous méprisa en nous lançant :

–  » Pour qui me prenez-vous? Je me fais toujours avoir en voulant aider naïvement, je prends des gens chez moi, les héberge, les nourrit et me retrouve sur le banc des accusés! Vous n’avez rien que je pourrais exploiter. Si j’étais intéressée, je ne me tournerais absolument pas vers vous! J’ai été femme d’un président africain (les medias relatent le décès de ce président et de sa femme…) et j’ai délaissé cette vie de richesses pour servir Dieu, je n’attends rien de vos petits sous et je voulais seulement aider Tina à  sortir de ses dettes!« 

Après cet épisode, j’étais bel et bien décidée à  ne plus remettre les pieds chez cette dame et alors même que je m’apprêtais à  sortir de chez elle, avant que je ne le manifeste, elle pivota sur elle- même, me fit face, me regarda droit dans les yeux et dit:

 » ne laisse pas ta chair et Satan nous séparer, crucifie ta chair. »

En me prenant dans ses bras, elle pleura chaudement et me pria de ne jamais douter de son amour.

Les premiers départs dans l’église – «  Beaucoup d’appelés et peu d’élus »

Son caractère incisif continuait de déplaire au plus grand nombre. Beaucoup ne le supportèrent plus et l’église ne cessa de vider. On se plaignait de son agressivité et de son envie de tout contrôler d’une main de fer, sans partage. Les départs causèrent de nombreux troubles mais cela fut très bien géré par celle que l’on devint obligé d’appeler : « Evangéliste », afin de respecter l’onction sur sa vie et afin que cette onction nous profite. Ces déserteurs ont été qualifiés de personnes qui ne voulaient pas laisser mourir leur chair et leur ego, et qui préféraient les prédicateurs accommodants. Elle, elle ne « diluerait » l’évangile pour personne !

Les départs intempestifs provoquèrent une vacance du secrétariat, du poste de chantre, de celui de la direction des cultes et de l’intercession.

L’argent, dans ce système

Chaque chrétien devait payer sa dîme et ses offrandes : c’était la base. Puis, on nous enseigna sur les offrandes sacrificielles, sur les alliances , à  grand renfort de versets bibliques, la plupart du temps, tirés de l’Ancien Testament.

Lorsque de nouvelles personnes venaient au sein du groupe, maintenant restreint, elles devaient vite donner leur engagement dans l’église, parce que l' »enseigné » devait donner sa dîme à  celui qui l’ enseigne. Sinon ils étaient, selon l’évangéliste, des « voleurs d’onction ». Mais dans le sillage de ses offrandes « briseuses de malédictions » et briseuses  » d’esprit de pauvreté « , l’Ancien de l’église (consacré Ancien au plus vite à  cause de son statut financier, mais officiellement pour manifester l’autorité de l’homme au milieu de femmes) s’entendait dire régulièrement qu’un de ses enfants était sous le joug d’une malédiction ancestrale qu’il fallait briser tout de suite. Elle citait l’alliance d’ Ephraim ou d’Aravna, et l’homme devait capituler devant la Sainte parole et payer. Nos pères dans la foi, Abraham, Isaac et Jacob avaient expérimenté un Dieu d’alliances.

Comment briser la pauvreté? En « dîmant » et en faisant des offrandes suivies d’offrandes sacrificielles.

 » Donnez et il vous sera donne », « Celui qui sème peu récolte peu… »

Dorcas vivait essentiellement de ce business. Pas pour payer les factures de sa mansarde, plutôt pour s’acheter des vêtements de luxe, chaussures et sacs Lancel, Gucci, Louis Vuitton. Lorsque nous manifestions notre mécontentement, sa colère était impressionnante. Elle nous crachait au visage que ce rythme de vie la suivait depuis son mariage avec le président de la Côte d’ivoire et qu’aucun de nous ne pouvait lui prêter envie; elle avait tout eu sans notre concours. De plus, maintenant, en tant que Servante de Dieu, elle devait vivre dans l’excellence. Nous ne devions pas nous imaginer qu’elle nous rendrait des comptes, disait-elle, car en dehors de l’évangile, rien ne nous unirait à  quelqu’un de son calibre.

