Aujourd’hui, je vous propose une longue mise à jour pleine d’informations. Prenez un certain temps pour lire tout cela, je pense que ça vaut le coup. J’ai tout divisé en trois parties pour que vous puissiez vous y retrouver et ainsi la lire peut-être en plusieurs fois si vous le souhaitez.

1) Pour commencer, je vous fais parvenir un document issu du Monde, ou nous pouvons lire le rapport de Bernard Jomier, co-rapporteur de la commission d’enquête sur la gestion du Covid-19. Alors que les auditions ont repris début septembre, l’ancien adjoint à la santé de la maire de Paris, Anne Hidalgo, dresse un état des lieux pour Le Monde et alerte sur l’impréparation de la France, confrontée à une reprise de l’épidémie de Covid-19.

LE MONDE 15/09/2020 Commission d’enquête sur la gestion du Covid-19 :

“Quels enseignements tirez-vous de vos auditions ? 

Ce qui me frappe, d’abord, c’est le désarroi des acteurs de terrain que nous auditionnons depuis juillet. Ils ont eu le sentiment d’être livrés à eux-mêmes lors de cette première vague épidémique et de ne pas comprendre comment était pilotée, gérée, cette crise. Ils nous l’ont dit crûment, évoquant une pénurie, de masques, de tests, de tout. Et il leur a été insupportable d’entendre ministre ou haut fonctionnaire affirmer le contraire, tenter de jouer sur les mots. On ne joue pas sur les mots dans un contexte pareil. Le premier devoir des responsables, c’est la loyauté vis-à-vis du peuple, vis-à-vis des acteurs ayant été en première ligne. Ils nous doivent la vérité.

Lors des auditions, vous avez insisté à plusieurs reprises sur le calendrier. Pourquoi ?

 Agnès Buzyn [ministre de la santé jusqu’à la mi-février] a dit la vérité : elle a bien donné l’alerte dès le mois de janvier. Les premières réunions de crise ont eu lieu à ce moment-là, y compris dans des territoires. Dans les Hauts-de-France, par exemple, l’agence régionale de santé [ARS] a fait sa première réunion de crise le 23 janvier ! Lire aussi: Agnès Buzyn a défendu sa gestion de la crise due au coronavirus devant les députés Or, cette alerte précoce – et c’est l’un des grands enseignements de nos auditions – n’a pas été suivie de décisions. Le mois de février reste un mystère, un trou noir. L’appareil d’Etat est resté l’arme au pied, sans prendre les décisions qui s’imposaient pour faire face à l’épidémie.

Par exemple ?

 Sur les tests, c’est très net. Le 10 janvier, les Chinois transmettent la carte d’identité du virus à la communauté scientifique dans le monde entier. L’Institut Pasteur la reçoit, prépare le test, et le transmet au Centre national de référence. Puis, plus rien. Au même moment, les Allemands lancent la fabrication des tests à grande échelle. Que s’est-il passé au mois de février pour que les retards s’accumulent ainsi au point que la France s’est retrouvée complètement dépourvue en plein pic de l’épidémie ?

 Vous organisez, mercredi, une confrontation entre le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, et l’ex-responsable de Santé publique France, François Bourdillon. Le second assure avoir alerté le premier de l’état déplorable des stocks de masques… Devant l’Assemblée nationale, M. Salomon a justifié sa décision de ne commander que 100 millions de masques en 2018 alors que 1 milliard auraient été nécessaire pour reconstituer le stock… 

On constate qu’un certain nombre de personnes auditionnées veulent redessiner a posteriori la cohérence de leurs décisions. Il y a clairement chez certains la volonté de ne pas dire, de ne pas être franc, de tenter d’échapper à ce devoir de loyauté dû au peuple. On ne peut pas avoir vécu une telle crise sanitaire, avec des modes de gestion n’ayant pas été satisfaisants, et avoir des responsables publics, aux niveaux les plus élevés qui n’assument pas leurs responsabilités et se renvoient la balle. C’est intolérable. Notre commission d’enquête n’est pas un tribunal mais chacun doit dire la vérité des faits. Lire aussi: La commission d’enquête obtient des réponses « précises » sur la pénurie de masques.

Agnès Buzyn assure de son côté qu’elle n’a pas eu connaissance des courriers de François Bourdillon alertant la direction générale de la santé sur l’état catastrophique des stocks… 

Si c’était le cas, il s’agit d’un défaut de gouvernance majeur dans l’administration du ministère et elle doit l’assumer. Si elle était au courant, ça se passe de commentaire. De toute façon ce n’est pas entendable. Quand on est ministre, on assume tout.

 Les personnes âgées ont été les principales victimes de cette épidémie… 

Dix-sept ans après la canicule de 2003, on est mort du Covid-19 dans les Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes] mais on est aussi mort de l’isolement ou de l’absence de soins. Or, les personnels des Ehpad tiraient la sonnette d’alarme depuis des années pour déplorer les lacunes de l’organisation. On ne prend pas assez soin des personnes âgées dans notre pays. De même, les consignes sur la fin de vie pendant la première vague épidémique ont été intolérables : comment une société peut-elle accepter de laisser mourir seul quelqu’un, en interdisant la venue de proches ? Cette inhumanité est indéfendable. 

La France est-elle prête devant la reprise de l’épidémie ? 

On a beaucoup progressé mais les défauts, observés lors de la première vague, perdurent. On l’a notamment vu en juin, quand l’épidémie a flambé en Guyane, et que les élus locaux tiraient le signal d’alarme. A ce moment-là, nous commencions à avoir des tests en quantité importante. Pourtant, il a fallu attendre le 23 juin que la ministre des outre-mer, Annick Girardin, se rende là-bas pour qu’un dispositif de dépistage plus étendu soit mis en place. Finalement, rien n’avait changé dans la façon d’affronter la crise : même centralisation uniforme, même défaut de réactivité. 

