Ces animaux malades de la peste (et qui rendent malade le pays), chronique de michel-André


« Car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni rien de secret qui ne doive être connu » (Mt 10:26)

(Illustration de J.J. Grandville)

Ceci est bien sûr une parodie !

Certains auteurs, anciens comme modernes que l’on dirait volontiers « non-chrétiens » ont parfois de bonnes leçons à nous donner !

 

J’ai voulu comparer l’état actuel de notre société engluée dans ses tractations politiques, à cette fable de La Fontaine. S’en pourrait être une autre mais j’ai choisi celle-ci qui me semble bien appropriée surtout quand on comprend la morale qui peut sans nul doute s’appliquer à l’un des candidats que les autres s’acharnent à détruire d’une manière ou d’une autre…

Je laisse à chacun le loisir de mettre un nom sur chaque animal faisant l’objet de cette fable.

« Rira bien qui rira le dernier ! » ou pleurera…

Les Animaux malades de la peste Jean de La Fontaine

 

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
– Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,

Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’Âne vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro ! sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.

Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

 

Pour clôturer cette petite diversion, ne nous étonnons pas de ce que notre France est en train de sombrer dans cette « peste » politico-médiatico-judiciaire…

Cela fait partie je le pense très fortement à ce que Jérémie répondait au peuple qui s’alarmait de voir tant de calamités s’abattre sur le pays et cela devrait aussi nous servir d’avertissement pour nous chrétiens qui aimons et entretenons souvent le désordre dans nos assemblées. En cela nous nous faisons encore pires que les païens ! 

« Ne vous souillez par aucune de ces choses, car c’est par toutes ces choses que se sont souillées les nations que je vais chasser devant vous. Le pays en a été souillé; je punirai son iniquité, et le pays vomira ses habitants. Vous observerez donc mes lois et mes ordonnances, et vous ne commettrez aucune de ces abominations, ni l’indigène, ni l’étranger qui séjourne au milieu de vous
Car ce sont là toutes les abominations qu’ont commises les hommes du pays, qui y ont été avant vous; et le pays en a été souillé. Prenez garde que le pays ne vous vomisse, si vous le souillez, comme il aura vomi les nations qui y étaient avant vous. Car tous ceux qui commettront quelqu’une de ces abominations seront retranchés du milieu de leur peuple. Vous observerez mes commandements, et vous ne pratiquerez aucun des usages abominables qui se pratiquaient avant vous, vous ne vous en souillerez pas. Je suis l’Éternel, votre Dieu. » (Lv 18:24-30)

« Et quand vous demanderez : « Pourquoi Yahvé, notre Dieu, nous a-t-il fait tout cela ? » Tu leur répondras : « De même que vous m’avez abandonné pour servir en votre pays des dieux étrangers, de même vous servirez des étrangers en un pays qui n’est pas le vôtre. » (Jer 5:19) 

 

(illustration par J.J Grandville)

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