Pourquoi restait-on :

Quand elle vit que nous désapprouvions son style de vie ostentatoire, elle trouva une nouvelle parade pour nous garder, en dehors des menaces de la peur et de la colère.

C’était le  » jeu de la Bible qui parle « . C’est très connu, le Seigneur nous parle parfois quand on ouvre la Bible au hasard. Sauf que cette fois, ça allait être fait en groupe et ainsi, le St Esprit pourrait nous parler à  chacun en sa présence pour confirmer ou infirmer ses propos. Ainsi, après une réunion de prière où elle avait exposé des points à  chacun pour sa propre vie, nous mettions nos Bibles sur son cœur et demandions à  Dieu de lui parler.

Je me souviens d’une fois où je lui avais dit ouvertement que je la trouvais écrasante et despotique, j’étais tombée sur

«  Ayez de la déférence envers vos conducteurs car ils prient pour vous (…) afin qu’ils ne le fassent pas avec larmes car cela ne vous serait d’aucun avantage ».

Bien sûr, chacun devait lire sa réponse à  haute voix et comble de surprise, ça confirmait SYSTÉMATIQUEMENT tout ce qu’elle nous reprochait ! Alors, nous capitulions et nous en prenions à  notre chair. Mais ce n’était pas tout. Après le décès de ma mère, je devenais orpheline. Bien que je vivais déjà  totalement par la foi pour mes études, Dorcas commença à  insister sur l’amour que nous devions nous témoigner, en citant les Écritures ou les disciples témoignaient de ce qu’il n’ y avait aucun indigent au milieu d’eux. Ceux qui avaient, dans l’église, devaient partager leurs biens avec les plus démunis. Elle organisa donc une quête spéciale pour me soutenir lors de la rentrée et s’engagea activement pour que rien ne manque à  personne. On pouvait l’appeler à  n’importe quelle heure : elle faisait preuve d’un dévouement hors pair.

L’exemple le plus significatif est celui d’une sœur que je nommerai Léa. Léa était sans papiers. Un jour où Dorcas lui avait rendu visite, la police l’intercepta et l’emprisonna. Tous ses frères en Christ l’abandonnèrent, sauf… Dorcas. Elle fit le déplacement de Nice à  Marseille, s’arrangea pour son avocat, tandis que la propre sœur de Léa se désista et se contenta de donner un peu d’argent à  Dorcas.

Elle réussit à  la faire sortir de prison, lui paya une luxueuse chambre d’hôtel pour lui remonter le moral, l’adopta comme sa fille et lui trouva un nouveau travail.

Le revers de la médaille, c’est que aujourd’hui cette fille est devenu son esclave, sa bonne à  tout faire. Elle est piégée et dépressive. Elle n’a qu’elle pour manger et se loger et ne veut surtout pas rentrer dans son pays. Elle n’a même pas le droit de murmurer parce que Dorcas le détecte et la reprend sévèrement en lui faisant miroiter une malédiction biblique. Elle ne doit plus fréquenter sa sœur non croyante, pour sa santé spirituelle. Quant à  ses 3000 euros d’économie,elle attend toujours que Dorcas les lui rembourse (depuis près de 6 mois).

En ce qui me concerne, j’ai assez vite sombré dans des dettes pour servir « l’œuvre de Dieu », jonglant avec ma bourse d’études et quelques boulots. Elle a alors commencé à  me faire des courses tout juste quand j’étais sur le point de manquer.

Phoebe aussi sombrait dans les dettes car MT lui demandait, en tant que trésorière, de mettre un compte à  la disposition de l’église, qui recevrait les dîmes et offrandes. Cela n’arriva jamais et le compte servit à  soutirer plus de 2000 euros sur un découvert non permis, ce qui enduit Phoebe interdite bancaire. Les deux me tenaient toujours à  distance de ces transactions; Phoebe était une toute jeune étudiante un peu faible de caractère qui finit par lui donner le chéquier et la carte bleue. MT savait qu’une étudiante ne peut être poursuivie, et elle devenait donc celle qui aidait financièrement Phoebe sans que ses parents ne sachent jamais rien de ce compte.