Encore aujourd’hui, la stratégie sur les tests ne semble pas très au point… 

En juillet, on a constaté que les délais s’allongeaient alors même que les indicateurs de circulation du virus étaient très bas. A Paris, il fallait cinq à six jours pour se faire dépister et obtenir un résultat. Des alertes ont donc été aussi émises. Mais quand les gens sont rentrés de vacances, la situation n’avait pas évolué. Rien n’a été fait pendant cinq semaines pour édicter une stratégie cohérente de dépistage. Le ministre de la santé [Olivier Véran] se félicite du million de tests pratiqués, très bien ! Mais si nous n’avons plus de problème quantitatif, nous avons désormais un problème qualitatif.

Comment l’expliquer ? 

Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le pilotage n’est toujours pas adapté : la lutte contre l’épidémie a été confiée à un conseil de défense, qui se réunissait à huis clos à l’Elysée, assisté du SGDSN [Secrétariat général à la défense et de la sécurité nationale, rattaché au premier ministre]. Or, ce n’est pas une instance où peut s’élaborer une politique de santé publique. A côté, le conseil scientifique donne son avis de temps à autre, des sociétés savantes émettent des recommandations et les médecins se disputent sur les plateaux de télévision. Mais où se discute la stratégie de dépistage ? Nous avons besoin d’une véritable instance de santé publique. A ce stade, notre dispositif reste donc insuffisamment solide pour répondre aux prochains épisodes épidémiques.

L’école est prise dans les injonctions contradictoires…

Oui, dans une même école, la règle peut changer trois fois ! Ce n’est pas de l’agilité pour s’adapter à une situation donnée mais du godillage lié à une impréparation. En juin, on savait bien qu’il y aurait une rentrée en septembre. Pourquoi ne pas avoir mis autour de la table l’ensemble des acteurs concernés, ceux de l’éducation nationale et ceux qui gèrent l’épidémie, pour préparer cette échéance ? Or, il n’y a pas eu de concertation, ou alors réduite, et pas de débat, notamment avec les parents d’élèves. Comme toujours, on préfère imposer. Mais l’autoritarisme, en santé publique, ça ne marche pas. Quant à la peur, c’est un moteur éphémère. Le ressort durable pour lutter efficacement contre l’épidémie, c’est la participation, la compréhension, l’association de chacun des citoyens. Les Français ne sont pas des enfants.”


2) Je vous informe que les médecins ont été auditionnés pour la première fois la semaine dernière par les magistrats de la Cour de Justice de la République ! 

Cette audition qui vise à entendre les plaignants dans le cadre de l’enquête sur les ministres a fait l’objet d’un échange entre les trois médecins plaignants et trois magistrats, assistés par une greffière, chargés de récupérer des éléments pour constituer le dossier de la plainte pour mensonges d’État. Cette audition de plus de 5 heures a été la première de la longue liste de plaintes à l’encontre du gouvernement. Pour rappel, 9 plaintes ont été retenues comme valides par le comité de sélection de la Cour.

Les médecins, chacun dans leur histoire et parcours respectifs ont pu donc longuement expliquer le pourquoi de cette plainte. Entre pénurie de masques, mise en danger d’autrui suite aux insuffisances gouvernementales, le besoin d’engager des couturières au dernier moment, des services saturés de soins à domiciles et des politiques de tests incohérentes, les blouses en sacs poubelles, les masques utilisés pendant 5 semaines pour le personnel soignant, etc, etc… vous vous en rappelez aussi bien qu’eux.

Un médecin que j’ai pu avoir au téléphone m’a ainsi fait part d’une anecdote particulièrement drôle. Lors de l’audition, un des médecins a pu dire qu’ils comprenaient que les politiciens mentent, car il était habitué mais qu’il ne pouvait accepter les mensonges d’un confrère. Inutile de vous préciser de qui il parle. Il n’y a que deux personnes ayant fait le parcours médecine qui sont devenu ministre par la suite, avec l’incompétence que nous leur connaissons.

Ces médecins incarnent le courage et l’abnégation face à l’appareil d’État qui a géré la crise de la pire des manières. Rappelons nous, souvent, que ces trois médecins ne sont pas allés à la Cour de Justice de la République pour défendre leurs propres intérêts, mais les intérêts et la dignité de toute la France, spoliée indignement par des individus infâmes et sans morale. Ce n’était pas seulement ces trois courageux médecins qui furent auditionnés à la Cour de Justice de la République la semaine dernière mais toute la France derrière eux. Ne l’oublions jamais ! Pourtant, cela, aucun média n’en a parlé. Il nous revient donc de partager inlassablement ces nouvelles pour rappeler au plus grand nombre, qu’à l’heure actuelle, des hommes intègres se battent pour protéger notre intégrité face à un pouvoir agonisant de folie. 

La prochaine audition des médecins sera en octobre. Je ne manquerai pas alors, de vous tenir au courant des avancées de la plainte et de la procédure.


3) Enfin, j’ai quelque chose à vous montrer, qui n’a pas vraiment de rapport avec la pétition mais qui fait parti de mes engagements en parallèle. Mardi dernier, devant un public conquis de start-uppers aussi vides que lui, Macron a cru bon de fermer tout débat sur la 5G en comparant ceux qui veulent en discuter à des Amish. Cet homme ne connaît pas le débat, il ne connaît que le mépris. C’est insupportable. Je lui ai répondu, par une virulente lettre ouverte.

Je me suis mis en tête que si cette lettre avait du succès, il pourrait peut-être finir par la lire!

Retrouvez ma lettre ouverte en cliquant ici

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Qu’ensemble, nous fassions advenir la vérité !

Lucien Cavelier