Quand elle reniflait en elle un murmure, elle faisait planer le spectre de Ananias et Saphira, frappés de mort.

L’Ancien fut le plus coriace à  tomber dans le jeu du « Je donne, je reprends ». En tant qu’ingénieur en informatique dans une grande compagnie, il gagnait bien sa vie. Mais à  force de manipulation et de menaces, il finit par payer tous les déplacements de Dorcas qui exigeait les meilleures compagnies « pour la gloire de Dieu » (…). Il fallait payer le déplacement de toute l’église pour aller voir Benny Hinn en Belgique, ou à  Paris, payer la voiture de location et l ‘essence. S’il demandait sa participation, elle se servait encore et encore et encore de la parole pour le condamner. Il a bien fallu des mois pour  » dompter  » l’ Ancien, lui qui refusait de vivre au-delà  des moyens de l’église. Mais 4 prophètes et 6 Ananias et Saphira plus tard, il finit par craquer.

Ses dettes tournèrent autour de 10 000 euros (multiples billets air France, hôtel, chers, billets des prophètes qui venaient a l’église, leur hôtel, la voiture de location, l’offrande qu’il fallait leur verser). Une fois l’Ancien empêtré dans des dettes, Dorcas devenait encore une fois la seule main tendue, en puisant près de 600 euros d’un coup dans le compte de Phoebe, pour gérer le Noël de la famille (une femme et quatre enfants, dont un nouveau-né). Elle réinvestissait notre propre argent pour nous aider.

Nous étions totalement aveugles et manipulés. Elle faisait de grands repas à  chaque fois qu’on se réunissait chez elle. C’est plus tard que je compris la place de ces repas dans la sorcellerie qu’elle faisait. Chaque prophète de passage, et certains très connus, semblaient confirmer ses enseignements et sa doctrine.

SES enseignements

Lorsque chacun de nous décidait d’écouter d’autres enseignements que les siens, ceux-là  aussi étaient le reflet de ses doctrines:

– la confession positive,

– l’Evangile de prospérité

Mais surtout l’accent était mis sur la chair ( ce qui en nous s’opposait à  elle)

La crainte du Serviteur de Dieu était essentielle et centrale, et les exemples utilisés pour appuyer cette crainte étaient légion dans la parole, comme celui d’Elisée avec les 40 enfants.

Les semences.

Il fallait posséder les meilleures voitures, mettre les plus beaux vêtements, habiter de belles maisons et instaurer le gouvernement de Dieu. L ‘accent était mis sur les expériences subjectives avec le St Esprit et c’est d’ailleurs toujours après ses transes dans l’Esprit qu’elle prophétisait ou donnait des directions importantes:

 » tu dois faire une alliance, Coupe les ponts avec ta famille… »

Ses visitations étaient impressionnantes. Lorsqu’elle en avait, tout le monde se taisait et attendait la parole du Seigneur. Son don de discernement et de prophétie étaient centraux dans son ministère.

« Le problème Sarah »

MT ne me traitait pas comme les autres. J’étais la privilégiée. Elle me savait très éloquente avec un caractère de leader et voyait comment je savais réunir les gens autour de mes idées, ainsi que mon charisme. Si j’ouvrais les yeux sur ses manipulations, ma révolte aurait causé des troubles peut-être irréparables tant j’étais proche des membres du groupe et appréciée. Je lui disais clairement ce que je pensais et contestais souvent ses décisions en fédérant les autres de mon côté. Alors, elle me parlait moins durement qu’aux autres, me décrivait devant les autres comme la plus avancée spirituellement et me confiait presque toutes les responsabilités.

Moi je les prenais comme des dons de Dieu et m’attelais à  tout faire au mieux: la louange, le secrétariat, la direction, le coatching des âmes, la responsable de l’intercession. En aparté, elle disait m’aimer plus que les autres et me voir réellement comme sa fille. Pour moi, Dieu me donnait comme une nouvelle maman. Elle avait même prétendu avoir vu ma mère en songe lors de sa mort, qui lui léguait la responsabilité de ses filles. Je savais que ce n’était pas biblique mais elle a quand même essayé de mettre le doute. Je manquais d’affection et remerciais Dieu pour notre relation fusionnelle. Elle m’appelait sans cesse et restait des heures à  me parler, me demander conseils.

Le problème qu’aurait pu poser Sarah (moi !) était donc ainsi bien contrôlé !

Les tentatives du St Esprit.

Le St Esprit n’a jamais cessé de m’alerter. Par des personnes, des pensées, des passages bibliques qui me revenaient sans cesse comme Ezéchiel 13, sur lequel Phoebe et moi tombions sans interruption sans comprendre en ouvrant nos Bibles, mais j’avais été formée à  rejeter cette voix comme une voix provenant de la chair. Je pensais que Ezéchiel 13 concernait d’autres pasteurs pour qui je priais dans l’intercession. J’avais la paix du cœur quand j’étais en accord avec Dorcas et je prenais cette paix pour celle du St Esprit. Le groupe et moi nous sentions privilégiés de pratiquer le véritable évangile, sans flatteries, les agapes et toutes les apparences de la vraie foi.

Une fois clonée.

Les persécutions que subissait Dorcas me remplissaient de compassion. Tout le monde la méprisait, la rejetait. J’avais vécu dans le rejet depuis le ventre de ma mère et savais trop bien ce qu’était d’être mise à  l’écart et mal aimée. Elle était devenue avec le temps une mère spirituelle et comme une maman. Alors, je devenais un vrai disciple. Je reprenais chaque dissident, encourageais les gens à  la respecter et à  l’aimer. Quand elle n’en pouvait plus, je la remontais, la « boostais ». Si le traitement Dorcas ne suffisait pas, le traitement Sarah venait à  bout de toutes les résistances. Je disais aux gens comment moi-même j’avais lutté longtemps contre Dorcas avant de me rendre compte qu’elle était quelqu’un de bien et de mal compris. Quand elle me laissait apporter des exhortations, je me croyais poussée par le St Esprit, alors que j’étais guidée par son Esprit. J’encourageais l’Ancien à  atteindre le degré spirituel qu’elle attendait de lui.

Quand elle fut opérée du cancer du sein, elle pouvait compter sur mon assistance pour l’église. Après deux ans de labeur, j’étais devenu sa fierté, son double.

Mon gourou

A ce stade, je me permettais plus à  personne de la critiquer devant moi. « On ne touche pas à  un oint de Dieu » ! J’avais une telle admiration ! Quand Tina la critiquait, je coupais les ponts avec elle. Je me suis détournée d’une extraordinaire sœur en Christ, dissidente de Dorcas. J’étais prête à  abandonner n’importe qui par loyauté envers elle. Le lavage de cerveau était quasi-total. J’avais failli rompre mes fiançailles et une relation de six ans parce que mon fiancé la dénonçait, bien qu’étant aux Etats-Unis ces derniers mois. Il m’avait vu changer radicalement, devenir rude et intransigeante, totalement embrigadée. Grâce à  Dieu, la rupture a été évitée .

On avait prévu de reparler de tout une fois ensemble. Mais j’étais déçue que mon fiance soit si charnel ! Lui aussi, après tous les autres, était contre elle, la Pauvre!!!

Les autres n’étaient pas moins envoûtés. Il nous était même arrivé une fois de nous agenouiller ‘ »volontairement » devant elle pour lui demander pardon de l’avoir offensée.

Comment le venin a été stoppé.

Cette spirale infernale devait être stoppée. Il semblait n’y avoir aucune issue pour moi. Benny Hinn, Paula White, Joyce Meyer, Td Jakes, tous ces prédicateurs très connus et que j’appréciais, prêchaient la même chose qu’elle. Elle n’était pas un cas isolé. Pourtant ma délivrance était proche.

J’ai eu ma licence et devais rejoindre mon fiancé aux États-Unis. Lorsque l’échéance approcha, Dorcas commença à  prophétiser des choses contraires à  ce voyage. Elle qui, il y a des mois, entendait Dieu lui dire des choses concrètes sur mon départ, était la même à  prétendre entendre le contraire.

Pour moi, reporter ce voyage était hors de question! Mon fiancé et moi avions été séparés plus de six mois et j’étais radicale. Elle complota avec les prophètes de passage qui m’annonçaient en plein milieu de leur sermon que Dieu leur avait Dit que les Etats-Unis n’étaient pas pour moi ! Elle essaya les manipulations les plus grossières et mes yeux commencèrent à  s’ouvrir enfin. J’eus un rêve où elle me serrait dans ses bras de manière très possessive et refusait de me laisser aller.

Mon fiancé, que j’appellerai Rudy, eut un rêve où elle lui disait clairement que je ne viendrais pas, qu’elle me gardait pour elle. Au téléphone, elle lui dit un jour qu’elle le trouvait trop charnel pour moi, qu’elle sentait qu’on allait chuter et qu’elle n’était pas sûre que ce soit l’homme que Dieu avait prévu pour moi, qu’elle me gardait encore un an.

Ignorant encore cela, je me rendis au culte mais n’écoutais plus rien de ses prédications, je bouchais mes oreilles. Etre en désaccord avec elle me perturbait énormément. Ma santé de dégrada et je perdis du poids presque à  vue d’œil. Je me réveillais la nuit avec des crises d’angoisses. Je savais ce que Dieu m’avait dit pour ce voyage, qu’il aurait du retard mais que je partirais. Je ne doutais pas une seule seconde de l’appel de Rudy à  être mon mari.

À la dernière réunion, où je me forçai à  aller pour ne pas attirer l’attention sur ma révolte interne et gagner du temps, elle interrompit brusquement son sermon pour me demander :

«  Qui conditionne ta vie? »

 » le Seigneur », répondis-je

 » tu en es sûre ? Et s’Il te demande de mettre ton fiancé sur l’autel du sacrifice et t’occuper de son œuvre ? »

« je sais que ce n ‘est pas ce qu’il me demande, il me l’a dit »

« Il y a la volonté permissive de Dieu, je te signale et Satan se transforme en ange de lumière ! »

« oui, mais »-…

« ça suffit! Passe me voir demain on en parlera! »

Je bouillonnais à  l’intérieur. J’étais dans une colère totale, une rébellion naissait en moi et mes yeux s’ouvraient. Je regardais autour de moi et je voyais des gens obnubilés devant une dame dangereuse, menteuse et fausse prophétesse. Je quittais la réunion en premier et elle me suivit dehors.

«  Sarah qu’est-ce que tu fais là  ? Tu vois comment ta chair est manifeste ? Regarde-moi dans les yeux, regarde-moi dans les yeux, je te dis ! Je t’attends demain ! Fais très attention à  toi, tu es sur une pente, fais très attention! »

C’était la dernière fois que je mettais les pieds chez elle. Je cherchais la voix du Seigneur mais ma radio ne captait plus que la fréquence Dorcas ! Les autres étaient brouillées. Alors, je demandais à  Dieu de me parler par des actes, en dehors de ma tête totalement embrouillée. Il le fit. Il me parla par un livre, par un chapitre que je n’avais jamais lu : « Détecter l’Esprit de contrôle, les caractéristiques de ceux qui contrôlent…« 

Je reconnaissais littéralement le portrait de l’évangéliste se dessiner devant moi. Ma consternation était ABSOLUE. J’avais été manipulée, elle me mentait, elle m’avait toujours menti, c’était un loup redoutable et non pas l’oint de Dieu.

Je disais :

« Seigneur, elle connaît ma maison, elle va venir, quelle est la meilleure manière pour moi d’être délivrée de son emprise et de ne plus la voir ? comment faire ? »

Pendant que je réfléchissais, une de mes sœurs m’appela : elle avait besoin que je garde son fils le Week-end à  Monaco!!! Elle n’avait plus mon numéro car Dorcas m’avait fait couper les ponts avec elle, mais je l’avais appelée le matin même de ce « Revelation Day » pour m’excuser, seulement, elle était en Italie. À la dernière minute, la personne en charge de garder le petit s’était désistée.

Un taxi m’a emmenée. J’étais loin. Dorcas ne pouvait pas me trouver là -bas. Rudy me dit son rêve et ce qu’elle lui avait dit au téléphone. J’étais comme assommée ! Ensuite, il a été attaqué. Il avait des rêves où des anges venaient lui dire d’annuler mon arrivée, que ça n’allait pas se faire. Le lendemain, l’argent du billet n’était plus à  sa disposition à  cause d’une erreur informatique dans son boulot.

Il m’annonçait qu’il pensait que Dieu n’était pas pour ce voyage. Il était dépité ! Moi, je n’y croyais pas une seule seconde. Ma sœur paya le billet, ce qui releva du miracle. Ensuite, il eut des problème au niveau du logement et encore une fois, il fallut penser à  repousser mon arrivée. Je refusai encore, priai et Dieu m’exauça.

Ce fut difficile. Avec la complicité de ma sœur, je fis sortir Phoebe de la secte en lui exposant les faits. Elle n’était même pas surprise car le Seigneur l’avait préparée. On eut tout de même beaucoup de crises d’angoisse. C’était comme ne plus prendre une drogue. On se réveillait dans la peur. Mon téléphone n’arrêtait plus de sonner. Son fils entra chez nous par effraction et fut repéré par nos propriétaires.

L’église tenta de me voir en venant et trouva la maison vide. Ils essayèrent d’annuler mon billet en passant par la compagnie aérienne. Mais Dieu me le révéla et je les contrai avant. Ils avaient certaines informations que je modifiai avant eux. Et enfin, je pus partir et retrouver mon fiancé. Il me montra le blog de Michelle d’Astier et ma désintoxication commença.

J’appris que cette secte était une secte géante incluant des pasteurs que j’avais admiré, comme Benny Hinn, et vomir tous ces enseignements me prit de nombreuses semaines. Dieu veillait à  tout. Lorsque j’ai été spirituellement rétablie, Rudy et moi nous sommes mariés !

Je suis heureuse, que je suis heureuse !

Conclusion

Connaitre sa parole n’est pas question d’érudition spirituelle, c’est un acte de survie. J’ai appris où étaient mes responsabilités dans cette course folle. Je lisais quotidiennement la parole mais ne l’étudiais pas et ne demandais pas vraiment au St Esprit de me conduire. Parfois même, je la lisais par devoir sans imaginer le désastre qu’allait provoquer une simple connaissance rapide.

Ensuite, bien qu’il soit arrivé à  Jésus de reprendre sévèrement, il ne le faisait qu’avec des pharisiens, des religieux bornés et absolument pas avec des pécheurs repentants ou des ignorants assoiffés de vérité.

 » Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Philippiens 4:5.

Nous devons reprendre avec douceur, et bien que quelque fois, le St Esprit puisse nous guider différemment pour réveiller quelqu’un, la cruauté ne sera jamais biblique.

Ce témoignage n’est qu’un témoignage de plus de l’apostasie actuelle où plus que jamais résonnent les avertissements de la parole clamés sur ce site. Les loups sont déjà  dans les rangs. Ce n’est plus une fable théologique.

Ce témoignage montre comment les loups procèdent ; de manière subtile, patiente et cruelle. Un seul antidote ; La Bible, la prière, la sanctification.

Pour sortir de ces impasses, je pense que la repentance et la prise de conscience de notre situation de coupable est cruciale. Crier à  Dieu et couper les ponts, avec la personne qui manipule, est aussi indispensable.

Aujourd’hui, je sais que la doctrine de la prospérité n’a rien à  voir avec la marche chrétienne et les chrétiens voyageurs sur cette terre; j’ai aussi appris que le discipolat rude n’a absolument rien de spirituel.

J’ai appris la miséricorde de Dieu et sa fidélité. Son extrême bonté et sa patience. Après le brisement vient l’humilité, après l’humilité vient la Gloire.

Amen ! »